Category Archives: Réflexions

Miscellanea 2 – Le rôle structurant des réseaux

Déjeuner avec des collègues, et discussion sur les réseaux (familiaux, économiques). Paradoxe évoqué : les réseaux peuvent limiter / ralentir le développement économique (entrave à la concurrence, voire monopole, barrières à l’entrée, protectionnisme), mais inversement, ils peuvent structurer le secteur, lui donnant des règles de fonctionnement et des garde-fous. J’avais une idée : la Mafia serait-elle un moyen de protéger le développement de certains quartiers / secteurs ?
Idée provocatrice, très discutable, notamment du point de vue moral (j’ai lu Soléa de Jean-Claude Izzo), mais les gangs et réseaux criminels organisés n’ont pas que des mauvais côtés. Dans protection money, il y a aussi protection. En vrac (mes références ne sont que livresques et romanesques, c’est vous dire dans quel monde je vis) :

  • Chad Palmintieri qui joue ce rôle dans Une histoire du Bronx (de Robert de Niro)
  • Sean qui, à la fin de Mystic River (le livre) se dit qu’il faut qu’il reprenne ce rôle pour sauver son quartier (les Flats de Boston).
  • Un collègue qui avait été racketté, il y a des années, dans son business de bar à bière, mais qui voyait ses « protecteurs » arriver les soirs où il y avait de l’embrouille.

Bon, ça part en sucette, j’avais une idée macro-économique, et je finis avec des comparaisons à 4 sous. Une miscellanea typique.

Les mots oubliés

Certaines images littéraires abondent dans les romans, même si nous n’en vivons plus la réalité.
Exemple, sinon on va s’endormir.
L’autre jour, en courant le long de la Seine en début de soirée, je constatais que le fleuve « ressemblait à du plomb fondu », gris et brillant sous le soleil déclinant. J’appliquai automatiquement cette image littéraire, sachant que par ailleurs, je n’ai jamais vu de ma vie à quoi ressemble du plomb fondu.
Il y a comme cela des mots correspondant à des sensations oubliées, voire jamais vécues, que certains écrivains reprennent. Pour ma part, je ne sais pas ce que c’est que « du vif-argent », mais je sais que si je dois décrire des poissons nageant dans un torrent, ou se débattant dans un filet, j’utiliserai le terme vif-argent. (Evidemment, je suis tout de suite allé vérifier : vif argent est le nom qu’utilisent les alchimistes pour parler du mercure. C’est bien la peine.) Et l’étain ? Bon, je suis plus tout jeune, j’en ai vu, de l’étain, mais qui se souvient encore de la mousse caca qui se déposait sur le bord des plages, paraît-il à cause des hydrocarbures ?
« Des nuages couleur de suie », « un teint de porcelaine », « des yeux comme des billes », « jouer à saute-mouton ». Et comment explique-t-on aujourd’hui la vitesse angulaire au collège, maintenant qu’on n’a plus de 33 tours ? Je me demande juste par quoi vont être remplacés ces mots/sensations oubliés.

« Le ciel avait pris la teinte d’un billet électronique »
« Son regard évoquait un bouton transparent sous Aqua (Mac Os X) »
« Elle portait une jupe couleur petit-pois-décongelés-au-micro-ondes »

Publications de gestion – un marché à ouvrir…

Je constate, quand je lis des ouvrages spécialisés, que j’écris des annotations nombreuses dans les premiers chapitres, puis que, au fil des pages, je note de moins en moins. Et il n’est pas rare que j’arrête ma lecture au tiers de l’ouvrage.
Donc j’ai l’idée d’un marché : écrire des ouvrages avec une intro brillante, une quatrième de couverture très vendeuse, et lâcher toute l’info dans les premiers chapitres. Après cela, faire confiance au temps qui passe, au lecteur qui se lasse, qui se laisse prendre à d’autres préoccupations, mais qui se souvient que c’était brillant (pour ce qu’il en a lu).
Les manuels sont comme « Le pendule de Foucault » : peu de personnes peuvent se vanter de les avoir lus jusqu’au bout. (je fais partie des deux catégories, mais pour le pendule, je m’y suis repris à deux fois, et la troisième fois, pendant une semaine, durant mon DEA, je l’ai dévoré).

