Category Archives: Courir

Parce que je le vaux bien…

Est-ce grâce au / à cause du don de Laurence D. ? Je vais, sur un coup de tête, aller courir le semi-marathon de Paris, là, ce matin. Pas prévu avant vendredi, entraînement qui part en crabe, soirée arrosée hier, et grosse déprime par ailleurs. Alors je me dis : connerie pour connerie, allons faire claquer quelques tendons, faisons souffrir quelques articulations, et puis 21 bornes, c’est rien, franchement, en voiture je fais ça en une poignée de minutes.
Le compteur est à 200 € aujourd’hui, mais donnez donnez donnez : ce matin, je vais courir aux couleurs d’Autour des Williams, syndrome génétique, maladie orpheline, bref, comme d’habitude.

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Se vaincre soi-même…

La saison d’entraînement a recommencé, avec beaucoup de rendez-vous manqués (gastro-entérite, rhume, démotivation…) et là, il faut mettre les bouchées doubles. Certains matins, comme ce matin, il faut vraiment que je me pousse à sortir du lit, enfiler toute la tenue, vérifier la température (3,8°C, misère…), embarquer toute l’électronique, les gants, le bonnet, le caleçon en poil de zébu, dégivrer le pare-brise, 15 mn de voiture, du brouillard sur la Seine…
Dur.

Donnez donnez do do-o-nnez ! (Enrico Macias)

Voici la suite du projet Mercure (historique ici et tous les billets qui en parlent là) : courir des marathons pour lever des fonds pour la recherche génétique. La prochaine étape est le Marathon de Londres, 26 avril 2009. Plus de détails sur www.5marathons.com (site qui va être totalement refondu dans… quelques heures). Merveille de la technologie : vous pouvez désormais donner en ligne, de manière sécurisée, 66% de votre don est déductible, ça veut dire que si vous donnez 30 000 euros, en fait, c’est juste -10 000 euros sur votre compte, pffff, une paille. Il suffit de cliquer sur le truc rose en dessous et de suivre les instructions pour recevoir votre reçu fiscal. Et en plus, Dieu vous aimera (voire, vous le rendra. Mais je ne sais pas s’il vous rendra 30 000 ou 10 000, ça, faut voir avec lui). C’est-y pas beau ?

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Reprise des hostilités

Après deux mois et plus de repos et d’excès gastronomiques et oenologiques, je me suis remis, péniblement, à courir la semaine dernière. Et puis il y a eu 3 jours de ski, ça fait jamais de mal. Et là, mercredi, 1h aux Buttes Chaumont avec deux collègues, et aujourd’hui, 1h seul, 20 mn échauffement, 25 mn à 5’30 » au km (dur) dont 3 mn à 5′ au km (très dur), puis retour au calme pendant 20 mn, étirements, retour, douche.
Bien cassé, ce soir.

Marathon d’Athènes – la course revisitée

Hier, je voulais annoncer les résultats de mon marathon d’Athènes, et j’ai déjà pris pas mal de temps. Du coup, je suis passé à côté de l’aspect « vécu », comme je l’avais traité par exemple pour Madrid, Berlin ou Turin.
C’est ce que je vais faire dans ce thibillet, qui me sert beaucoup plus de point d’étape personnel que de dazibao à destination de la communauté. Néanmoins, ceux qui veulent, restez, on va se pousser sur les coussins.

Chœur antique : tout commence par le projet d’un ami, Laurent, qui fait partie, comme moi et beaucoup d’autres, du projet 5 marathons sur 5 campus. Un jour, probablement pendant un jogging commun, il me dit comme ça « il y a quand même un marathon mythique que j’aimerais courir, c’est celui d’Athènes, c’est-à-dire le marathon originel, qui part de la ville de Marathon. » A l’époque, j’avais dû dire un truc du genre « T’es louf, t’en as pas marre de te faire péter les rotules ? Maso, va ! » Et puis le temps a passé, et un jour je lui ai dit « Où tu iras, je te suivrai ».
Nous voilà donc partis à 5 : un couple maudit, un satyre, Laurent et votre serviteur. Ou comme le dit Laurent : Madame Invisible, Monsieur Elastique, La Chose, La Torche et Doc Fatalis (les amateurs auront reconnu les 4 fantastiques et un de leurs arch-ennemis).

