Category Archives: Courir

J+2

4h 47′ 45″.
Soit 7 minutes de plus que mon objectif. Mais sur un parcours qui a été le plus dur que j’aie connu jusqu’à présent : des côtes à n’en plus finir, des dénivelées successives de +80 m, -80 m, + 80 m…
Des courbatures, évidemment, des coups de soleils cuisants, mais une motivation renouvelée : une superbe expérience, des ami(e)s et de nombreux soutiens, des belles histoires individuelles qui nous construisent collectivement. Grands moments.
Maintenant, un mois de repos physique, et beaucoup de choses à rattraper dans ma vie.
Plus d’infos (décomposition de la course, pensées profondes et méditations à la mord-moi-le-noeud) plus tard…
Merci à tous pour votre soutien, vos petits messages d’encouragement, vos pensées positives.
🙂

J-2

Suis à la bourre, et surtout, très stressé (ce qui n’est point bon pour la performance).
Occasion rêvée pour faire la check-list en live.
Donc thibillet qui va être modifié jusqu’à 18h30, heure de mon taxi.
Je reprends, sans vergogne, la check-list publiée par Christian, et je l’amende (la check-list, pas Christian).

Avant de partir pour Madrid :

  • Billets d’avion (ou références si billets électroniques), coordonnées de l’hôtel + retro-planning pour le retour – check
  • Passeport ! – check
  • Playlist pour l’éventuel lecteur MP3 de la course – pas encore, pas sûr
  • Téléphone rechargé – check
  • Boules quiès pour l’hôtel, qui est bruyant, paraît-il – retrouvées ! (dans un endroit peu chrétien…)
  • Mon carnet de notes et de croquis – perdu ? 🙁 retrouvé !
  • Mon carnet de pouèmes – check
  • gafas de solcheck
  • carte européenne d’assurance-maladie – check
  • recommander mon âme à Dieu – plus tard, coco…
  • prendre la carte Pokemon de Colossinge que mon fils m’a donnée pour ce voyage – double-check

Nécessaire pour le jour de la course :

  • Réveil matin ? – nan, montre cardio-fréquencemètre
  • Gâteau qui bourre la gueule pour le petit-déjeuner de dimanche – nan, soit réveil à 4h30 pour petit-déjeuner, soit « nouilles liquides » (héhé…)
  • Short moule-à-gaufres – 2 !
  • T-shirt respirant rouge pétard aux couleurs de l’école (et propre!) – 2 ! (manches courtes, manches longues)
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) – ouais
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons !! – check !!
  • 3 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 – 5 doses + nouilles liquides pour avant (déjà bu 2 litres)
  • 4 épingles de sureté pour le dossard – 6, je te bats
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre (changer la pile éventuellement avant le départ) – check + chargeur + piles (4)
  • Lecteur MP3 / ipod + écouteurs qui vont bien ! – check, mais pas le temps d’une playing list, je compterai sur les copains
  • Sac poubelle pour m’enrober avant la course (super pour la motivation, « je suis une ordure, un résidu, un déchet »), éventuellement vêtements pour la pluie – check

Conseils pour avant la course :

  • Boire beaucoup (de l’eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) – tu crois que je t’ai attendu ?!
  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d’autres sucres lents) – depuis 3 jours
  • Ne pas boire d’alcool (quelques semaines avant ?) – check, sauf le soir de mon anniversaire
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – check (et c’est pas fini, ça va bâcher !)
  • Copains sur le parcours – très bonne idée, à organiser sur place
  • Répondre patiemment à la question « et quel temps tu comptes faire ? » – nan, là c’était « alors, quel temps tu as fait au Marathon de Paris ? »
  • Fixer rendez-vous départ / arrivée
  • Retrouver le livre de Michel Delore et les numéros de Jogging International – pas besoin, connais par coeur, j’en rêve la nuit (enfin, quand j’arrive à dormir)
  • Lire tout ce qui a trait au Marathon – 3 fois…
  • Trouver la crème pour les pieds et les parties délicates (Akaïne) – Moi c’est nok, mais on fait comme tu veux, dans ta chambre ou dans la mienne ?
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – à faire ! (samedi…)
  • Me coucher avec un bon livre sur le Zen, ou des poésies – Récit de cette calligraphe française qui est partie en Chine
  • Bien dormir – ça c’est pas joué
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant – si les copains l’ont
  • aller prendre mon taxi – il est 18h25, j’y vais

Je suis heureux de vous avoir connu…
😉

Retour lundi soir, tard, pas de connexion d’ici là.

