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Objectif subjectif

Super, hier, motivé, je me fixe un objectif, allez, courir 4h30 par semaine. Il faut dire qu’avec mes 20kms de lundi en 2h10, j’avais un peu d’avance…
Ben oui, tellement d’avance qu’hier, en sortant de cours, je ne pouvais plus avaler ma salive sans crisper les poings de douleur. Grippe, angine, peste bubonique, phylloxera ? Le docteur y va dire, et va prescrire les petites pilules bleues qui requinquent (non, pas Viagra)…
Autant dire que le jogg de midi est passé à l’as, et que je sens mal le fait d’enquiller 2h20 d’entraînement avant dimanche. Plus que 11 semaines, rah, ça démarre mal !
(enfin, j’en connais d’autres : la page en français du Marathon de Turin invite encore à s’inscrire à l’épreuve du 15 mai 2007…)

Objectif : 4h30

En préparation du Marathon de Turin, l’entraînement reprend. Objectif : caser 4h30 de course (soit à peu près mon temps au marathon) chaque semaine.
Hier, 2h10.
Aujourd’hui, courbatures.
Demain midi, 1h et quelques.
Il me reste donc 1h20 à caler avant la fin de semaine. C’est jouable…
(mais c’est juste la première semaine)

Marathon de Berlin – Hailé Gebrselassie et moi

Dimanche matin, réveil dans un Berlin grisâtre (notre hôtel était du côté Est de Berlin) vers 6h45. Laurent fait son yoga, j’enfile vite un jean et je descends prendre un petit déjeuner. Un thé, des céréales au lait, quelques tranches de jambon, une pomme que je ne peux pas avaler. Dans les néons bleus et verts de la salle aux murs métalliques, je vois beaucoup de convives en collant de course, les chaussures de running aux pieds, chacun est dans son silence.
Retour à la chambre, préparation sans état d’âme (tout était prêt depuis la veille), installation de toute l’électronique : puce du marathon sur la chaussure droire, accéléromètre sur la gauche, walkman au côté, casque ultra-léger autour du cou, montre cardio-fréquencemètre avec batterie neuve (merci Cécile), brassard contenant 6 gels au glucose.
7h30, RV dans le hall de l’hôtel, départ en métro à 8 coureurs. Matin grisâtre, des pans de ciel clair commencent à apparaître, les nuages sont poudrés de rayons de soleil. Il va faire beau, il fait froid.
A la station d’arrivée, il n’y a qu’à suivre les gens déguisés – comme nous – en préservatifs jaunes (« Adidas, c’est la classe ! »), ça n’est pas dur, quand 40 000 personnes convergent à pied vers un lieu, ça se remarque. Répartition dans les sas, je suis dans le dernier sas avec Joce, ce qui nous vaudra de franchir la ligne avec 24 minutes de décalage par rapport aux premiers. Il fait froid, je garde le sac jusqu’au dernier moment. Superbe moment quand le lâcher de ballons peuple le ciel de Berlin de milliers de ballons orange, sous le ballet des hélicoptères.
Et c’est le départ. Même si je cours à côté de Joce, cette fois, c’est décidé : ce sera à mon rythme, j’arrête les conneries, je vais courir lentement, avec une stratégie de course prudente, pour en garder sous le pied pour la seconde partie du parcours. Malgré la foule (c’est l’inconvénient des départs, surtout dans le dernier sas, qui mélange ceux qui veulent faire 4h15, 4h30, 5h, 5h30 ou plus…), je garde l’oeil sur la montre, je déroule la foulée sans accélérer (ce n’est pas l’envie qui m’en manque). Il fait 13°.
Km 10, je prends mon premier gel un peu avant le ravitaillement en eau, tout est sous contrôle, Joce me rejoint quelques centaines de mètres plus tard. Un gars reconnaît mon T shirt, il est ESCP, 54 ans, DG d’une boite d’informatique. Il nous montre quelques bâtiments, mais le rythme est un peu trop rapide, ça se joue à une poignée de secondes, mais je préfère décrocher. Seul dans la course, je suis en moi-même, toujours attentif à maintenir un rythme serein. Je m’étais fixé de courir à 6’20 » au kilomètre, j’ai du mal à ne pas descendre en dessous des 6′, mais je me freine. Je me souviens de toutes ces compétitions où j’ai explosé en vol à la moitié de la distance, pas question de me cramer à nouveau.
Km 20, deuxième gel au glucose. Encore 1 km et quelques, et ce sera le semi. Je prends soin d’éviter les jets d’eau rafraichissants, à 14-15°, le plus souvent à l’ombre, c’est la caillante assurée.