Le matin avant le marathon

  • Réveil 5h (heure locale, soit 4h heure de Paris), Laurent et moi secouons La Chose, mais rien à faire : il est sorti en boite jusqu’à 3h du matin, les bouteilles de champagne ont coulé à flots, il déclare forfait (il n’était pas chaud de toute façon, lui il était venu pour être avec nous et rigoler, le reste, souffrir, avec l’intérieur des cuisses qui irrite, très peu pour lui…). Nous nous préparons donc en le bâchant abondamment, et en ingurgitant des trucs immondes (bananes, biscuits aux céréales à goût d’aggloméré, eau plate). Tenue sobre mais élégante : maillot bleu nuit aux couleurs des Williams, chaussures Spira, et toute l’électronique qui va bien (cardio-fréquencemètre, accéléromètre, walkman, casque spécial course) + une petite pochette où mettre nos gels au glucose.
  • 6h, nous quittons l’hôtel habillés de nos coupe-vents en caoutchouc, les poches remplies de nourriture, boisson, appareil-photo, huile de massage, pastilles pour la gorge… Il fait nuit, nous sommes dimanche à peine à l’aube, et pourtant la mini-chapelle en face de l’hôtel est déjà ouverte et les fidèles chantent la messe. Cette vision me fait chaud au coeur, pour un peu, je me faufilerais à l’intérieur. Mais la Route nous attend, alors nous remontons vers Syntagma Square.
  • Nous retrouvons Jorge (Monsieur Elastique) à l’arrêt de tramway, et il nous emmène dans un petit tour non prévu : on va trop loin, on reprend un tram dans l’autre sens, bref, on passe le temps agréablement (que faire d’autre en pleine nuit au milieu d’Athènes ?).
  • Nous arrivons au Stade Olympique, celui qui a été bâti pour les jeux de 1896, des superbes gradins en marbre ouverts sur l’avenue. Nous ne sommes pas seuls : des chiens errants qui se battent, des coureurs encapuchonnés, des organisateurs qui font maneuvrer les bus dans la nuit bleue et froide.
  • 6h30, Nous embarquons dans un des bus, et comme tous les autres coureurs, nous nous endormons vite, engoncés dans nos coupe-vents.
  • Nous émergeons plus tard, le soleil se lève, il est temps de prendre quelques bananes et de se frictionner les jambes avec de l’huile de massage.
  • Arrivée vers 7h30… pour un départ à 9h 🙁
  • Il fait froid, on se caille dans le vent, même en se mettant au soleil. Quand nous allons enfin vers la ligne de départ, nous nous rendons compte de notre erreur : la majorité était restée sur le parking, comme nous, tandis qu’une minorité s’était avancée jusqu’à la zone de départ, là où l’on était bien mieux protégé du vent.

Le marathon

  • Nous sommes 4 500, c’est un petit marathon, et comme nous étions en train de nous cailler, nous arrivons parmi les premiers dans le peloton groupé à la ligne de départ. Même dans ce peloton, on a froid et on sent le vent. Heureusement, le temps passe vite, on écoute vaguement le speaker et c’est le départ.
  • Laurent nous quitte vite pour aller essayer de battre son record, je reste avec Jorge pendant quelques kilomètres, puis quand il accélère, je le laisse partir, me cantonant à mes 6′ au kilomètre qui sont la garantie de ma survie.
  • Le soleil commence à chauffer un peu l’asphalte, il est tôt mais quelques petites vieilles grecques nous encouragent depuis le bord de la route.
  • Le parcours n’est pas très joli : c’est une Nationale bordée d’immeubles bas, de stations services, avec quelques trouées vers la verdure. Mais il faut imaginer ce qu’il y a derrière, et laisser porter le regard : il y a des rochers, des pins, nous sommes souvent encadrés par des collines. La végétation est composée de pins, mais le plus souvent, ce sont des buissons, des épineux. J’imagine Phidippidès qui courait là-dedans, suivant des sentiers poudreux dans la chaleur de midi, s’égratignant, grimpant des talus, dévalant des pentes sableuses, l’oeil fixé vers son objectif lointain. 
  • Les 6-7 premiers kilomètres me servent à caler l’allure, je vais un peu vite (5’45 »), je réduis l’allure.
  • Vers le KM 7, première méchante surprise : le parcours était prétendument plat jusqu’au KM 18, eh ben non, ça monte dès le 7. Mauvaise surprise, vraiment, parce que j’avais prévu 12 km de côte (ce qui n’est déjà pas une sinécure), et non pas 25 km…
  • Alternance de montées, de petites descentes, de plats : rien pour caler une allure, je commence à m’inquiéter pour mes réserves de glycogène. Heureusement, à un ravitaillement, ils distribuent des gels au glucose, j’en prends un, ça me fera donc un total de 7 gels, que je vais prendre comme suit : KM 10, 15, 20, 25, 30, 35, 40.
  • Quelques scènes pittoresques :
    • Un vieux chypriote (en tout cas, il a un maillot marqué Cyprus) court pieds nus, les chaussures à la main ;
    • Trois petits chiots sont au milieu de la route, posés sur leur arrière-train, et les coureurs les évitent à la dernière minute. Ils ont l’air tout perdus, alors une coureuse s’arrête, les porte sur le bord de la route, et repart.
  • Les ravitaillements en eau sont postés tous les 2,5 km (un luxe !) et je bois à chacun, mais sans m’arrêter de courir. Habituellement, je marche à chaque ravitaillement, mais là, je ne le fais qu’à partir du KM 30. 

  • Je prends toujours le même plaisir à détourner ma course pour aller taper dans les mains des enfants sur le côté, ça me regonfle à chaque fois.
  • A partir du semi (21,1 km), je coiffe le casque du walkman et je lance la musique. Clapton, Chris de Burgh, JJ Cale, Seal, Springsteen, la BO de Rocky, tout est bon.
  • La côte de 12 km est longue, sous le soleil, et je suis la voie de la raison plutôt que celle de la performance : on m’avait conseillé de prendre 15-20 secondes de plus par kilomètre quand j’étais en montée, mais là, je suis plutôt à prendre 40-50 secondes de plus. Tant pis, je préfère mille fois faire un moins bon temps plutôt que de revivre les fins infernales de Turin ou Madrid.
  • J’arrive au KM 31,5 avec soulagement : c’est la fin de la grande côte, à partir de là ça descend. Je sais que les kms qui restent ne permettront pas de compenser le temps que j’ai abandonné dans la côte, mais je ne vais pas chercher la rapidité à tout prix, mes jambes me font mal, et il y a encore 10 km.
  • Je me focalise sur les 3 mètres de macadam devant moi, et je ne regarde rien d’autre. Le walkman me distille ses morceaux, je prends tout, j’ai des très bon moments sur certaines musiques. J’en viens à ne pas voir certaines bornes kilométriques, et à découvrir, à la borne suivante, que je suis plus avancé que je ne pensais.

