Category Archives: Réflexions

Engagement

La notion d’engagement n’a plus vraiment de sens. Je m’engage aujourd’hui, je te trahis demain, c’est la loi de la jungle mon ami, on n’est pas liés.
La notion d’engagement à long terme n’a plus aucun sens. Je m’engage aujourd’hui, je te trahis dans 2 ans, eh, on n’est pas mariés, chacun sa vie.
Quelques réflexions à ce sujet :

  1. La loi de la jungle est évoquée par des personnes qui n’ont jamais vécu dans la jungle. Qui seraient perdues loin de leur téléphone portable ou de leur ordinateur.
  2. Le « je te trahis car les choses ont changé » (= tu as changé), je l’entends essentiellement comme « dès le départ, je savais que je ne marcherais pas avec toi (mais je en te l’ai pas dit) ».
  3. « Chacun sa vie ». C’est difficile à défendre, car nous vivons tous en société. « Chacun sa vie » est défendable, quand cela signifie « dans la communauté, je veux un peu de temps à moi. » Mais signifier par là « je rompts avec toi », c’est signifier « je n’ai besoin de personne ». Que celui ou celle qui n’a besoin de personne vienne me voir, ça m’intéresse.

Pensée américaine – pédagogie

Le prof américain est très interactif : il interroge la salle, fait intervenir, répond. Il a l’air malheureux quand la salle ne réagit pas. Cela a des avantages certains. Par exemple, le fait de faire préparer une présentation à l’avance est un plus : les étudiants qui doivent présenter mouillent la chemise, la salle écoute (ce sont leurs camarades) et l’interaction qui suit est généralement intéressante. Le prof n’est alors plus un transmetteur de concepts, façon enseignement magistral à l’européenne, mais plutôt un facilitateur de discussion.
Inconvénient, perçu par certains : une certaine dilution des propos, on ne va pas forcément loin en profondeur.
L’inconvénient majeur, que j’ai bien perçu lors de ma semaine à Austin : le professeur arrive avec des questions, et dès les premières minutes, il essaie d’interagir avec la salle. Mais la salle est composée d’Européens, dont la logique, la culture, sont différentes. L’étudiant européen (et je parle de cadres en MBA Exec, pas de jeunes de 20 ans) attend d’abord, il veut prendre ses marques, en écoutant un professeur, avant d’intervenir. Il faut au moins 20-30 mn de conférence du prof pour chauffer l’ambiance, au minimum. Le problème est que le professeur américain n’est pas habitué à celà : il prend ce silence pour de la torpeur, de la stupidité, ou un manque d’intérêt.
J’ai notamment vu un intervenant essayer de secouer la salle, en disant des choses du type « allez, enfin, je vous pose des questions vraiment très très simples… » et s’étonner de l’absence de réponses : l’audience en était d’autant plus crispée, parce qu’elle avait le sentiment d’être forcée. On ne change pas sa culture facilement.

  • Conclusion 1 : à chaque culture, sa pédagogie. Le one best way ne marche que pour one (best?) country.
  • Conclusion 2 : je pense que les Européens sont plus intériorisés, et qu’ils limitent volontairement leurs interventions en public (peur d’être ridicule, mais aussi respect du groupe) tandis que les américains sont plus ouverts, quitte à parler trop. Encore une fois, pas de système absolu…

Projets

Quand j’étais plus jeune, je faisais des projets (impétueux que j’étais !) et j’en parlais autour de moi (naïf que je fus !). Cela se soldait régulièrement, quelques semaines après, par un retour régulier des copains / collègues : « alors t’en es où dans ce projet ? » Et moi de répondre que je n’avais pas avancé. Une semaine passait, et un autre quidam, bien intentionné, et sincèrement intéressé, me posait la même question. Un peu honteux, j’avouais n’avoir rien fait. Les questions s’enchaînaient au fil des semaines, et anéanti, vidé de toute substance, j’avais l’impression de les avoir tous trahis. Je me rends compte aujourd’hui que je m’étais surtout trahi moi-même, en dévoilant aux autres mes rêves les plus intimes. Qui plus est, je les avais conforté dans leur étiquetage scrupuleux : Christophe = projet X ; voir Christophe => ask question projet X ; shoot again, start again, goto begin.
Désormais, fidèle à quelques principes chèrement acquis, je ne parle plus de mes projets que quand ils sont sur des rails assez bien posés, voire quand le train quitte définitivement la gare. Mais ça ne m’empêche pas de les nommer, ni d’en faire la liste.