Semi-marathon. Je voulais le passer à 2h13, je le passe à 2h15, tout va bien, j’ai bien géré cette partie. A Madrid, j’avais passé le semi à 2h03, tout content de ma rapidité, et j’avais explosé dès le 23ème kilomètre (il en restait donc 19 à courir…).
Conformément à ce que j’avais décidé, je chausse le casque du walkman à partir du semi : la première partie a été concentrée et silencieuse, la deuxième partie va être rythmée et en musique. J’accélère pour passer à 5’40 » au kilomètre, et commence donc mon negative split. Dans ma stratégie de course, je dois maintenir cette allure jusqu’au km 31 : à ce moment-là, je verrai si je peux encore accélérer (5’30 » ou moins) ou bien s’il vaut mieux rester à cette allure. Un morceau de Graham Nash et David Crosby, un instrumental tiré de Rocky, la musique est agréable, et puis cette chanson faite pour la course, Men In Black, par Will Smith. Dopé par le rythme, je double des coureurs sans effort, sans à-coup, je suis dans la course.

Km 25, gel anti-crampes. Les ravitaillements sont de grandes flaques d’eau, des amoncellements de gobelets en plastiques que l’on écrase, on se fait souvent pousser dans le dos, chacun est énervé par sa contrainte de temps. Je saute un ravitaillement sur deux, il y en a trop.

Km 30, je pense que je ne pourrai pas accélerer. Je suis tombé sur l’intro de Rocky II, superbe morceau bien rythmé, ça m’a redonné la pêche. Je suis bien content d’avoir acheté ce disque, plus quelques morceaux en ligne, voilà de l’argent bien investi.

Km 31, ça devient dur, je ralentis insensiblement, je dois me motiver pour maintenir l’allure de croisière. Je monte souvent à 5’50 » au km, il faut être vigilant. Pas question d’accélérer comme prévu initialement, il faut se maintenir. Mais en même temps, je n’ai pas eu « le mur » (que j’avais eu à Paris 2002, puis Paris 2006 au 26è km, et à Madrid 2007 au 23ème), je ne l’aurai pas de tout le parcours. Km 35, dernier gel « coup de fouet ». Mon t-shirt est trempé, je suis glacé. J’ai eu Eddy Mitchell et Johnny « on veut des légendes », tout ça c’est du bon. Je passe tous ceux que je peux, je ne suis plus doublé depuis des kilomètres. En revanche, de plus en plus de personnes se mettent à marcher (c’est leur droit) au milieu de la route (c’est pas sympa). Depuis le début, c’est une gestion des doublements, des trottoirs, des encombrements de personnes.
Dès que je le sens, dès que je le peux, je tape dans les mains des petits gosses sur les côtés, ça me booste.
Km 40, celui-là je l’ai attendu longtemps, ça fait depuis le km 28 que je guette le panneau kilométrique suivant. Un thé chaud au ravitaillement, c’est la dernière fois que je m’arrête. OK, encore 2 km, je fais ce que j’avais prévu : j’accélère. Il s’agit tout de même de tenir 2 bornes, avec les 40 que j’ai déjà dans les pattes, mais je le sens bien. De toute façon, je vois vite mes limites : oui, j’ai pu accélérer, mais pas énormément, et maintenant, il s’agit de tenir. Je convoque mon loup intérieur, je grogne à chaque foulée, les autres coureurs tournent la tête, je m’en fous, ça m’aide, et je les dépasse un à un, inexorablement. Longue avenue d’Unter den Linden, je vois la Porte de Brandebourg au bout, je sais qu’il ne faut pas se démobiliser, l’arrivée sera quelques 200 m après. Je passe la porte dans la bousculade, il ne s’agit plus de trébucher. Longue avenue, dernière course tendue, la foule des deux côtés sur des gradins, des hauts-parleurs annoncent qu’Hailé Gebrselassie a battu le record du monde du marathon, je passe la ligne, top chrono, j’ai fait 4h18’25 », mon meilleur temps à ce jour, 22 minutes de mieux que mon premier marathon (2002), 34 mn de mieux qu’en 2006, 29 mn de mieux qu’à Madrid.