Couples pavloviens 2

Je mets à jour progressivement le thibillet sur les « couples pavloviens » (cf. thibillet). Le billet évolue donc au fil de nos contributions, et le choix peut devenir difficile : certaines expressions se tiennent en tant que telles, et on ne peut peut pas dire qu’un mot appelle l’autre.
Exemple d’expression toute faite (couple non pavlovien) : la pierre de touche, la clé de voute ;
Exemple de couples pavloviens : un couple … mal assorti ; Une rencontre… improbable.
Quand on donne le premier terme, le second apparaît de manière quasi automatique, pavlovienne, même si l’expression en tant que telle n’est pas une expression « toute faite ». J’avoue que la distinction est subjective.

Ce qui m’énerve – Bouillie de mots

Le thème n’est pas original, mais en parallèle aux couples pavloviens, j’ai la liste des mots-bouillie, ceux qui reviennent régulièrement dans la conversation. Encore une fois, la liste n’est pas très longue, je l’augmenterai à mesure que de nouveaux mots-bouillie se présentent.

  • Dangerosité
  • Faire le deuil de…
  • Ce phénomène pose la question de…
  • Dans la souffrance, dans l’interrogation, dans la revendication
  • Geste, acte, propos (etc.) citoyen

Jyfé Ymfé

…alors j’y fais « non mais tu m’as pas rgardée », tu vois, et y me fait « ben quoi » et jyfé « ben quoi toi-même », tuvoi, et ymfé « t’es kune pouf », le lourd, alors jyfé…

Dans les transports en commun, les jeunes se parlent en SMS.

Double Jeu

Je fais passer des entretiens de concours dans mon école, et entre deux concepts passionnants énoncés d’une voix monocorde par certains candidats (« je veux faire une école de commerce car je m’intéresse à la philosophie et à l’histoire » ; « je suis très dynamique, la preuve, c’est que je fais du sport » ; « mon stage de vendeur au porte-à-porte m’a appris le sens des responsabilités et le travail d’équipe »), je note sur un coin de page les-expressions-avec-adjectif-automatique.
Explication : certains mots arrivent, dans la conversation, avec leur adjectif attitré. Un silence est toujours « assourdissant », une lumière « aveuglante ». Je bâtis donc la liste de ces couples pavloviens, quand l’un apparaît, l’autre suit automatiquement. Là où je suis frustré, c’est que je n’en trouve pas autant que je le souhaitais (appel du pied). Donc à votre bon coeur si vous avez de ces couples pavloviens.

    • Brute… épaisse
    • petit / vieux… con
    • clarté… insoutenable
    • lumière… aveuglante
    • dévotion… aveugle
    • silence… assourdissant
    • problème… insoluble
    • furieuse… envie
    • blonde… platine
    • rousse… incendiaire
    • brune… piquante

Ajouts successifs (merci à matthieu, et surtout Joséphine)

 

    • La voie… royale
    • La pièce… maîtresse
    • Une rencontre… improbable (merci Joséphine, il est génial celui-là)
    • Des photos… compromettantes
    • Une option… à considérer
    • Une idée… à creuser
    • Un débat… animé
    • Une oreille… attentive (ou distraite)
    • Une histoire… invraisemblable
    • Une relation… incestueuse
    • Un couple… mal assorti
    • Un cuisinier… hors-pair

Et l’arrivée de Valid dans la course

    • Un esprit… chagrin
    • Un œil… attentif (ou distrait)
    • Une idée… de génie
    • Un marché… florissant
    • Une technologie… de pointe
    • Un train… d’enfer
    • Une idée… lumineuse
    • Une âme… charitable

Et puis les autres (dont moi)

    • Un petit quart d’heure
    • dans des conditions… effroyables
    • Une retraite… bien méritée
    • Un économiste (helléniste)… distingué
    • S’investir… à 100% (300%)

 

Ligne de flottaison

Plus les années passent, plus j’ai le sentiment de mes incapacités.
Ce qui était une passion devient souvent un combat, où je sens désormais mon impuissance.
Il est temps que je passe à autre chose, en brûlant tout derrière moi.