J-4

Point positif : on sera au frais (ce qui n’est pas le cas dans mon bureau, où il fait 40°)

Point négatif : les chaussures gorgées d’eau, c’est lourd, surtout pendant 42 bornes (et 195 mètres).

Mais que diable suis-je allé faire dans cette galère ?

J-7

Vendredi, dernier entraînement, qui a consisté à courir sur un tapis de course à Marathon Expo, pour notre sponsor Spira, les chaussures à ressort, boïng boïng.
En regardant la liste de mes entraînements, je vois quelques stats amusantes :

  • 18 sorties en 63 jours, soit 2 sorties par semaine (en fait, plusieurs semaines à 3 sorties par semaine, et quelques semaines vides)
  • 185 km parcourus, soit une moyenne à 10,3 km par sortie (mais fort écart-type : 7 sorties à plus de 12km, dont le semi-marathon de Paris)
  • 23h18 de course, soit 2h35 par semaine en moyenne


Dans 7 jours, ce sera le test de toute cette accumulation. J’ai déjà du mal à dormir, si quelqu’un à des conseils de relaxation, je suis preneur. Il faudra aussi que je mette à jour ma check-list d’avant marathon, et son codicille.

Sinon, pour parler un peu finance, ça commence à se déchaîner en terme de dons : j’ai instauré une page des cotations, quasi turfiste, qui permet de savoir qui est vraiment aimé, héhéhé.
Rappel : 100% des dons vont à une association humanitaire, et Dieu t’aimera pour ça.

Comment faire des économies d’impôts ?

ça, si c’est pas du titre racoleur…
Ami(e) internaute, et fréquenteur/euse de ce bleug 3 fois réincarné, voici le temps des bonnes actions, des missions salvatrices et du don de soi(e).

Le projet Mercure est officiellement lancé. On savait déjà qu’il s’agit de courir 5 marathons en 4 ans, au profit d’une noble cause : financer la recherche sur une maladie génétique orpheline, le syndrome de Williams-Beuren. 12 sympathiques coureurs vont donc se lancer sur les routes d’Europe pour collecter des fonds, donner leur corps et leurs muscles pour cette noble cause (et accessoirement, pour s’arracher les tendons sur 42,2 km x 5).
Et là, sympathique internaute, tu te dis « mais comment puis-je participer, moi qui ne suis pas capable de remonter les escaliers à pied après avoir descendu les poubelles ? ». Je réponds : y a moyen. C’est là que le projet a progressé aujourd’hui. Il suffit de faire un don (symbolique) d’argent (réel, on n’est pas dans Second Life) qui ira à 100%, voui, voui, à la recherche génétique sur le syndrome sus-cité. Et nous là-dedans, qu’est-ce qu’on touche, pôvres coureurs que nous sommes ? Nous touchons l’estime de nos concitoyen(ne)s, des chaussures de sport (merci à Spira France, sponsor) et des courbatures à en remplir nos armoires.
J’entends ceux du fond qui disent « et moi, qu’est-ce que je gagne à donner ? ». Réponse : un Karma un peu mieux ordonné, et 60% de réduction d’impôt sur le don.
Alors qu’attendez-vous ?! Le temps, c’est de l’argent !
Site officiel : www.5marathons.com (et là, vous allez à la page Coureurs)
e-mail officiel : 5marathons@gmail.com ou info@5marathons.com.
Merci, merci d’avance, et faites passer…
PS : il y a même la possibilité de parier sur un coureur donné, par exemple choisi pour ses qualités humaines, son humour inxydable, et ses compétences financières… Au hasard…

Run, Forrest, Run !