Depuis dimanche, je suis sur mon nuage.

Prochaine étape : le 13 avril, quelques jours avant mes 40 ans, Marathon de Londres.
Mais pour l’instant, baguette, fromage au lait cru, vin rouge, viandes rouges, expressos : ça fait du bien…

4h 18′ 25" (-22 minutes par rapport à mon record)

Marathon historique, qui a vu Gebrselassie battre le record du monde, et votre serviteur battre son propre record. Cela fait énormément de bien. J’ai enfin couru en negative split (moins vite d’abord, plus vite après). Plus d’infos dans les jours qui viennent, là j’ai une journée de cours.

La compétition à XV à ne pas rater ce dimanche…

Ils seront XV, portés par des milliers de personnes.
Cela fait des mois qu’ils s’entraînent, se soutiennent, apprennent à se connaître.
Il y a les petits jeunes, et les anciens qui distillent la sagesse et les conseils.
Ils représentent la France, mais ne sont pas tous français.
La tension est montée, au fil de quelques échauffourées passées, mais c’est vraiment dimanche que ça va passer ou casser.
Non, ce n’est pas du rugby, c’est la suite du projet Mercure.

Et pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur le lien :

Dimanche 30 septembre, je vais courir le Marathon de Berlin aux couleurs de l’ESCP-EAP, l’école qui m’emploie, pour une cause humanitaire : le financement de la recherche sur un syndrome génétique affectant les jeunes enfants, le syndrome de Williams et Beuren.

Je souhaiterais que vous considériez de verser une somme, fut-elle modique, pour cette noble cause, et pour m’encourager tout au long de ces 42km195, pour lesquels je me suis entraîné tout l’été.
En effet, un de mes amis, qui est aussi marathonien, a une nièce atteinte de ce syndrome. Nous avons donc réuni une équipe de 15 coureurs, qui a déjà couru le Marathon de Madrid en avril, collectant déjà, grâce à vos dons, plus de 1400 euros.

Nous courrons ensuite le Marathon de Londres, Turin, puis Paris, soit 5 marathons en 4 ans. (Tous les détails sont sur 5marathons.com).

Voilà un certain nombre de raisons pour lesquelles vous pourriez envisager de donner :

  • les dons vont à 100% à l’association humanitaire Autour des Williams, pour favoriser la recherche sur ce syndrome génétique
  • 60% des dons sont déductibles de votre impôt sur le revenu
  • vous nous encouragez, mes camarades coureurs et moi-même, pour ce défi
  • vous soutenez mon (éventuellement votre) école, qui s’est engagée généreusement dans ce défi sportif, collectif et humanitaire
  • vous voulez agir
  • vous souhaitez encourager notre partenaire Spira, sympathique PME européenne, qui a doté gratuitement tous les coureurs de chaussures de compétition haut de gamme