  • Projet Magnolia : sur des rails, pas de souci.
  • Projet Prométhée (« dérober le feu aux dieux ») : pas assez avancé à mon goût, même s’il a 3 ans d’âge. J’espère le terminer avant 3 ans.
  • Projet Phenix (« renaître de mes cendres, me réinventer ») : lancé sérieusement la semaine dernière. En cours, mais les quelques rails posés ne sont pas suffisants pour que j’en parle.
  • Projet Augias (« pelleter ») : mini-projet, au regard des autres, mais maxi impact. Entrée en gare la semaine prochaine, ou dans deux semaines (plouche ou moinche).
  • Projet Mercure (« des ailes aux pieds ») : alive and kicking, manque plus que les dons.
  • Projet Biblos : je le garde pour faire plaisir à une collègue, qui a foi en moi, mais j’ai pas posé le premier trait de crayon sur le premier plan du premier tracé de la voie ferrée…

Il n’empêche, des choses arrivent. Finance, 2ème édition vient de sortir, avec une mise à jour (données : janvier 2007). Un livre dans lequel j’ai écrit un chapitre sémillant sort en mai. Je prépare ma déclaration d’impôts, qui sera une publication majeure. La vie avance…

Pensée américaine – Babylone

Je suis revenu d’Austin (Texas) avec un teint un peu plus bronzé (il a fait beau là-bas, héhé) et quelques réflexions saupoudrées.
L’Amérique est la grande Babylone du monde moderne. Tout y est clinquant, lumineux, démesuré, gargantuesque. N’oubliez pas que j’étais au Texas, probablement le plus gigantique de tous les états de l’union. Je ne vais pas me focaliser sur les tailles (tailles des lits, tailles des steaks, tailles des personnes…), mais plutôt sur la notion de sur-consommation.

  • A l’hôtel, les 6 serviettes de ma chambre étaient changées tous les jours. Je sais bien que je suis un Français, donc peu porté sur les douches et bains, mais j’ai du mal à utiliser 6 serviettes par jour… Toutes les serviettes, même les pliées, qui criaient « je n’ai pas été utilisée ! » étaient changées. Déjà, cela me gênait (bonjour les détergents…), mais ce qui me choque, c’est la petite carte hypocrite sur le marbre de la salle de bains : « Nous préservons l’environnement, aussi, si vous souhaitez avoir vos serviettes changées tous les jours, demandez-le à la réception ».
  • Les WC proclamaient fièrement « 6 litres à chaque tirage de chasse d’eau », tandis que l’Austin-American Statesman publiait des petits articles sur la semaine de l’eau, entre deux avis de recherche de criminels et trois législations sur le port d’armes à feu.
  • Un collègue m’a raconté que, plus au Nord, il y a un croisement entre l’Interstate qui va de la côte ouest à la côte est, et l’Interstate qui va du Canada au Mexique. A ce croisement se trouve un énorme centre de maintenance des camions transporteurs. Il y a régulièrement plus de 1 000 camions garés sur le parking avec leur moteur qui reste allumé pendant que les camionneurs vont se restaurer. Eh oui, il faut maintenir la climatisation en marche… J’imagine que cette zone doit envoyer des volutes de chaleur et de gaz pollués qui doivent être d’une telle importance qu’elles sont visibles depuis l’espace. Au moins, si vous voulez piquer un camion, vous savez où aller, les clés sont sur le contact…

Ma conclusion sur ce sujet, fondée sur une petite semaine de petites observations : les Etats-Unis disposent de ressources abondantes (en termes d’énergie, d’espace, d’alimentation, de production), mais les utilisent sans rationalisation, car tout est abondant. Les côtés positifs (tout est très efficace, très bien pensé) ont du mal à occulter les conséquences négatives. Notamment que, avec un peu de jugeotte, on pourrait arriver à d’énormes économies, ou une bien meilleure productivité. Reste à se faire entendre…

Refrigeration Blues

American Airlines : pieds glacés pendant 10h, avec l’impression que j’ai deux sorbets en dessous des genoux.
Hotel Hyatt, Austin : en entrant dans la chambre, j’attrape une broncho-pneumonie. A travers la buée de ma respiration, j’arrive à voir le thermostat, et je coupe l’air conditionné. Même dans le mini-bar, il fait moins froid que dans la chambre.
Restaurant le soir : les ventilateurs tournent au plafond, et brassent de l’air glacé.
Salles de formation : les petites bouteilles d’eau habituelles sont plongées dans des bacs à glaçons. Rappel : l’immeuble est climatisé.
Restau de midi : les verres d’eau contiennent 20% d’eau pour 80% de glaçons.
J’en suis réduit à me réchauffer les doigts sur mon ordinateur portable…

Pool de Lux

Idée d’une nouvelle de finance-fiction (j’en ai pas tous les jours, alors quand j’en ai, je publie).