Ce matin, à la fraîche, run de 50 mn, dont 15 minutes à 5 mn au km, c’est-à-dire 12 km/h, c’est-à-dire vite-pour-moi (il faut que je mette des tirets, parce que 12 km/h, c’est une allure relax pour pas mal de mes camarades). Et là, une petite pub gratuite pour un service gratuit : pour ceux qui veulent courir en rythme, voire se motiver (et c’était mon cas ce matin), je recommande Jiwok. Christian en a déjà parlé, mais je crois qu’il ne l’avait pas testé. Pour ma part, j’ai testé leurs musiques à Turin, et de nouveau ce matin. Le principe : des mixages de musiques dédiés à certains entraînements : fractionné, sortie d’une heure, autres sortie… La musique est rythmée, actuelle, et libre de droits. Par ailleurs, cela peut apparaître comme un gadget, mais toutes les 5-10 mn une voix annonce « Allez, maintenez le rythme ! » ou « Encore un effort ! » et toutes les 15 mn, annonce le temps. Je peux vous dire que cette voix m’a aidé ce matin, alors que je peinais à maintenir ma vitesse à la 12ème minute. Finalement, c’est fait, je n’avais pas couru aussi longtemps à cette vitesse, et hop, un entraînement de plus.

Mars : le temps de planter les Semis…

Hier matin, c’était donc le Semi-marathon de Paris. J’avais quelques objectifs :

  • M’entraîner 3 fois par semaine
  • Gommer mon pneu hivernal, et descendre de 76 kg à 72 kg
  • Courir le semi-marathon en negative split, c’est-à-dire courir la première moitié plus lentement, et la seconde plus vite (contrairement à mon habitude, où je fais régulièrement l’inverse)
  • Réaliser un temps de 1h 50mn, ou, par défaut, faire mieux que 1h 56mn (mon temps de l’an dernier)

Voilà ce que j’ai réalisé :

  • Je me suis effectivement entraîné 3 fois par semaine
  • Je suis descendu à 69 kg, en étant (presque) abstème et (raisonnablement) frugal
  • J’ai couru le semi-marathon en positive split (comme à mon habitude : coup de pompe régulier après la moitié) et c’est pas bien
  • J’ai réalisé un temps de 1h 59mn, ce qui est moins bien que mon temps d’Amsterdam et de Paris 2006… malgré un entraînement, et des privations, autrement plus avancés.

Donc frustration, et démotivation pour la préparation du Marathon de Madrid (22 avril 2007).

Les fausses excuses

  • J’ai eu un point de côté au Km 5 et 12
  • Il y avait plusieurs côtes, et des méchants faux-plats, à partir du Km 12, pendant quelques bornes

Une vraie raison, mais qui n’explique pas tout

  • Mon appareil électronique de haute technicité me donnait des mesures fausses. Mon accéléromètre ( = podomètre, qui mesure la distance parcourue, et donc la vitesse instantanée) surestimait la distance. Quand je suis arrivé, après 21,1 km, il indiquait 21,88 km. Soit une erreur de plus de 5%. Cela peut paraître bénin, mais étant donné que je me fixais une allure par référence à la vitesse affichée, j’ai couru à ce que je croyais être 11 km / h, et qui n’était en fait que 10,6 km /h. Sur la durée totale de l’épreuve, cela correspond à 5mn de différence, bref, j’aurais peut-être pu faire 1h55.
  • Les courbes présentées ici donnent : en bleu, l’allure à laquelle je croyais courir ; en rouge, l’allure à laquelle je courais réellement.

Les correctifs et autres méditations futures

  • Calibrer correctement mon accéléromètre
  • Reprendre l’entraînement dès que mes courbatures seront calmées (mercredi ?) en travaillant la vitesse et l’endurance, avec les vraies bonnes valeurs
  • Voir si je n’ai pas une carence en fer, le béri-béri ou la scoumoune. Brûler des cierges à Sainte Rita.