Pour faire un don, vous pouvez soit vous connecter sur le site Internet http://www.5marathons.com/ et aller à la page des coureurs, et me choisir (oui, moi, tout en bas de la page) pour faire un don en ligne (connexion sécurisée par Paypal), ou bien vous pouvez envoyer un chèque, libellé à l’ordre de « Autour des Williams », envoyé par la Poste à

Anne-Laure THOMAS
Association Autour des Williams
« 5 marathons sur 5 campus »
2ème étage
10 rue de la Jonquiere
75017 PARIS

Dans les deux cas, l’association vous contactera pour le justificatif fiscal.
Dans la page des coureurs, vous constaterez que nous nous sommes tous fixé des défis, avec des paris à la clé. Ce système de pari n’est pas une obligation (vous pouvez verser un don libre), mais il est destiné à motiver les coureurs à faire un bon temps. Pour ma part, je vais essayer de battre mon meilleur temps au Marathon, soit 4h40.
Je vous remercie d’avance, et je donnerai à ceux/celles qui le souhaiteront un compte-rendu détaillé de cette épreuve… après l’avoir courue 🙂
Sportivement,
Votre serviteur, dit « The rooster of the macadam »

Semi – satisfait

Tous les blogs importants en ont parlé : nous nous sommes retrouvés hier matin pour un run un peu particulier. Dans le cadre de la préparation du Marathon de Berlin (30 septembre, c’est demain), il est intéressant de se tester un mois avant sur une distance de semi-marathon. C’est pour ça que les organisateurs, dans leur grande sagesse, programment le semi-marathon de Paris en mars, un mois avant le Marathon de Paris.
Mais étant donné que les semi-marathons ne sont pas légion en septembre, nous avons décidé de nous faire notre propre semi-marathon, au Bois de Boulogne. Grâce aux technologies de l’information (wiki et Google maps), c’était lancé.
Bilan très positif. Malgré un cafouillage au départ (je me suis retrouvé avec des gros bruns poilus qui couraient à 4’30 » au km, moi qui visais plutôt 6’00 » / km) et la batterie de mon lecteur MP3 qui était en rade, j’ai couru mon semi-marathon dans mon meilleur temps depuis… que je suis né.

1h 53′ 52″, c’est-à-dire mieux que mes performances historiques (il faut que je mette ma page à jour) ou récentes d’il y a un an ou 6 mois.
Certes, il y a des quelques points à améliorer, mais le moral est plutôt bon. Pour les points à améliorer :

  • Parti trop vite, à un rythme inférieur à 5′ au km, pendant 35 mn, avant que je ne décide de ralentir. Cela a dû consommer de l’énergie qui m’a fait défaut sur la fin.
  • Néanmoins, beau maintien sur la deuxième moitié (13 km) : du 5’30 » au km, régulier, même si c’était de plus en plus dur.
  • Une douleur dans le pied droit sur les derniers 10 km. Ce n’est pas la première fois, et c’est embêtant.

Donc : satisfait, vigilant, et affûté. On verra bien dans les semaines qui vont venir.

Burn-Out

Hier, 21,8 km en course + longueurs de piscine en nocturne. Aujourd’hui, totalement cramé. Dimanche prochain, un semi marathon pour tester ma forme.
Je suis en burn-out, un point de grande fatigue physique. Le point positif est : je pense que je n’ai jamais été aussi bien entraîné. Le point négatif : peut-être un peu trop entraîné.
D’ici dimanche : calme et décontraction, de toute façon, les journées sont remplies de travail et de soucis.
Impression de porter tout le monde sur mon dos. On me sollicite par mail, par téléphone, mais, c’est marrant, quand j’ai répondu, j’ai rarement un « merci » en retour.
Burn-Out.

Plaisir de courir 1 – Cap Corse

Voir la trace de ma semelle Spira* dans la poussière du chemin,
trace orientée vers la montagne alors que j’en revenais,
58 minutes et 3 côtes plus tard,
tandis que la brume se levait sur le Cap Corse.