Idée issue d’une conversation avec mon fils, qui me demandait quel était le vaisseau de Chewbacca. Je lui ai répondu « c’est le vaisseau de Ian Solo, un vaisseau génial, qui s’appelle le faucon millenium. C’est le genre d’engin qui a fait le raid sur Alderande en moins de deux parsecs, et qui bat les croiseurs de l’empire en vitesse pure ».

Idée donc : la vitesse maximum, c’est la vitesse de la lumière. De même qu’il y a un mur du son, supposons un mur de la lumière. On a Mach 1, Mach 2… (une fois, deux fois la vitesse du son…), postulons Lux 1, Lux 2… (une fois, deux fois la vitesse de la lumière…). D’après Einstein (notamment), si on se déplace à la vitesse de la lumière, le temps s’arrête.
Corollaire de Thib : si on dépasse la vitesse de la lumière, le temps recule.
Corollaire du corollaire : on peut réaliser des opérations d’arbitrage sur les marchés à terme, en prenant des positions dont on sait qu’elles seront juteuses. (ex : je vends l’action PSG à découvert au premier jour des éliminatoires de la coupe d’europe).
L’argument me paraît un peu court, aussi j’attends que ça cristallise avant d’en faire une nouvelle (si seulement…)

Doppelgänger numérique

A propos d’identité numérique, le moment où l’on commence à passer de l’autre côté du miroir, à se dédoubler, voire, à disparaître du monde réel, c’est quand on passe plus de temps à poster des billets, commenter des billets, lire des fils RSS et répondre à des e-mails (ce dernier point me prend plusieurs heures par jour actuellement), plutôt que de prendre soin de sa santé physique (courir !), voir des amis, voir des collègues, assister à des réunions productives avec des gens réels. Hier j’ai déjeuné avec un entrepreneur, c’était bien de voir qu’il existait encore un monde réel, avec des personnes passionnées et désireuses de créer, développer, lancer, des projets réels.

Ounditcho


Quand il y a un bourdon qui tape à ton carreau,
et qui s’entête à vouloir rentrer,
même si on est que le 8 mars,
ça c’est sûr,
le Printemps est là.
Allez Louya.

Film vu – Pars vite et reviens tard

J’ai donc vu ce film dont j’attendais avec impatience la lecture, étant donné qu’il est adapté d’un roman de Fred Vargas, déjà abondamment analysée, et citée, voire encensée, en ce lieu.

Quelques idées, et une esquisse :

Les points forts (à mon sens)

  • Une bonne adaptation, très fidèle au texte, qui réussit l’exploit de résumer un livre de plusieurs centaines de pages en 2h. Merci Régis Wargnier.
  • Un Paris bien capté, nocturne et angoissant.
  • Une musique qui colle au film et à la tension. Merci Patrick Doyle.

Les points plus discutables, mais clairement subjectifs

  • Danglard n’est pas Danglard, mais il est très bien capté, et finalement, il est parfaitement et totalement plausible. J’aurais quand même aimé pouvoir me dire « C’est lui ! Bon sang, c’est génial ! »
  • Retancourt n’est pas Retancourt, pour des raisons évidentes (pour ceux qui ont lu les livres), mais qui importent peu (on verra si c’est la même actrice pour « Sous les vents de Neptune », ça m’étonnerait fort…)
  • Camille n’est certainement pas Camille.

Le point le plus discutable, et farouchement non subjectif

  • Adamsberg n’est pas Adamsberg.
  • José Garcia joue très bien, comme souvent, mais il campe un personnage à mi-chemin entre José Garcia (mais qui est José Garcia ? haha) et Jean-Baptiste Adamsberg
  • C’est évident pour toute personne qui a lu un des livres où le commissaire Adamsberg apparaît : il y a des traits physiques tellement marqués qu’ils s’impriment dans la mémoire, et puis, aussi, un caractère éminement particulier

Mais pour appuyer mon propos, rien de tel qu’un petit croquis : sortant du cinéma, j’étais en même temps très satisfait du film (cf. points positifs) et gêné (cf. ultime point). J’ai donc dessiné ce que je pense être le visage d’Adamsberg.