Po d’échappement

Je suis à Turin pour quelques jours, et je profite d’une connexion wifi erratique pour poster un thibillet avant de retourner à mon chapitre de livre (soupir).
Ai enchaîné 12 heures de séminaire en anglais en 1,5 jours, hier après-midi, j’étais complètement cramé, la voix erraillée, les jambes raides, le cerveau gazéifié.
Hop, retour à l’hôtel, je mets mon habit de lumière, et je pars courir, d’abord dans les rues de Turin, puis dans un parc, enfin le long du Po.
2h06 de course pour étrener mes nouvelles chaussures, mes nouvelles semelles, et liquéfier ma fatigue de la journée. Le soleil se couchait, j’ai vu la nuit tomber et les ponts de pierre s’allumer sur le fleuve. Des skiffs passaient avec des rameurs psychotant en cadence, je foulais la terre humide en enchaînant laborieusement les km (14 en tout, à toute petite vitesse, c’est ce qu’on appelle une sortie longue, et c’est censé améliorer l’endurance sur longue distance).
Retour dans la nuit, des phares d’embarcadère (bleus, violets, rouges) se reflétaient dans les eaux du fleuve.
Grande satisfaction de cette course, c’est la première fois que (je croise les doigts pour la suite) je m’entraîne aussi régulièrement. Du coup, je poste mes entraînements, ça permet de faire le point.
Prochain run ? Dimanche, j’espère, à Sestrières (Italia, encora).

Buzz – projet Mercure

Quand j’en avais parlé, c’était très vaguement (je ne parle plus de mes projets que quand ils sont en phase de réalisation), et en employant le nom de code Hermès. Mais en fait, pour des raisons plus ou moins évidentes, dans ma tête, c’est le projet Mercure.
Même si l’idée date d’il y a plusieurs mois, même si les présentations, les réunions, les rendez-vous, ont eu lieu dans les dernières semaines. Et surtout, même si la négo continue, car on en est qu’au début, pas de doute : le projet Mercure a démarré.

Le lièvre antique et la tortue amnésique

Préambule ô combien approprié

Conversation ce soir avec mon fils, au sujet de son épreuve sportive de l’année (courir 7 minutes d’affilée) :
– Dis donc, c’est super que tu aies couru 7 minutes !
(il ne réagit pas)
– Et moi, est-ce que tu sais combien de temps j’ai couru, hier ?
– Non, combien ?
– J’ai couru 1 heure et 58 minutes !
– … et combien de secondes ?
– ?! Euh, 20 secondes…
– Ha ! C’est rien du tout ! Moi je peux compter jusqu’à 20 !

Je vais donc vous parler de mes 20 secondes d’hier.

(la ligne rouge représente la vitesse que j’aurais dû maintenir sur toute la distance pour faire péter un chrono à 1h 50′)


La course s’est passée dans la vitesse (au début) puis l’essoufflement (très vite) puis l’allure de croisière, confiante et concentrée, avant la chute de performance à partir du KM 13.

L’impression de voir un compte-tours dont l’aiguille tombe, et on a beau se dire « il faut que j’accélère, que je remette la gomme », les jambes ne répondent plus, et il ne s’agit plus que de mouliner des mollets avec ce qui reste d’énergie et de motivation.

Malgré la liste des avanies que nous avons subies (en rigolant pas mal), c’est-à-dire :
– un trajet en voiture avec multiples plantages, qu’un poivrot en zigzaguant il aurait fait moins de distance
– la présence d’un membre satanique, tentateur et sulfureux, aux assauts empressés duquel j’ai dû résister de toute ma candeur et ma probité, moi qui ne connais pas le mal (le mâle non plus)
– une virée nocturne dans Amsterdam où on a marché pendant des vingtaines d’heures (au moins) en observant des mannequins dans des vitrines, bien mieux qu’au musée Grévin, ce sont des figurines animées (et dénudées), pour un peu, on jurerait qu’elles sont vraies
– un départ des courses depuis le stade situé en périphérie, mais aucun tramway ne marche le dimanche, c’est pratique…
– une pelade que rarement on a pelé comme ça, d’abord en attendant de voir passer les marathoniens, puis de les voir repasser, dans un vent coulis glacial, puis le deshabillage sur le trottoir, brrrr, mon épiderme de délicat bébé se garnissant de givre
– un accéléromètre dont j’avais oublié de vérifier la pile, et qui m’a lâché 1mn avant le départ. L’accéléromètre, c’est ce qui me permet de vérifier que je cours à la bonne vitesse, régulière, ni trop élevée, ni trop lente. Je me suis dit « ça fait rien, on va le faire comme un trappeur du Saskatchewan, tous les kilomètres je vérifierai mon temps, et j’ajusterai à chaque borne kilométrique ». Las,
– les bornes kilométriques étaient au ras du sol, donc je n’ai vu que le KM 5, puis le KM 10. Un peu difficile de s’ajuster, quand on n’a que 2 points de référence sur la première moitié du parcours