L’arrivée

  • KM 40, dernier gel, il y a un peu plus de foule, mais ce n’est pas l’ambiance survoltée de Madrid.
  • KM 41, nous tournons à gauche et descendons une longue avenue qui longe le parc, il y a des arches gonflables sous lesquelles nous passons, la rue descend, le rythme est bon, j’enlève mon casque de walkman et coupe la musique, je veux vivre cela à plein. 
  • Cela tourne encore à gauche, la route n’est plus qu’un entonnoir, il y a de la foule de chaque côté, pour un peu, les coureurs se cogneraient les uns aux autres. Des barrières de métal, de la foule, des coureurs devant, et soudain.
  • Le stade. Immensité de marbre, gradins peuplés, vers lesquels nous débouchons en accélérant. Je crie « Phidippidès, Phidippidès ! » à la foule sur les côtés.
  • La piste du stade, dernière ligne droite. J’allonge la foulée, ce n’est pas un sprint époumonné, c’est une course de plus en plus grande amplitude, sans essouflement, au contraire, avec un souffle profond. Devant moi, deux coureurs, avec la même tenue, courent côte à côte, leurs poignets liés par une cordelette : j’ai déjà vu cela plusieurs fois, cela veut dire que l’un des deux est aveugle et que l’autre lui sert de guide sur toute la distance.
  • Je ne les dépasse pas, ils ont accéléré aussi, et je n’ai pas envie de leur griller leur victoire. Je continue à accélérer avec ampleur, eux aussi, la ligne arrive, je lève les bras, et je passe la ligne en criant « Phidippidès ! », mon cri de guerre,  mon exutoire.

    (regardez la vidéo là, on me voit et on m’entend).
  • C’est fait, pour la sixième fois, je suis marathonien, et pour la première fois, je reviens de Marathon.

Nenikamen !

(nous avons gagné, en grec antique).

Voici donc quelques éléments de mon Marathon d’Athènes, de la ville de Marathon au stade olympique d’Athènes, ce 9 novembre 2008.
Mon temps : 4h 23′ 08″, ce qui en fait mon deuxième meilleur temps sur la distance. Mais apportons quelques précisions :

  • Mon meilleur temps (4h 18′) a eu lieu à Berlin, qui est un marathon plat comme une limande. Le meilleur temps à Berlin est de 2h 04′ (record du monde).
  • A Athènes, le record est de 2h 12′, ce qui démontre bien que c’est un marathon bien raviné. 
  • En première analyse : les champions mettent 8 minutes de plus pour courir le marathon d’Athènes, j’ai juste mis 5 minutes de plus qu’à Berlin, yo.
  •  Si l’on compare ce qui est comparable, on peut prendre un autre marathon où les champions terminent en 2h 12′ : Madrid. J’ai couru Madrid en 4h 47′.
  • En deuxième analyse, j’ai donc gagné 24 minutes par rapport à une distance de même difficulté. YES !

Une bonne gestion de la course

Résolu à ne plus retomber dans les ornières de Madrid ou Turin, j’avais décidé de gérer toute côte avec énormément de circonspection : ralentir pour ne pas brûler mon précieux glycogène, maintenir une fréquence cardiaque constante, quitte à perdre un peu de temps. La leçon avait été amère, et bien digérée : ne pas réduire sa vitesse en côte, tout ça pour gagner quelques dizaines de secondes au kilomètre, conduit très souvent à exploser en vol et à terminer en souffrance sur les derniers 15-20 km, en perdant… des dizaines de minutes.
Je visais à maintenir une vitesse moyenne de 6 minutes au km (soit pile-poil 10 km / h), mais en adaptant cette vitesse en fonction des côtes. Hélas, Marathon-Athènes, c’est sur le papier :

  • 18 km de plat, puis
  • 13 km de côte, puis
  • 11 km de descente

Ce qui en fait le marathon à la côte la plus longue au monde. En réalité, c’était encore pire : il n’y a guère que 7 km de plat au début avant que des petites côtes, des côtelettes quoi, ne commencent à perturber le jeu. La gestion de la course a donc été extrêmement compliquée, et angoissante. Comme on le voit sur le graphique, j’ai réduit ma vitesse dans les côtes, jusqu’à ce qu’enfin la montée s’arrête, mais on était déjà au Km 32…
Ce que j’ai abandonné vite (et sans trop de regrets) : la volonté de maintenir 6 minutes au km. J’ai préféré ralentir fortement pour m’économiser.
Ce que j’ai gagné : je n’ai pas eu de mur. Ni au km 26 (comme à Paris) ni au 23 (comme à Turin ou Madrid). Bref, une bonne récompense.