A Tribute to Elvis

Je suis né dans une génération intermédiaire : la reconstruction après la guerre était faite, et bien faite, le Général tenait les rênes du pouvoir mais, un mois après ma naissance, Mai 68 déferlait (lien de causalité ?), et Nicolas Sarkozy commençait à fulminer. Et puis après, la vague hippie a inondé le monde, mes parents écoutaient « Hair » (en fait non, mais si eux et moi on s’était bien connus, je leur aurais expliqué la Vie, et leur aurais fait découvrir Jesus Christ Superstar, et eux m’auraient parlé de Bob Dylan et Joan Baez).
Quand il était jeune, mais pas si jeune (10 ans ?), mon frère écoutait Elvis Presley et Claude François. Bon, après il a tourné casaque, mais là n’est pas le propos (comme dit Jacques Higelin dans une chanson à redécouvrir absolument, c’est un total monument foutraque, un Terry Gilliam transposé à l’écriture musicale). Donc, mon frère, à l’époque, écoutait du Elvis Presley. On achetait des 33 tours chez le disquaire du coin, qui prenait une marge commack, les grandes surfaces et la globalisation n’existaient pas. Et puis elles sont arrivées (les grandes surfaces et la globalisation) et mon disquaire a disparu. (je me souviens, il jouxtait une boutique de philatéliste. Philatéliste, vous vous rendez compte ? A l’époque, un gars gagnait sa vie avec une enseigne qui vendait des timbres. C’est pas hallucinant, ça ? Pour les jeunes qui me lisent : toute notion de progrès est discutable, et la killer app que vous rêvez de découvrir sera le vieux truc has been de l’avenir, vous aurez l’air de ringards.)

Donc mon frère écoutait du Presley. A l’époque, je me souviens avoir fantasmé sur la couverture des 33 tours, notamment G.I. Blue, c’était super viril, il était en uniforme, et si, à l’époque, un sergent recruteur façon Full Metal Jacket m’avait contacté, moi, à 8 ans, je signais immédiatement.
Donc, on écoutait du Elvis, mon frère et moi, mais on arrivait déjà après la bataille. Le King s’était retiré des medias, et puis avait fait un come-back fracassant en décembre 1968. Ce que mon frère et moi-même écoutions représentait des albums d’avant, avant que le King revienne, en cuir noir, chanter son chant du cygne.
Il n’empêche : je suis en train d’écouter l’album unplugged de Paul Mc Cartney. Mc Cartney, c’est pas n’importe qui, il est à l’origine des plus grandes chansons pop du 20ème siècle (OK, c’était avec Lennon, mais je trouve que Mc Cartney est injustement réduit à un rôle de faire-valoir, tandis que Lennon, tel un Che Guevara revival, est sacralisé).
Mc Cartney est passionnant à entendre, à découvrir. Mais il n’aurait été rien du tout sans Presley. C’est amusant, tout cet enchaînement :

  • Mc Cartney est occulté, prisonnier de l’image défunte de Lennon (le vrai génie des Beatles, disent ceux qui n’ont jamais entendu Good Night) (et là, après quelques minutes de surf, je m’écrase lamentablement : Good Night, que je croyais être composé par Ringo Starr, a été en fait composé par John Lennon pour son fils Julian. Un partout, balle au centre).
  • Mc Cartney, aussi occulté qu’il l’a été (et l’est encore), doit énormément, voire tout, à Elvis Presley.
  • Et qui écoute encore aujourd’hui du Presley ? Qui dit encore « je dois tout au King » ?