Le pire arrive.
J’ai passé la première moitié de la course à une vitesse qui aurait dû me permettre de finir en 1h45, mais les présomptueux oublient toujours qu’après la première moitié, il y a une deuxième moitié. Au KM 17, j’étais plutôt calé sur 1h50. Au final, j’ai fait 1h 58′ 20″.
Et tout le monde de me féliciter, moi le premier me disant « allez, j’ai un peu cramé des muscles au début, mais bon, nouveau record personnel, je passe sous les 2h ».
Jusqu’à ce que, ce soir, je revienne à mon compte-rendu du semi-marathon de Paris, il y a 6 mois. Et que je me rende compte qu’il y a 6 mois, j’ai fait 1h 56′ 53″, presque 2mn de mieux que ma performance d’hier.
Je me sens vieux.
Je hais mon blog.
Je hais ma mémoire à trous et mon optimisme inoxydable.
Je vais me coucher comme une serpillière moisie.

Short note, long run

Oui, je sais, vous n’êtes pas tous intéressés, mais pour ceux qui suivent de loin, du coin de l’oeil : 1h 58′ 20″ au semi-marathon d’Amsterdam. Mon meilleur temps à ce jour sur cette distance (Repentir : eh non, ce n’est pas mon meilleur temps, finalement…). Debriefing détaillé plus tard… ici.

Courir comme un hamster dame

(La radio marche pus, m’énerve, je voulais mettre Training montage, dans la B.O. de Rocky)

  • Demain samedi, départ avec une bande de joyeux lurons pour Amsterdam.
  • Après-demain dimanche, certains joyeux lurons courront le Marathon, d’autres (dont moi) se contenteront du semi-marathon. Reste à réviser la check-list.
  • Et dimanche soir, je pourrai enfin
    1. manger autre chose que des pâtes (1 semaine de régime)
    2. boire de la bière ou du vin (1 semaine de privation)
    3. boire du café (4 jours sans)

Marathon Man (ou Voyage au bout de l’enfer)

Et voilà, pour la deuxième fois, je suis marathonien.

Les faits bruts

  • 4h 52′ 07″ ce qui me place
    1. moins bien qu’en 2002 (4h 40′ 54″)
    2. 27 743ème sur 35 000 (mais combien d’abandons ?). Une petite recherche me donne 30 744 arrivants. La dernière est Andrée Degoumois, en 6h 25′ 45″. Bravo Andrée, tu es la dernière des premiers. Après cette arrivée, ils ont arrêté les chronos, mais il y a probablement (sûrement) des participants qui continuaient à arriver…
    3. 8ème sur 10 ESCP / ESCP-EAP répertoriés pour l’instant
  • J’ai vécu ce que je vais appeler Le syndrôme classique, étant donné que tous ceux à qui j’ai parlé ou dont j’ai entendu parler (Laurent, Damien, Christian, Sébastien, Jean-Philippe) l’ont eu aussi : départ bien motivé, vigilant mais optimiste, passage du semi-marathon (donc, la moitié de la distance, à 21,1 km) en se disant « bon, jusque là, ça va » et après, effondrement. Suivant les interlocuteurs, l’effondrement n’a pas lieu au même kilomètre, pour ma part, en précurseur, cela a été dès le 26ème kilomètre. Et après cela, l’enfer. Et pour paraphraser Anna Gavalda dans une des nouvelles de Je voudrais bien que quelqu’un m’attende quelque part, « tu l’as sûrement lu rapidement, donc je te le réécris pour que tu t’en rendes bien compte : j’ai vécu l’enfer pendant 16 km« .