* Spira (les chaussures à ressort !) est, à ce jour, l’unique sponsor de notre projet 5 marathons sur 5 campus (le site va être mis à jour dans les prochains jours), déjà évoqué sur ce blog, et pour lequel nous remettons le couvert le 30 septembre, pour le Marathon de Berlin.

Reset all

Lors d’une balade coursatoire, j’ai trouvé une piste de stade qui me tendait les bras. Depuis que je cours, je n’avais jamais testé de piste. C’est beaucoup plus motivant que je ne le pensais, une sorte de compétition avec soi-même.

Premiers résultats de la compétition :

  • Ma fréquence cardiaque maximale était de 179 battements par minute en 2002, elle est aujourd’hui de 177 BPM. Rien de nouveau, malgré des années d’effort.
  • Pour atteindre cette FC max, j’ai dû courir 1200m, dont 400m au maximum de ma vitesse. Ce maximum est de 3’29 » au km, soit 17,2 km/h (pendant quelques – longues – poignées de secondes…)
  • Enfin, j’ai encore re-calibré mon accéléromètre (on se souviendra des discussions à ce sujet). Je me suis dit « Jojo, le truc, c’est de calibrer ton accéléromètre en courant à ton objectif (5’30 » au km), et non en trottinant à petits pas ». Je me suis exécuté. A la fin des 2km de test, le calibrage était de … 1.000. Exactement le calibrage d’usine. Ca ne sert donc à rien, sinon à me montrer que, d’entrée de jeu, mon accéléromètre était correctement étalonné.

Enfin, quelques statistiques. Un des avantages du cardio-fréquencemètre : la fonction cumul, qui additionne tout ce que j’ai fait depuis que j’ai ce acheté ce bouzin. Elle me permet d’obtenir les stats suivantes : depuis janvier 2006,

  • j’ai couru 80 heures et quelques. Ce n’est pas forcément une statistique qui impressionne, alors,
  • j’ai fait 69 sorties d’entraînement. Encore une fois, sachant qu’il y a 84 semaines, ce n’est pas énorme, alors,
  • j’ai couru 646 km depuis le 16 janvier 2006. Et ça, je trouve que ça en jette pas mal.

Calibre 7.87

J’ai profité de ma semaine au Pays Basque pour tâter des collines (itxazu) du cru. Et j’en ai profité, à l’aune d’une piste de stade, pour re-calibrer mon accéléromètre. Les aficionados de la course à pied se réfèreront aux étapes historiques de cette saga :

Pour les autres, résumé : j’ai un truc collé à ma chaussure comme une bernacle électronique à un rocher mouvant, et ce truc (un accéléromètre, terme marketing pour désigner un bête podomètre) mesure la distance parcourue. Mais il n’est pas bien étalonné, ou bien, plus probable, je ne suis plus un étalon. (silence appréciateur).
Je m’entraîne avec ce truc depuis un an et demi. Au début, avec les paramètres d’usine, soit un coefficient de 1.0, qui signifie (je crois) « une foulée mesurée par l’accéléromètre correspond à un mètre effectivement parcouru dans le monde réel« .
A l’occasion du semi-marathon de Paris, je me rends compte que les 21,1 km effectivement courus ont été mesurés en 21,88 km par le dit accéléromètre. La précision est discutable : je réajuste alors le coefficient interne du bouzin, passant de 1.0 à 21,1/21,88 = 0,9644, et je reprends l’entraînement, confiant.
Las, au marathon de Madrid, les 42,195 km (avérés, ô combien) deviennent 40,590 km mesurés. Soit, recalcul, un coefficient de 1,0395.
Enfin, au fond du pays basque, j’ai déniché une piste d’athlétisme, de 200m de long. J’ai donc recalibré le truc sur 1 km parcouru, en lui disant « là, tu vois, je vais courir 1 km ». Coefficient = 0,787.