Deux commentaires sur ce dessin, et j’en ai fini :
– on se rend compte que, sans que je l’aie fait exprès, Charles Denner aurait probablement fait un très bon commissaire Adamsberg
– je ne suis pas entièrement satisfait du dessin, mais j’ai fait au mieux. Mon Adamsberg de pensée a des sourcils plus fins, pas broussailleux, et un visage plus large. Je suis content du nez, des pommettes, des cheveux, de l’oreille. Je ne suis pas content de la perspective, qui montre tous les progrès restant encore à faire… Eh quoi, je débute, mon bon monsieur, je débute…

Sérénorbitude

C’est une semaine un peu étrange, et une fin de semaine discutable. Je sors de 2h30 de réunion, ce qui aurait normalement le don de m’anéantir totalement. Mais j’en ai profité pour faire des dessins (enfin, des esquisses) en essayant de mettre en pratique les premiers conseils que j’ai lus dans les deux livres de dessin que j’ai reçus pour Noël.
Je viens de décider de ne pas aller à l’aïkido ce soir.
Le texte réclamé par la grande Loulou met du temps à être écrit, car il en dit finalement beaucoup sur moi.
Il fait nuit, je tombe – sur Pandora.com – sur une vieille chanson de David Crosby.
J’aurais été étonné, si on m’avait dit « ce soir, à 17h20, tu te diras ‘allez, je vais encore faire 40 mn de calculs financiers pour la mise à jour de ce livre’, et tu l’envisageras calmement, sans frustration ni envie d’être ailleurs ».
Les secondes sont des petits caillous posés sur ma sérénorbitude.

Prise de poids… numérique

Je suis en train de ranger mes photos argentiques. Toutes mes photos argentiques. Cela fait des mètres et des mètres linéaires de photos. Une folie, bien plus que je n’aurais cru. Je vous régalerai du calcul, mais à vue de nez, ça ne peut pas être inférieur à 20 000 photos.
J’en viens à mon propos du jour. Je suis, comme tout le monde, passé au numérique. Certes, j’ai encore mes Nikon argentiques et les Leica (hin, hin, voui, voui !) argentiques de feu mon oncle, mais désormais, le numérique a pris le pas.
Ceux qui ne réfléchissent pas (mais je sais que mes lecteurs et lecteuses ne sont pas du nombre) diraient « très bien, ce passage au numérique, ça évitera de rajouter des cartons de photos ». Las, les photos numériques prennent de la place… numérique. Pour l’année 2005, 1,33 Go. Pour 2006, 15,4 Go (car changement d’appareil). 15 milliards 400 millions d’octets, soit plus de 120 milliards de bits. Certes, les disques durs se font tout petits, et une carte flash contient désormais l’équivalent d’un millier de disquettes 3″ 1/2 (3 000 disquettes 5″ 1/4).
Mais les capteurs des appareils augmentent en capacité. Une photo « pèse » 3 mégas actuellement dans mon Nikon, mais le même type de photo pèsera plus lourd dans les générations futures d’appareils. Quant aux vidéos numériques (format DV), elles pèsent 200 Mo pour une minute, 1 Go pour 5 minutes… Je vous laisse imaginer quelqu’un qui filme, non-stop, l’anniversaire de son fils.
Aussi, tandis que certains auteurs sympathiques réfléchissent sur les problèmes d’identité numérique, je m’inquiète pour ma part de l’espace numérique occupé dans la vie de chacun. De même que, il y a quelques années, on a commencé à voir des loueurs de boxes (espace physique) pour désengorger les garages, greniers, caves (pour les maisons individuelles), verra-t-on des désengorgeurs numériques ? Après Weight Watchers, data watchers ?

Fulgurance

En écoutant des B.O. de films, notamment de westerns, notamment « Eldorado » :

Cyrano de Bergerac au siège d’Arras, c’est un peu John Wayne (et Richard Widmark) au siège d’Alamo. Certes, pour le premier, on pourrait dire qu’on lui a forcé la main (« vous aurez la bonté de vous faire tuer »), mais ce diable d’homme de Cyrano aurait refusé si cela avait été contraire à son sens de l’honneur. Dans les deux cas, il s’agit de cela : « les caves parlent d’un cas de conscience, nous on dit : un point d’honneur » (Pascal, dans Les Tontons Flingueurs). Voilà, ces hommes admirables se font tuer (ou blesser) à cause d’un point d’honneur. Ou est-ce à cause de ce point d’honneur qu’ils sont admirables ?

Je retourne à mon Souvaroff de steak haché. (mais bon sang, il faut que j’apprenne à peler les tomates, ça gâche tout, ces petites peaux).

Insondables abîmes bureaucratiques

Ce matin, démarche pour m’inscrire sur les listes électorales. (car je veux pouvoir voter pour le président Salengro en avril 2007).