Remerciements

Je souhaite remercier

  • mes jambes, pour avoir accepté cette connerie pendant presque 5h (sans compter l’after : la remontée de l’avenue Foch, le métro avec escalator en panne, la voiture…)
  • les amis qui sont venus nous encourager : Marie-Cécile au km 20 qui m’a accueilli avec « Tu peux le faire, Christophe ! » et a couru à mes côtés ; Laurent au km 29, après quelques méchants tunnels ; et Angelika, qui a eu la patience d’attendre à l’Etoile plus d’une heure, entre l’arrivée de Laurent et la mienne.
  • les anonymes qui nous ont encouragés sur tout le parcours. Des enfants à qui on tape dans la main, de jolies femmes, des jeunes papas, des pépères casquettes, des beurs survêt, tout ce Paris qui a certes des défauts, mais aussi des qualités dans les fêtes populaires. Je salue la nonyme (quel est l’antonyme d’anonyme ?) Madame Raymonde, dite Ray (photo ici), la patronne de La boutique du Marathon, 100 marathons à son actif, et qui était présente au km 40 à nous encourager.
  • les bénévoles de l’organisation qui distribuaient les bouteilles et aliments, la Croix-Rouge et ses tentes et ses blessés, les pompiers de Paris qui sont toujours encourageants, tout au long du parcours, les orchestres (Satisfaction m’a trotté dans la tête pendant quelques kilomètres)

Déroulé (rapide) et analyse de la course

  • Départ et premiers kilomètres : bonne ambiance, nous sommes tous avec nos bobs jaunes, et c’est impressionnant de voir cette étendue de foule qui couvre les Champs-Elysées jusqu’à la Concorde (et au-delà, bien sûr, les premiers doivent déjà être rue de Rivoli…). J’hésite alors entre me fixer 5’30 » au kilomètre (objectif 4h00) ou la jouer plus raisonnable : 6’00 » au kilomètre (objectif 4h20), en attendant de voir comment je serai au semi. Comme je suis stupide et optimiste (synonyme ?), je me cale à 5’30 ». A côté de moi, un gars dit « Quand même, c’est beau ». Il a raison, il fait beau, et de la rue de Rivoli, on voit la colonne de la Bastille au loin, si loin, si proche.
  • Ravitaillements : tous les 5 km, je prends de l’eau à chaque fois, et en trottinant, je vide la bouteille consciencieusement, puis retour à la vitesse de croisière, coup d’oeil au cardio-fréquencemètre, moyenne à 5’40 » au kilomètre, mes jambes savent ce qu’elles font.
  • Entrée dans le bois de Vincennes au km 10 (déjà 1h de course), on dépasse un fauteuil roulant Handisport, qu’on applaudit.
  • Km 20 : Marie-Cécile surgit comme un lapin blanc hors du chapeau du bitume, et court à mes côtés. Rhhaaa, remotivé je suis.
  • Passage du semi (21,1 km) en 2h07′, là je me dis « tiens, je pourrai peut-être faire 4h20 ? » Hahaha, j’en ris encore.
  • Arrivée à Bastille (un peu avant km 25), je me souviens que je ne voyais pas grand chose, au même endroit, il y a 4 ans. Je me re-dis « Je suis plus frais qu’il y a 4 ans, vas-y jojo, attaque… »
  • A partir des quais de Seine (km 25-26), ça part en déconfiture. J’ai beau me houspiller, les jambes ne suivent plus, et marchent au ralenti. Le graphique ci-après illustre ce qui va être ma souffrance sur les 16 km suivants : alors qu’en 2002, j’étais parti plus lentement, puis j’avais accéléré, cette fois-ci, cela n’a été qu’une lente descente vers l’enfer.
  • Je convoque mon Loup, vers le km 26, il m’aide pendant un petit kilomètre, je me sens carnassier et sauvage, je le sens galoper à mes côtés, grogner avec moi, aspirer l’air glacé, et puis il s’en va, ou s’enfonce à nouveau au plus profond de mon être
  • Une pensée à la volée, vers le km 27 : si l’énergie pouvait être dérivée de la souffrance, un Marathon de Paris suffirait à éclairer Paris pendant un an. Mais n’importe quelle journée d’une Maternité ferait le même boulot, après tout, nous autres, les hommes, nous sommes ben douillets…
  • Rencontre avec Laurent, km 29, après quelques tunnels éprouvants. Petit papotage pendant que je fais des étirements, et puis re-départ. Nouveaux tunnels. ambiance sombre et confinée : vers la fin d’un tunnel, j’avais l’impression de ne respirer que le gaz carbonique des concurrents. Arrivée à l’air libre – et montée – perçue comme un soulagement.
  • Aux ravitaillements de 30, 35 et 40 km, je marche, je mange de la banane, je bois ma bouteille. Chaque kilomètre arrive de plus en plus lentement, les crampes menacent, je les sens tapies au fond des muscles, prêtes à bondir. Je masse les endroits où les crampes palpitent, courbé en deux, tout en continuant à trottiner comme un hérisson blessé. Grosse souffrance.
  • Km 39, je prends ma dernière dose de glucose, celle estampillée « Coup de fouet« . cela ne suffit pas : même si je m’étais juré de ne pas marcher en dehors des ravitaillements, je craque : à 39,500 je me mets à marcher, en attendant le ravito de km 40. Arrivé là, je bois, je me tape une banane entière, et puis je me remets à courir, c’est tout un effort, il faut marcher un peu vite, balancer les épaules, oser soulever le premier pied pour faire une foulée, ressentir le choc, serrer les dents, continuer, et on se retrouve à carapater… comme un ragondin agonisant.
  • La fin n’est pas descriptible. Gros effort pour maîtriser mon visage et mes sentiments. L’avenue Foch, où j’avais bien accéléré il y a 4 ans, pour finir en beauté, me semble une montée morne et grisâtre. Pas la force ou l’envie de sourire aux photographes officiels.
  • Et voilà, ça c’est fait.