En attendant le prochain re-calibrage, inéluctable, une idée : depuis que j’ai recalibré l’accéléromètre à 0,787 :

  • La mesure de la distance est correcte (j’ai refait un tour de piste, qui s’est terminé à 200 m mesurés pile poil)
  • Ma vitesse a baissé – tu m’étonnes, la mesure de la distance est plus faible. Ou comment se déprimer avec de l’électronique.

Ultime test, si j’ai le temps : une piste pas loin de chez moi, dans un quartier chelou, pour voir si l’architecte qui a perçu des pots de vin réalisé les travaux du stade a bien fait une piste de 400 m comme indiqué sur le site de la ville. Si ce n’est pas le cas, ce sera une double-déconvenue : j’ai un accéléromètre cyclothymique, et mes impôts locaux sont mal employés.

2 mois

2 mois que je n’avais pas couru, en fait depuis le Marathon de Madrid et ses séquelles psychologiques.

Deux mois, et beaucoup de choses à éliminer. Ce matin, à la fraîche, gros cafouillages : pneus à gonfler, clés d’antivol à retrouver, iPod à caser dans ma ceinture… En même temps, pour la tenue de course, pas de coinçage : je suis comme le Hibou dans Les Gardiens, avec toutes mes affaires soigneusement rangées, à prendre la poussière dans un sous-sol qui abrite mes rêves passés.
55 minutes à dépoussiérer mes rêves, c’est un début.

Discussion dans mon corps, après le marathon

– Allez, plus vite que ça, les globules, on aura jamais terminé sinon…
– Ouais, on y va, mais alors, on ne sait plus où donner de la tête !
– Mais dépêchez-vous : vous voyez pas que ça s’écroule, là ? Allez, colmatez-moi ça !
– Mais ça va pas être beau, Chef…
– On s’en fout, que ça soit pas beau, vous croyez qu’on a le temps de faire du beau ? Vite, viiiiite, ça va nous tomber sur la gueule !
– Oh ça va, hein, j’ai pas dix bras non plus…
– Chef ?
– Ouais ?
– Qu’est-ce qu’on fait de cet organe ?
– Mais qu’est-ce que c’était, à l’origine ?!
– Ben, on sait pas, il est dans un sale état, on reconnait plus bien…
– Pfff, y a rien à rattraper, balancez-moi ça dans la vessie, ni vu ni connu.
– Ok, à la une, à la deux, à la trois ! (splaouf)
– Et ces tisssus, là, pourquoi ils sont encore tous violets ? (quelle odeur, mon dieu !). Ho, je te cause ! Pourquoi tissus encore nécrosés, 4 jours après La Grande Catastrophe ?
– Ben Chef, il a pas mal de cours actuellement, alors il est tout le temps debout (et y a pas beaucoup de strapontins libres dans le métro…)
– Mais il est cinglé ! Cin-glé ! Moi je vais rendre mon tablier, hein ! Demandez au cerveau ce qu’il fait pendant ce temps, j’ai l’impression qu’il est encore réveillé.
– Il a rangé tous ses papiers administratifs, et là, il écrit pour son blog en mangeant du chocolat blanc.
– Y a encore le foie qui va brâmer, tiens. Bon allez, rideau, envoyez-lui quelques hormones du sommeil, qu’on puisse bosser tranquilles…
– C’est parti, j’ai envoyé Samantha, Ambre et Maëva.

RIDEAU

Surhumain

Voici donc mon commentaire sur les 42,2 km du Marathon de Madrid. Il est tard, et j’ai déjà commenté abondamment mon Marathon de Paris d’il y a un an, et mes quelques semi-marathons. J’aurais donc un sentiment de redite, si je reprenais tout par le menu. Or, le but est de raisonner en différentiel : qu’ai-je appris ? (ou : qu’y avait-il à retenir ?)