Je te remercie, toi qui m’as lu jusqu’au bout, et je te donne quelques petits cadeaux : Elvis, dans son comeback de 1968 (oui, oui ! C’était il y a 39 ans !) chantant Jailhouse Rock (bien sûr que tu connais, il y a eu un film des Blues Brothers quand tu n’étais pas né) et Baby What You Want Me To Do?, par le même, en 1968 (il y a presque 40 ans…).
Et puis Guitar Man, pour finir : l’image n’est pas bonne, mais le son est là.

Un autre jour, tel un vieux grand-père du blues, je vous parlerai de la rencontre entre Eric Clapton et Muddy Waters. Que de l’humilité, puisse celle-ci nous inspirer tous : que de l’humilité…

Ce qui m’énerve – mégotage

Une soirée à la maison, l’été, barbecue et compagnie.
Le lendemain, je range : dans le gazon, sur la terrasse, des mégots.
Il y a eu les soigneux, qui demandaient un cendrier ; il y a eu les propres, qui écrasaient leurs clopes dans des verres en plastique / sur des assiettes en carton ; il y a eu les malpropres qui les écrasaient dans la vaisselle en porcelaine, et dans les flûtes en cristal. Et il y a ceux qui les ont laissé tomber par terre en continuant à papoter.
Je ne suis pas farouchement anti-fumeur, je suis pour la tolérance, mais je n’ai jamais compris ce geste qui consistait à jeter dans la rue, sur le sol de la gare, un petit bout de filtre saturé de goudrons. Quand je bois un verre, où que je sois, je ne balance pas le verre par terre avec un gling.
Alors oui, ça m’énerve de ramasser à la main des trucs puants entre mes brins d’herbe.

Ce qui m’énerve…

Cela pourrait être une nouvelle rubrique, on verra.

Ce qui m’énerve depuis des années, c’est la charnière des CDs. Je ne sais pas quel est l’ingénieur qui nous a bati ça, mais c’est du beau et du bon. Moi avoir CDs, un peu (400 ?) et moi habiter sur planète avec gravité. Ce sont des choses qui arrivent. Quand je lâche le boitier du CD, il a généralement tendance à tomber vers le sol (sauf en fin de soirée, genre dimanche matin vers 4h, dans ce cas-là, le boitier se met à flotter dans l’air, et je chante comme George Michael jusqu’à l’arrivée de la police).
Quand le boitier tombe, il n’y a même pas besoin d’appliquer la loi de la tartine beurrée, il peut retomber sur ses pattes, à plat ou se planter en équilibre sur la tranche, le résultat est toujours le même : on entend clink et un petit bout de plastique se casse. C’est le bitoniau du couvercle que la charnière elle tourne autour. J’ai donc 400 CDs, avec 400 boitiers, auxquels il manque un des deux petits bitoniaux de plastique que la charnière elle tourne autour. Et allez donc essayer de recoller un truc qui a une surface d’adhérence de 2 mm².
Je suis sûr que chez les Majors du disque, il y a une pièce secrète où des macaques travaillent à mettre au point des boitiers qui se cassent à la première manipulation. Ce week-end (et plus précisément, dimanche, vers 3h du matin), j’ai déballé un pack de CDs cadeaux, alors là, c’était parfait : sur 4 CDs emballés, 2 avaient déjà le bitoniau pré-cassé.
M’énerve…

Pensée américaine (ou d’ailleurs) – le test de l’hôtel

Il faut au moins un jour pour se repérer, tout en ayant l’air de rien : « OK, l’escalier ici donne là, les ascenseurs sont à côté du business center, ils ont un réseau wi-fi… »
Le plus symptomatique est probablement la salle du petit déjeuner de l’hôtel. Le premier matin, on ne sait rien, donc on teste, puis on observe. Ce qui est génial, c’est cette capacité de l’être humain (en tout cas moi) à re-dessiner les contours de son nid quand il n’est pas dans son nid. Dès le deuxième matin, je sais que le melon est à proscrire, car il est imprégnée d’une odeur de graisse frite, que les tables les mieux placées sont celles près de la fenêtre là-bas, car plus silencieuses, que les journaux sont disponibles en libre service dans le coin là-bas, que les fourchettes sont dans la corbeille planquée ici.
Le premier jour, c’est l’investissement à fonds perdus, la barrière à l’entrée. Dès le deuxième jour, j’ai rebti mon campement.