J

  • Bien dormir – Check
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant – Check
  • Ecrire mes dernières volontés – Not Yet
  • Partir – Check

Check-list avant décollage

C’est J-2 J-1, donc je poste la check-list qui va bien, et que je vais éditer au fil de mes oublis (rhoooo, c’est pas bien, dans la Blogosphère, d’éditer des billets après coup, méchant, méchant).

  • short moule-à-gaufres – Check
  • T-shirt respirant rouge pétard aux couleurs de l’écoleCheck
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) – Check
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons – Check
  • Boire beaucoup (de l’eau), car comme dit le proverbe que j’invente à l’instant :
  • Si pipi pas transparent,
    Toi boire encore des torrents

  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes – Check (soupir)
  • Ne pas boire d’alcool – Check
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – Check permanent
  • Gâteau qui bourre la gueule pour le petit-déjeuner de dimanche – Check
  • 3 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 – Check
  • 4 épingles de sureté pour le dossard – Check
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre – Check
  • Copains sur le parcours – Check (3 à ce jour, merci Angelika, Marie-Cécile, Laurent)
  • Faire testament – Not Yet
  • Répondre patiemment à la question « et quel temps tu comptes faire ? » – Check permanent
  • Fixer rendez-vousCheck
  • Retrouver le livre de Michel Delore et mes numéros de Jogging InternationalCheck
  • Lire tout ce qui a trait au Marathon – quasi Check
  • Faire transmettre mes temps par SMS à deux personnes – Check
  • Repérer un endroit à Neuilly pour garer la chignole – Check
  • Trouver la crème pour les pieds et les coucougnettes – Check
  • Vérifier la météo (merci Nerik) – Check et merde, c’est de la pluie, ce qui est OK pour la course (rafraichissant), mais qui alourdit les chaussures 🙁
  • Préparer toutes les affaires – Check
  • Sac poubelle pour m’enrober avant la course (super pour la motivation, « je suis une ordure, un résidu, un déchet ») – Check
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – Check… c’est là où l’électronique va m’aider
  • Me coucher avec le tome 6 et 7 de De cape et de crocsCheck