En résumé : un superbe soleil, un parcours dur, mais exaltant, sur les traces de Phidippidès, assez peu de monde pour encourager les coureurs, mais l’arrivée finale au stade olympique (celui qui a été bâti en 1896) était un grand moment de ma vie de marathonien.
Je soigne mes courbatures, et je repars bientôt pour Londres (avril 2009)…

Et c’est là que les athéniens s’atteignirent…

Athenes Demain matin, 4h30, je quitte mon lit (david) douillet pour aller me faire voir chez les Grecs. Pour préparer ce marathon mythique (celui de la Bataille de Marathon), je reprends ma check-list du Marathon de Madrid et je l’amende (majorée).

Avant de partir pour Athènes :

  • Billets d’avion (ou références si billets électroniques), coordonnées de l’hôtel + retro-planning pour le retour – check
  • Réserver le taxi – check
  • Passeport  – check
  • Strepsils et pastilles pour la gorge pour mon extinction de voix – check
  • Mouchoirs en papiers + Fervex pour mon rhume Mucomyst ! – check
  • Playlist pour le lecteur MP3 – pas changée
  • Téléphone rechargé – check
  • Boules quiès pour l’hôtel + masque – check
  • Ibuprofène Aspirine + huile de massage à l’arnica  – check
  • Mon carnet de notes et de croquis – check
  • Mon carnet de pouèmes – non
  • Lunettas de soleillos ? non
  • carte européenne d’assurance-maladie – check
  • recommander mon âme à Dieu – plus tard, coco…
  • prendre le petit coeur en bois que je n’emporte pas assez souvent – check

Nécessaire pour le jour de la course :

  • Réveil matin – check (en fait, c’est ma montre à alarme vibreur)
  • Faire des courses (alimentaires) à Athènes pour petit-déjeuner
  • Short moule-à-gaufres – check
  • T-shirt respirant bleu-du-site-web aux couleurs de l’école (et propre!) – check
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) – check
  • Brassard pour mettre les gels pendant la course – check
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons !! – check
  • Crème pour les pieds et les parties délicates (Nok) – check
  • 5 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 – apportées par mon cothurne (joke !)
  • 4 épingles de sureté pour le dossard – check
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre – check
  • Lecteur MP3 + écouteurs Sennheiser qui vont bien ! – check
  • Chargeur + piles – check
  • Sac poubelle pour m’enrober avant la course (super pour la motivation, « je suis une ordure, un résidu, un déchet »), éventuellement vêtements pour la pluie – check
  • Vêtements + petit sac à laisser au vestiaire, pour la caillante dans la Plaine de Marathon avant le départ – check

Conseils pour avant la course :

  • Boire beaucoup (de l’eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) – thé vert, eau, pastis sans alcool 🙁
  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d’autres sucres lents) – check
  • Faire le régime dissocié scandinave – check
  • Ne pas boire d’alcool (quelques semaines avant ?) – hum, hum
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes – neverending
  • Jeter un œil au relief de la course, et réfléchir – pas eu le temps
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono – c’est fait
  • Me coucher avec un bon livre sur le Zen, ou des poésies – l’art de la guerre, de sun tzu
  • Bien dormir – j’ai déjà pas mal de retard…
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant

Retour mardi dans la journée, pas de connexion d’ici là.

20 km à pied, ça use, ça use…

Hier, je courais donc les 20 km de Paris. C’était, pour rappel, ma première course officielle après mon entorse du mois d’août. Une course test pour la préparation (cahotique) du Marathon d’Athènes, le marathon des origines.

  • 20′ d’échauffement sur les premiers kilomètres, puis à 19’38 », je suis passé à la vitesse que je visais : 5’30 » au kilomètre, en espérant tenir cette vitesse sur toute la distance.
  • Bonne nouvelle : je l’ai tenue. J’ai fini en 1h53’23 », ce qui est mon meilleur temps sur les 20 km de Paris (1h58 en 2003, 1h57 en 2005).
  • Moins bonne nouvelle : je ne peux pas tenir cette vitesse sur un marathon. J’ai bien senti, dans les jambes, que j’arriverais au Km 20. Peut-être, s’il avait fallu, j’aurais encore couru jusqu’au semi (21,1 km), mais c’était vraiment le maximum. Cela signifie donc que sur un marathon, je dois viser une vitesse plus lente, mais régulière (c’est tout le problème).
  • Mauvaise nouvelle (encore que, c’est pas dramatique) : c’est la première fois que j’ai autant souffert du peloton. Il faut dire, pour faire la photo, on avait attendu la dernière minute. Résultat : je me suis retrouvé tout en queue de peloton. Ce qui n’est pas dramatique, sauf que : j’ai passé mon temps à zig-zaguer. Et ça a été encore plus dur à partir du moment où je suis parti à 5’30 » au km. Il y aurait des papiers scientifiques à écrire sur la dynamique d’une foule en mouvement. Contentons-nous de quelques observations :
    • les rues de Paris peuvent être très étroites quand 2 000 coureurs s’y engouffrent en même temps (nous étions 30 000 au total)
    • il y a eu plusieurs moments où le peloton a été obligé de s’arrêter et marcher, jusqu’à ce que ça déroule à nouveau
    • ce n’est guère qu’à partir du Km 15 que j’ai pu courir un peu librement, et encore, j’ai continué à zig-zaguer, monter sur les trottoirs, me faufiler, attendre derrière des groupes, bref, ronger mon frein.
    • Au final, ça ne changerait probablement pas grand chose à mon temps : des années de course m’ont appris que tout ça se joue à quelques poignées de secondes. Mais je suis sûr que j’aurais eu une plus grande tranquillité d’esprit.