– Bonjour, je veux m’inscrire sur les listes électorales.
– Y faut votre carte d’identité.
– Voilà.
– Y faut un certificat de domicile.
– Voilà une facture EDF.
– Ah aaaah ! Mais elle date de juillet ! Il faut une facture de moins de 3 mois !
– Oui, mais je suis mensualisé. Regardez, ma prochaine facture arrivera en juillet 2007…
– Pas de problème, donnez-nous une facture GDF.
– La voilà : je suis aussi mensualisé.
– Une facture France Telecom.
– Je ne suis plus abonné FT, j’ai une Freebox.
– Ah ben alors c’est tout simple, demandez une quittance de loyer.
– Je suis propriétaire.

(long silence)

– une facture de téléphone portable !
– Ah oui, ça j’ai.

Moralité : la ligne EDF, elle est physique, elle atteste bien de ma présence dans un lieu donné. Les tuyaux de gaz, ils arrivent chez moi, donc ils valent un certificat de domicile. Les fils de France Telecom sont connectés à ma maison, donc valident ma présence. Mais finalement, qu’est-ce qui est retenu pour attester de mon domicile ? Un téléphone portable, le plus nomade des équipements.
L’administration française est total en avance. A quand la taxation des revenus dans les mondes virtuels ?

Décimer les importuns

L’inconvénient, d’avoir une ligne téléphonique qui marche à nouveau, ce sont les démarcheurs qui appellent « pour m’informer des toutes nouvelles dispositions fiscales ». J’ai une solution pour éviter ces fâcheux, qui m’est apparue cette nuit vers 4h du matin.
Cela part du syndrôme du bon skieur. Quand on est skieur débutant, on passe 15 minutes à remonter la pente (tire-fesse, télésiège, tire-fesse) et 2h à la descendre. Rapport plaisir-emmerdement : 8 pour 1. Quand on est bon skieur, on passe 15 mn à monter (non, les bons skieurs ne montent pas plus vite) et 5 mn à descendre. Rapport plaisir-emmerdement : 1 pour 3.
Au téléphone, qu’est-ce qui prend peu de temps au démarcheur ? Le temps de composer le numéro…
On a connu (j’ai connu) les numéros à 7 chiffres, puis à 8 chiffres, puis à 10 chiffres. L’inflation de la population nous conduit inéluctablement à des numéros avec plus de chiffres, ou avec des décimales. Au lieu de composer 01 42 52 62 72, il faudra composer, pour certains, le 01 14,72 26,743.
« Cela ne change rien », direz-vous. Que si.
Si vous voulez être mis en liste rouge, vous demanderez à avoir un numéro fraction.
Le démarcheur qui voudra m’appeler à mon numéro « 2/3 » sera obligé de composer « zéro virgule six six six six six six six (etc. à l’infini) ». Même Rachmaninov, y pourra pas me joindre…

Kop et Spinoza

Dans Libé du jour, un compte-rendu du match PSG-Panathinaïkos.

Cela m’évoque une correspondance. Vous voulez vivre la vie de supporters lobotomisés ? Vous voulez découvrir un monde post-nucléaire, entre Mad Max (qui connaît encore Mad max ?) et slogans ? Vous voulez découvrir la trilogie Guzzi-Kalachnikov-Spinoza ? Vous aimez les romans d’anticipation noire, genre Blade runner / Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques (mais qui se souvient de Blade Runner, et qui a lu Philippe K. Dick ?) ? Vous avez raté la philo au bac ?
Jean-Bernard Pouy, auteur de série noire mais pas que, a écrit le jubilatoire Spinoza encule Hegel, puis, plusieurs années après, la suite : à sec !
Toujours dans l’air du temps…

Oxymore, give me more

Je trouve le slogan  » la rupture tranquille  » d’une grande stupidité. Un oxymore est censé créer une surprise poétique ( » un silence assourdissant  » comme le propose wikipédia), et non pas une opposition de premier degré. Dans la veine de ce slogan, je propose :

  • l’incendie débonnaire
  • le changement stable
  • la progression conservatrice
  • le surmédiatisé pudique

Vous l’aurez compris, je me refuse à traiter de politique dans ces pages. En revanche, les aberrations de langage (pire : de sens), fût-ce au nom de la créativité, m’insupportent. J’y vois, dans ce cas, un mélange à parts égales entre une inculture chic, et la volonté démagogique de réconcilier tous les électeurs. Tiens, puisque le discours sécuritaire fait florès, et que d’autre part, tout(e) bon(ne) candidat(e) se doit d’avoir des idées sociales, je propose le slogan absolu (qui est bien entendu un oxymore) :

  • la sécurité sociale.