Proxy for Love Reloaded

Voici l’ultime thibillet sur le sujet.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, ou qui arriveraient ici par hasard, voici la question résumée : y aurait-il des variables observables de l’amour ?
En plus détaillé, la question était : comment dissocier les mariages d’intérêt des mariages d’amour ?

Pour plus d’informations, vous pouvez vous référer à la discussion, qui a commencé ici (lisez notamment les commentaires) et s’est poursuivie (commentaires inclus).

Les erreurs les plus souvent commises :

hors sujet : Lili s’insurge contre le mariage, qu’elle qualifie de tue-l’amour. On s’en fout, Lili, la question n’était pas « le mariage est-il une preuve d’amour ? » ou « être marié rend-t-il moins amoureux ? » (on écrit rend-t-il ou rend-il ? En tout cas, c’est pas beau…). Je me souviens d’une discussion nourrie avec un amie assez catégoriquement contre le mariage, mais elle a changé d’avis quand son compagnon l’a demandée en mariage. Mais je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires d’amies de connaissances de passions de souvenirs.
mal lu le sujet : Nerik, on demandait des variables observables (sous-entendu : par un chercheur externe), donc proposer comme variable la distance entre les deux corps dans le lit conjugal, c’est vicieux. (et puis, il faudrait prendre comme variable de contrôle la température dans la pièce. On peut se marier par intérêt pour le pognon du conjoint, ou pour sa température corporelle. J’aurais aussi beaucoup de choses à dire là-dessus, mais je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires de glaçons bouillottes femmes.)
– une erreur qui n’en est pas une, disons plutôt une attitude d’esprit, a été identifiée récemment par Atchoum. Je demande des variables mesurant le mariage d’amour. La plupart d’entre vous s’est focalisée sur les variables indiquant le mariage d’intérêt. L’un dans l’autre, on s’y retrouve : identifier l’un, c’est identifier l’autre. Mais je suis chagriné de voir que vous n’avez pas voulu vous attaquer directement à l’amour.

Voici donc mes deux cents de réflexion sur le sujet :

Quand un couple se marie, comment peut-on identifier (avec des variables observables, publiques) si c’est plutôt par amour, ou plutôt par intérêt ?