Maintenant, nous sommes à 4 semaines du Marathon d’Athènes. Je pars avec une bonne sensation (j’ai fait mon meilleur temps, ever, sur les 20 km de Paris) et une angoisse (je ne suis pas assez entraîné pour un marathon, because entorse). Comme d’habitude, parce que je ne me changerai pas, la bonne sensation l’emporte : je vais m’aligner sur la ligne de départ, et on verra bien. D’ici là, ça va représenter quelques réveils dans la nuit, pour aller enquiller des kilomètres.
Première fois que je fais ça de ma vie (mettre un réveil sur 6h du matin, m’habiller dans la nuit en baillant, partir sur du macadam dans des rues désertes). Sensation amusante.

Alive and kicking

Suite à mon entorse, à mes inscriptions à des compétitions, et à la déprime subséquente, je suis allé voir un podologue et un rebouteux (en attendant le médecin du sport, mon 3ème rendez-vous).
Le podologue m’a rassuré intellectuellement, mais le rebouteux m’a remis sur pied physiquement.
La question ne serait pas « pourquoi ai-je pris des rendez-vous chez un podologue, un rebouteux et un médecin tout à la fois? », parce que la réponse est simple : diversification et paiement de primes de risque pour me couvrir.
La question est : quand un diplômé me rassure sur la théorie, tandis qu’un autodidacte non-reconnu officiellement me guérit en pratique, puis-je continuer à former des élites intellectuelles, et à les diplômer ? 😉
(en fait, le podologue a fait un bon diagnostic, et sa prescription aura des effets à plus long terme, mais indéniablement efficaces)(mais le rebouteux fumeur de Gauloises m’a clairement remis d’aplomb)

Petite entorse aux bonnes résolutions

27 juillet : 19,5 km courus en 2h17 (la montée à Conca)
29 juillet : 12 km en 1h19
31 juillet : 10 km en 1h05
2 août : 18,5 km en 2h15 (la montée à Conca)
5 août : 11 km en 1h08
7 août : 11,2 km en 1h10
11 août : 18,2 km en 1h56 (terrain plat, Bretagne)
13 août : 1,9 km en 14 minutes, puis entorse (sacrées racines de l’île de Berder !).
14 août : consultation médicale, puis repos.
15 août-30 août : repos, bande velpeau, pas de pot.
mi-septembre : Paris-Versailles (?)
mi-octobre : 20 km de Paris (?)
mi-novembre : Marathon d’Athènes.

Petite consolation : depuis le 16 janvier 2006, j’ai fait 110 courses, pour un total de 238h, ou encore 1 185 km, le tout sans blessure… jusqu’à hier.

On refait la course : le negative split négatif, et le RDS positif

Au sujet du Marathon de Turin, vous avez été nombreux (au moins deux) à me demander : « Mais enfin donc, peste boufre, qu’est-ce qui explique cette contre-performance manifeste avec une telle préparation d’athlète surdimensionné ?! »
Je me suis posé la même question, car de temps en temps, je pense.
Et j’ai consulté les oracles : quelques coureurs aguerris, et Google, qui ne court pas beaucoup, mais qui bouffe de l’info sans discernement (donc méfiance).
Voici les résultats de mes investigations :