J’ai appris que le Marathon de Madrid est un marathon très dur, à cause de son parcours très en relief. Je ne savais pas que Madrid est la plus haute ville d’Europe (750m, d’après un de mes collègues), ce qui explique de fortes différences de relief. Nommément, +/- 80 m sur le parcours. Cela peut paraître anecdotique, 80 m sur 42 200 m de distance, mais le côté spirituel de cet exercice, c’était que l’on subissait une suite de côtes et de descentes. C’est simple, si l’on cherche non pas à durer longtemps, mais au contraire, à se cramer le plus vite possible, il y a une solution idéale : enchaîner des côtes et des descentes. J’ai testé, ça marche bien, on se crame plus vite qu’il n’en faut à une bougie pour célébrer la Pâque bouddhiste.

Je me retrouve donc, en soupirant, avec le même type de graphique de vitesse qu’il y a un an. (rappel : c’est bien quand la vitesse se maintient stable, selon une droite horizontale, c’est moins bien quand la vitesse suit une courbe qui part en fléchissant comme la tête d’un canasson fourbu. Exemple ci-dessus).

En sus de ma lassitude physique s’ajoute une lassitude morale : l’impression de retomber dans la même ornière.

Ah, et puis tant qu’à faire, parlons un peu de mon accéléromètre. J’avais recalibré la bête, qui n’était pas très précise : pour le semi de Paris, il m’affichait 21 km 880, au lieu des 21 km 100 attendus. Hop, j’avais fait ma règle de trois, et recalibré le bouzin avec un coefficient de réduction. Las, à la fin de ce marathon, il m’affichait triomphalement une distance de 40 km 590, au lieu des 42,200 officiels. Comme je doute que les hispanos aient raboté presque deux bornes au supplément infligé par la reine d’angleterre (c’est une longue histoire, lisez vos classiques), j’en déduis que ce cardio-fréquencemètre m’a estampé cette fois par défaut, donc que j’ai couru trop vite. Tu m’étonnes, dès le km 23 je trottinais tel un hamster blessé.

Je pourrais continuer la liste des horreurs, je résume :

  • des ravitaillements nombreux, mais souvent erratiques. Par exemple, pas d’eau entre le km 8 et le km 15. Par 40°, ça calme les ardeurs.
  • un soleil assassin, une boule de feu qui a décidé d’exterminer tous les neurones des chauves, et de faire blondir au fer à friser les cheveux des ibères pourtant sombres.
  • des côtes qui tuent les cuisses suivies de pentes qui tuent les mollets suivies de côtes qui tuent l’amour suivies de pentes qui donnent envie de se décapsuler les deux rotules et de les mettre dans le bac à glaçons

Les points positifs (qui l’emportent finalement) :

  • une super ambiance, rythmée par les encouragements de la foule « Venga, venga ! Animo ! » J’ai découvert à cette occasion que cela booste vraiment la motivation
  • une équipe de pom-pom girls et gogo boys spécialement affrétée pour nous, qui m’ont plusieurs fois surpris, alors que je roulais de bord en bord telle une barrique ivre, à me remettre sur les rails de mon enfer par des piaulements d’enthousiasme juvénile
  • enfin, et surtout, je n’ai pas battu mon temps prévu (4h40), certes, j’ai pris 7 mn de plus, mais tout cela mérite considération : le vainqueur de Paris fait 2h05, celui de Madrid, 2h11. Ces 6 mn sont non seulement le prix du relief (+/- 80 m), mais cela va en s’amplifiant : 6 mn de différence pour 2h de course à plus de 20 km / h, se transforment probablement en 15, 20 ou 30 mn de différence pour des temps plus longs.

Je ne vais pas essayer de me leurrer avec un temps corrigé, du genre « si le parcours avait été plat, j’aurais fait claquer un chrono », mais cela me regonfle pour le prochain marathon. Berlin, 30 septembre, c’est presque demain.
J’attends toutefois que mes semelles refroidissent, et que mes blessures intimes cicatrisent. Je vais me reposer. C’est bien parti : j’ai 20h de cours en 3 jours…