  • Les différences de taille, de poids, même d’origine, peuvent être une piste. Quand on se marie par intérêt, c’est souvent entre semblables. Mais cela ne me paraît pas très probant. La différence d’âge, mentionnée par plusieurs d’entre vous, peut donner une piste. Quand un homme de 50 ans épouse une femme de 20 ans, cela a de fortes chances d’être un mariage intéressé (tu me donne ta chair, je te donne mon héritage). Rien de sûr à 100%, on est dans le domaine de la recherche sociale : je suis sûr qu’il existe de véritables amoureux avec une grande différence d’âge, et je les salue affectueusement, bonjour Mémé, arrête de draguer les jeunôts.
  • Comme le mentionne notamment Atchoum, si le couple se connaissait depuis longtemps avant le mariage, c’est un indice d’amour. Certes, il y a des mariages coup de foudre (ah bon, il y en a ?), mais je me méfierais a priori d’un mariage entre un yakuza de Tokyo et la fille d’un gros ponte de Macao si les deux se rencontrent pour la première fois un mois avant la cérémonie.
  • En parlant de Macao, cherchez aussi l’intérêt des parties. Si l’héritier d’un groupe de télévision se marie à la fille du président de la république (qui se trouve, par hasard, être celui qui décide des attributions de fréquences, et du renouvellement de concessions de chaines), y a pas de doute, c’est de l’amour pur et virginal.
  • On s’aime aussi parce qu’on partage la même culture (d’où l’ge), les mêmes idées, et qu’on a probablement le même niveau d’études. Moi j’aime bien les jeunettes piercées, mais franchement, me taper des soirées entières à regarder la StarAc, je ne pourrais pas ! (même sil y a des gens très bien qui aiment ça, tiens, à propos, salut Cécile). Ils sont tous les deux diplômés de la même université (et pas à 20 ans de distance…) ? Ils se sont rencontrés au Rallye du Jockey Bio ? Ou sur le marché des Philatélistes, cherchant fiévreusement le 10 cents de Mogador (dont les rognures sont inégales sur fond de sinople et d’azur) ? Pas de doute, c’est de l’amour, ils iront bien ensemble, à coller des petits timbres dans des grands albums, et je leur souhaite bien du plaisir.
  • Quand on s’aime, on aime bien passer du temps ensemble. Alors si Monsieur part en vacances au Gorgonzola tandis que Madame joue au mini-golf à Trouville, c’est plus de l’amour, ce sont des Frequent Flyer Miles. OK, c’est pas très observable, ou alors, il faut lire la presse people, et ne se focaliser que sur les couples célèbres. Mais y a-t-il des couples célèbres amoureux ? Regardez, Brad Pitt et Jennifer Aniston, si même ce couple-là s’est écroulé, on ne peut plus mettre son espoir dans rien. Rien.

Voilà, ça y est, j’ai fait le boulot.

Disclaimer : bien sûr, tout est discutable, rien n’est sûr, pourquoi donc croyez-vous que j’aime la recherche ? Parce que personne ne peut vous river votre clou définitivement, la recherche, c’est pas pour les catégoriques, c’est pour les gens qui doutent.
Et à propos : m’aimes-tu ?

Causalité

Je devais ce thibillet à Yves Duel, suite à une incompréhension.
Il y a des fois où je ne suis pas clair. Notamment dans cette salle de cours virtuelle qu’est ce blog. Je reprends.

Le grand problème est la différence entre corrélation et causalité.

J’apprends avec les profs : la causalité, c’est quand il y a un rapport de cause (principe premier) à effet (conséquence). Du genre, t’as mal aucrâne parce que t’as bu de la piquette. Causalité. La corrélation, c’est juste une mesure statistique. Quand il y a causalité, il y a corrélation (quand je joue de la trompette la nuit, 99 fois sur 100 les flics débarquent). Moi jouer trompette nuit = bruit = réveil bourgeois = appels nocturnes à forces assermentées = descente de lit : tous les signes  » =  » montrent une causalité. Le 99% montre une relation statistique (le 1% restant tient compte des phénomènes extrêmes : voisins sourdingues, murgés, ou absents (voire, les trois ensemble) ; forces de police sourdingues, murées ou absentes (idem) ; ligne téléphonique bourrée, purgée ou absente (itou) ).
Mais, et c’est là que c’est poilant, quand il y a corrélation, il n’y a pas forcément causalité. Exemple déjà cité : 99% des gens meurent dans leur lit (ou dans celui d’un autre, on s’en fout), et pourtant, le lit n’est pas un lieu qui déclenche la mort.
Wikipedia explique bien cela avec quelques exemples.