  • Le negative split, que j’ai pourtant essayé d’atteindre plusieurs fois, n’est pas recommandé en marathon. Les avis sont assez unanimes : « si tu essaies de courir à 6’20 » au kilomètre pendant 20 bornes, puis que tu passes brutalement à 5’40 » au kilomètre, ton corps il va pas aimer ». Car le corps aime la régularité, surtout sur 42 km (et 195 mètres, ne les oublions pas).
  • Le conseil est de courir à la même allure pendant toute la durée de l’épreuve, tout en écoutant son corps. Qui ça ? Mon corps ? Ah oui, cette machine électrique à laquelle j’envoie des signaux codés ? Non, coco, le siège de ton âme, la porte ouverte sur l’extérieur, le rideau qui se gonfle sous la respiration du Tao.
  • L’erreur, fatale à plus d’un coureur de ce marathon très particulier, a été de maintenir la vitesse de course dans la côte. Nous avons été plusieurs à avaler la côte sans difficulté, avec un grand sentiment de puissance. Nous sommes tous arrivés en haut en étant extrêmement contents… alors même que, sans le savoir, nous avions brûlé notre précieuse énergie (le glycogène) dans cette montée. Le conseil est donc : en côte, ralentir son allure. De combien, mon général ? Deux réponses :
    • En ajoutant 15-20 secondes au kilomètre. Donc pour moi, il aurait fallu monter la côte à 5’40 » + 20″ =  6’00 » au km, au lieu de faire le cacou devant Joce, Arnaud et Mathieu.
    • En maintenant la fréquence cardiaque au même rythme que sur du plat, c’est-à-dire raccourcir la foulée, respirer, et tant pis pour la vitesse.
  • Le but est finalement de repousser « le mur », ce moment où on n’a plus rien dans les jambes. Pour quantité de coureurs, ce mur apparaît au km 30, ce qui fait dire à Pierre, gourou aux 40 marathons : « la course commence au km 30 ». Or, ce qui fait que le mur apparaît, plus ou moins tôt (pour votre serviteur, km 26 à Paris, km 23 à Madrid, km 29 à Turin), c’est l’épuisement du glycogène. Donc, petit cours, et merci à Housni pour ces bons conseils :
    • Le glycogène, c’est le carburant des muscles. Il est constitué de sucres stockés dans les muscles et le foie. Pour un être humain normal, il y a 400 grammes de glycogène stockés.
    • Mais avec une préparation particulière (le RDS, Régime Dissocié Scandinave) uniquement réservée aux marathoniens, et pas plus de deux fois par an, on peut faire passer ce stock de 400 grammes à 1 kg. Et donc, on peut repousser « le mur ».
    • Le principe est d’affamer le corps en glycogène, de telle sorte que le foie cherche à stocker de manière surcompensée après coup. Les étapes sont les suivantes (pour un marathon à courir le dimanche matin) :
      • Le dimanche précédent, dernier repas normal.
      • A partir du lundi, 3 jours de régime sans sucres : pas de sucres lents, mais uniquement des aliments sans sucres : protéines, fromages (génial : zéro glucides). Donc on proscrit : pain, riz, pâtes, pommes de terre.
      • Jeudi matin, il faut vider les dernière réserves de glycogène, donc 40 mn de footing pour vider le réservoir. Et après, petit déjeuner normal : pain, confiture, sans se gaver.
      • Le foie est total sevré, et il cherche sa dope comme un malade. Pendant 8 heures, il va chercher à surcompenser. Donc le jeudi midi : grosse bouffe de pâtes, pain complet, un truc à se faire péter la sous-ventrière. Le foie est gavé, et on se sent comme une oie dans le Périgord. Normalement, on a 1kg de glycogène qui a été stocké par ce trouillard de foie.
      • Les autres repas doivent être normaux (pas de gavage), mais uniquement orientés en sucres lents. Pas de viandes grasses, juste 100-150g de protéines par repas, pour maintenir la qualité des muscles : jambon blanc, poitrine de dinde, carton bouilli, polystyrène.
      • Plus de footing, de l’eau toujours, et des pensées positives.

Voilà, il ne reste plus qu’à appliquer ces conseils.
C’est un état d’esprit étonnant. Ce marathon a réellement été très dur, et pourtant, j’en sors très détendu parce que j’ai compris mes erreurs. Laurent me dit qu’il aimerait courir un marathon à l’automne, avant Londres dans un an, et je suis prêt à le suivre.
Ce projet, c’est un peu plus que des courses. C’est un groupe, une vraie équipe, ce sont des fonds qui sont levés pour une bonne cause, ce sont des heures de bénévolat. Ce sont des grands moments.

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort

Voici donc le compte-rendu de mon Marathon de Turin.

Avant la course 

Dimanche matin, réveil 6h15, Laurent (mon coturne à l’hôtel) fait son yoga pendant que je lis quelques poèmes de Bashô et que je respire. Petit déjeuner vers 6h45, du jambon, des céréales, un thé, puis on remonte se préparer. Crème pour les pieds et les jambes, pansements sur les tétons, piles de rechange (pour walkman et podomètre), gels de glucose.

Nous arrivons au rendez-vous sur la Piazza San Carlo avec 10 minutes d’avance. Nos camarades arrivent un peu plus tard, nous en avons profité pour nous mettre au soleil, il fait super beau, ciel bleu, mais encore frais : +8°C. On nous promet que ça va taper plus tard dans la matinée. Nous prenons une photo tous ensemble puis direction la ligne de départ. C’est un tout petit marathon, en nombre de coureurs : 2 200 dans le peloton de départ, ce n’est rien à côté des 40 000 du Marathon de Paris. Du coup, c’est une ambiance plus détendue, il fait beau, une jeune fille qui chante faux nous assène l’hymne italien, et c’est parti, il est 9h20.

Km 0 à 10 – confiance et beauté

C’est d’abord une avenue, puis une longue place pavée avec de longues pierres plates, nous courons au milieu des rails de tramway, la ville est à nous. Virage à droite, et nous continuons le long du Pô, là où je m’entraînais il y a un an pour préparer le Marathon de Madrid. La route devient une 4 voies dans une banlieue urbaine, des immeubles glacés, très peu de public, nous sommes seuls. Et c’est là un des premiers plaisirs de ce marathon : à 2 200 répartis sur plusieurs kilomètres, nous ne sommes pas dans le coude-à-coude d’un peloton, chacun a beaucoup d’espace devant lui et sur les côtés, chacun court pour soi. Du soleil, une route presque vide, quelques passants. Je maintiens parfaitement mon rythme de 6’10 » au kilomètre, rythme que je dois tenir sur les 21 premiers kilomètres avant d’accélérer dans la seconde moitié du marathon. Jocelyne, avec qui je cours, me distance progressivement, je reste en arrière, à mon rythme. Et puis, vers le km 10, nous passons en pleine campagne. Des champs de blé en herbe, des parcelles labourées, la tache jaune d’un champ de colza au loin. Nous sommes sur la route vers Orbassano, et rien n’indique que nous venons de quitter une ville.

Au-dessus d’une parcelle de blé en herbe, une hirondelle fait des volutes en rase-mottes, en rase-brins, et c’est superbe de voir tant de grâce dans le soleil.

Les kilomètres se déroulent, j’ai un peu mal au jambes, une fatigue qui me plombe un peu, je ne m’en inquiète pas plus que ça, c’est après que c’est censé devenir dur. Et puis ce grand moment de beauté : après une petite montée sur une bretelle d’accès, un superbe panorama sur les Alpes enneigées. Ciel bleu, montagnes blanches et grises qui nous bouchent l’horizon, donnant un sentiment de leur puissance, mon Kilimandjaro à moi.

Je continue au milieu des champs. Nous passons au milieu de petits villages, avec leurs rues pavées et leur rigole centrale, il y a des fanfares, des passants, des enfants dont je tape la main en passant.

J’avais pris la peine de m’arrêter pour desserrer mes chaussures, mais je passe le km 20 à 2h04, c’est-à-dire pile-poil 6’10 » au km. A ce rythme, je peux faire 4h15 ou moins. Je prends mon premier gel de glucose, j’avale deux verres d’eau.

Km 21 à 27 – la côte vaincue

J’arrive au semi (21,1 km), le moment où je dois accélerer. Je mets le walkman en marche, et je tombe sur « Why Aye Man » de Mark Knopfler : le tempo idéal pour monter à ma seconde vitesse, 5’40 » au km (negative plit, cf. mes mésaventures et réflexions passées). J’accélère donc, et c’est parti à ce nouveau rythme, la route est un long ruban de bitume entre maisons de banlieue avec des champs derrière.

Le faux-plat imperceptible depuis le km 17 se transforme en côte, c’était prévu sur le relief, et je l’attaque sans réduire ma vitesse, comme c’était prévu : après tout, après le km 27, ça descendra, et tout sera plus facile. Je repère Joce avec les ballons du meneur d’allure pour 4h15, je grignote insensiblement la distance, et je la passe, je lui souhaite bon courage, puis je continue à mon rythme. Il fait chaud, le soleil tape, je n’ai plus froid et je sens que je vais avoir des coups de soleil. La pente est longue, je m’accroche, je perds souvent le rythme mais je remonte toujours pour me maintenir à une vitesse de 5’40 ».

Vers le haut de la côte, avant d’entrer dans le village de Rivoli, je rattrape Matthieu et Arnaud. On s’échange une poignée de main, je les passe, tandis que résone dans mon casque la musique de  » Legend of Zenda « . Grand moment d’exaltation et de puissance, j’aime ma foulée, j’aime ma vitesse, et je sais que le haut de la côte n’est plus loin. Au km 27, je vois en effet la fin de la côte, un virage à gauche, désormais c’est censé descendre jusqu’à l’arrivée, je pense que rien ne peut m’arriver.

Km 29 – les ennuis commencent…

Au km 29, je sens des douleurs dans le ventre, j’ai le torse et le ventre glacés, j’ai peur d’avoir une colique. Je décide de ne rien forcer, j’ai mal, donc je m’arrête à un café et demande la permission d’utiliser les toilettes. Ils acceptent, mais Argh ! Ce sont des chiottes à la turque ! De fait, je me contente de pisser, fausse alerte, et j’ai dû perdre à peine quelques minutes. Retour sur la route, cela va mieux… pour 200 mètres. Je sens que je suis fatigué, je ralentis insensiblement, j’essaie de maintenir le rythme, mais cela devient de plus en plus dur : je passe à 5’50 », puis 6’00″… J’arrive au ravitaillement du km 30, je prends mon deuxième gel de glucose, deux verres d’eau, et je repars. Nous sommes revenus dans la ville, ce sont des longues avenues très larges, avec personne sur les côtés, il y a quelques badauds aux carrefours, mais on a l’impression de courir sans en voir la fin. J’essaie de balancer les bras pour pistonner ma course, je me focalise sur la musique ( » Violet  » de Seal m’apaise et me relance), mais je sens le coup de pompe qui m’attaque de plus en plus. A tel point que je ne vois pas passer le km 32, celui où j’étais censé passer de 5’40 » à 5’20 » pour une nouvelle accélération dans les 10 derniers km. Là, il ne s’agit plus d’accélérer, mais uniquement d’essayer de me maintenir en-dessous des 6’10 » de ma première moitié de parcours. Très vite, je ne regarde plus ma montre : ça ne sert à rien de voir ma performance se dégrader, autant m’accrocher, essayer de faire avec, et on verra bien au final.

Les policiers continuent à arrêter les voitures aux carrefours pour nous laisser passer, parfois très lentement, j’entends des klaxons rageurs.

Km 39 – La longue marche

Un peu après le km 39, dans une petite rue vide, à côté de rails de tramway déserts, je me mets à marcher, contrairement à toutes mes promesses. Je n’en peux plus, je prends mon dernier gel au glucose. Au bout de cette rue, je suis dépassé par un petit groupe qui trotte. Un des leurs donne une petite claque d’encouragement sur l’épaule d’un marcheur devant moi, je prends cet encouragement pour moi et me remet à trotter en douleur. J’arrive sur une grande avenue, au loin je vois le ravitaillement du km 40. Je bois deux verres de boissons énergétiques, je mange un morceau de banane, j’arrive à courir encore quelques centaines de mètres, mais je commence à boiter.