Revenons à notre propos. Dans mon explication sur la variable de contrôle, je n’avais pas été clair. En hiver, il fait froid, glagla. Donc on pousse le chauffage. Donc on consomme du fioul, vroum vroum. En hiver aussi, il fait gris, pas soleil, beuh beuh. Donc on déprime, pleure pleure. Donc on se suicide, pan pan (comme Romuald dans Le génie des alpages). On a donc deux relations de causalité indépendantes, avec le même principe moteur : l’hiver. Hiver = froid = chauffage = cramage de fioul. Hiver = gris = dépression = suicidage.
Je suppose donc (je ne l’ai pas vérifié) que l’on pourrait constater une corrélation entre 1. les dépenses de chauffage et les suicides ; 2. le froid et la dépression nerveuse. Mais cette corrélation ne permettrait pas d’établir que ce sont les dépenses de chauffage qui induisent des suicides, ou que le froid cause des dépressions nerveuses. D’où l’importance d’une variable de contrôle qui, introduite avec fracas dans le raisonnement, permettra d’établir où est la causalité. Exemple que j’ai glané sur le ouèb (il y en a des tonnes, tapez « corrélation et causalité » sous Google) : il y a une corrélation entre les bouchons sur le périphérique, et le lever du soleil. Alors, sont-ce les voitures qui font se lever le soleil, ou le soleil qui embouteille les voitures ?
🙂

Paradoxe multichrone

Ce soir, en rentrant avec mon fils, j’achète une baguette de pain. Il me dit qu’elle est fraiche : en effet, elle est tiède. Cela me rappelle ce numéro de Pour la Science d’il y a 15 ou 20 ans, qui avait été consacré aux paradoxes. Les lecteurs devaient envoyer des phrases, des termes, qui étaient selon eux des paradoxes. Je me souviens de « Banque Nationale de Paris », je me souviens surtout de « Les prunes rouges sont des prunes bleues qui sont encore vertes ».
Et voilà, ce soir, j’y vais de mon paradoxe : « Une baguette tiède, c’est une baguette fraiche ».
Et, cela n’a rien à voir avec un paradoxe, je vais regarder le débat politique du jour tout en travaillant et en répondant à mes mails. Mon zapping à moi.

Projets et TouDoux

Je me fais dépasser par les événements, ou plutôt, il y a trop à écrire, et trop peu de temps. Quelques boulite poïntz en attendant mieux.

  • En dépit de mes insultes aiguillonnantes, tous vos commentaires sur Proxy for Love méritent mieux qu’un commentaire de réponse : ce sera un thibillet, y a plus qu’à l’écrire (mais pas cette nuit)
  • Yves Duel s’insurge et fulmine, oulala, cela méritera un thibillet sur la Causalité, notre tourment à nouzaut’ chercheurs d’oeufs de pâques. Je sais déjà qu’Yves Duel et moi nous sommes d’accord, il s’agit juste de trouver les mots qui nous conviennent à tous les deux.
  • Christian a posté la check-list du marathonien, reste à l’amender dans un thibillet genre J-3 ou J-2
  • Sahoura aimerait des précisions, cela méritera un thibillet court sur l’efficience des marchés (One more time ! we’re gonna celebrate ! One more time…)
  • Monsieur Jean a réactivé mes idées de batanas, et même si son idée est encore à l’état de projet, j’en ai une autre : cracrer.
  • Nouvelle rubrique de ce blog, à lancer : productivité. Mes outils, quoi.
  • Le 400ème billet m’est passé sous le nez sans que je ne fasse mon thibillet récapitulatif sur les livres à lire. J’avais une excuse : je venais de fêter mon anniversaire. Donc : thibillet à faire sur les livres à lire (depuis le temps…) et ça n’attendra pas le 500ème thibillet.
  • Une autre chose que je m’étais promis de faire avant le 400ème thibillet : le projet Rubicon, avec l’aide de Julien, s’il veut bien. Pour l’instant, dans les cartons le rubicon.
  • Aujourd’hui, pas mal de temps passé sur le projet Phenix. Là aussi, j’ai plusieurs TouDoux…
  • Et le projet Augias qui avance, mais recule en même temps.

Viendra un jour où tous ces thibillets auront été écrits, et tous les TouDoux cochés.

Quand tous les TouDoux cochés,
Moi aller me coucher.