Je continue en marchant, même comme ça j’ai mal. Arnaud me dépasse, il m’encourage, me dit quelque chose sur Matthieu que je ne comprends pas. J’alterne la marche et le trot, à ma montre cela fait 4h14 que je suis parti. A un moment, Matthieu me rejoint, il a une tache de sang au niveau du téton droit, mais il a l’air à peu près bien. Il me propose de recommencer à courir avec lui, je lui dis que je n’ai plus de jus, je le laisse partir. Quand il est à 100 mètres devant, je le rappelle, et je le rejoins en trottinant, et nous partons tous deux. Au bout de quelques centaines de mètres, je suis obligé de m’arrêter à nouveau, j’ai trop mal aux muscles intérieurs des cuisses, je lui dis de continuer, il me promet qu’il m’attendra à l’arrivée. 

Km 41 – espoir suprême, suprême pensée

Je passe le km 41, et je me dis que je dois quand même arriver en courant. Je repars pour une ultime fois. Les avenues sont vides, à part nous, pantins ivres de fatigue et de soleil. Quelques encouragements me font craquer émotionnellement plusieurs fois, je suis hypersensible, un sourire m’amène des larmes aux yeux, je me cache le visage plusieurs fois.

Soudain, un panneau bénéfique :  » Dernier kilomètre « . Je le passe, puis je vois un tournant à droite. Je débouche dans une avenue à l’ombre, il y a des passants qui traversent, qui font leurs courses, qui se promènent en ayant à peine un regard de curiosité pour ces coureurs échevelés.

Au loin, très loin, une arche gonflable, une deuxième plus loin, et à l’autre bout du monde, l’arche de la ligne d’arrivée. Au-delà, des collines de forêt. J’ai cet effet que tous les marathoniens connaissent : quelle que soit la fatigue ou la douleur, on fait la dernière ligne droite avec nos restes d’élégance désespérée.

Quelques rangées de spectateurs m’applaudissent, m’acclament, je leur souris et leur adresse des signes de la main. Et je vois Jocelyne qui m’attend, derrière la ligne, et Matthieu, Arnaud, Christian…

Je tombe dans les bras de Jocelyne, ça y est j’ai fini, en 4h 44 minutes.

SMS Turin

Pour calmer les impatients, s’il y en a : 4h44 au Marathon de Turin, mauvaise performance mais belle expérience, plus de 2000 euros levés (et c’est pas fini). Debrief plus détaillé plus tard (je rentre de Turin lundi soir).

Visualisation mentale

Voilà donc le parcours (en fait le relief) du Marathon de Turin, récupéré par un ami sur openrunner.

Une longue côte (heureusement, pas forte, mais quand même…) entre le km 10 et le km 27, et après, poh poh poh, rien du tout, 15 km en descente, ça ne fait rien, à part taper dans les cuisses (qui n’auront avalé que 27 km, dont 17 de faux-plat) 🙁

Bon, le climat devrait être ensoleillé mais frais, touchons du bois.

Qu’est-ce que j’en ai marre, de boire de l’eau, de la tisane, du thé vert…

Dimanche soir, méga-dîner gastronomique à Turin, lundi, journée off à essayer de descendre les escaliers turinois sans grimacer, lundi soir tard, retour France…

Marathon de Turin – 3ème étape des 5 marathons

Voilà un certain nombre de raisons pour lesquelles vous pourriez envisager de donner :

  • les dons vont à 100% à l’association humanitaire Autour des Williams, pour favoriser la recherche sur ce syndrome génétique
  • 60% des dons sont déductibles de votre impôt sur le revenu
  • vous nous encouragez, mes camarades coureurs et moi-même, pour ce défi
  • vous soutenez mon (éventuellement votre) école, qui s’est engagée généreusement dans ce défi sportif, collectif et humanitaire
  • vous avez la chance, comme moi, d’être né sans syndrome génétique
  • vous voulez agir
  • vous souhaitez encourager notre partenaire Spira, sympathique PME européenne qui a doté gratuitement tous les coureurs de chaussures de compétition haut de gamme

Pour faire un don, vous pouvez soit vous connecter sur le site Internet http://www.5marathons.com/ et aller à la page des coureurs, et me choisir (oui, moi, tout en bas de la page) pour faire un don en ligne (connexion sécurisée par Paypal), ou bien vous pouvez envoyer un chèque, libellé à l’ordre de « Autour des Williams », envoyé par la Poste à

Anne-Laure THOMAS
Association Autour des Williams
« 5 marathons sur 5 campus »

Dans les deux cas, l’association vous contactera pour le justificatif fiscal.

Dans la page des coureurs, vous constaterez que nous nous sommes tous fixé des défis, avec des paris à la clé. Ce système de pari n’est pas une obligation (vous pouvez verser un don libre), mais il est destiné à motiver les coureurs à faire un bon temps. Pour ma part, je ne suis pas sûr d’égaler mon meilleur temps au Marathon, soit 4h18, car Berlin était un marathon très plat. Mais je ferai au mieux !
Je vous remercie d’avance, et je posterai ici un compte-rendu détaillé de cette épreuve… après l’avoir courue 🙂