Tag Archives: Plaisir

Listes

Cela entre en double contradiction (au moins) avec mon thibillet précédent, mais je suis en train de travailler sur mon petit portable, celui que j’adore, il commence à être lent, mais je l’avais surnommé Rolls-Mops, et il l’est toujours dans mon esprit.

Mais ce n’est pas un portable que j’utilise souvent. Uniquement quand je veux me mettre au soleil, quand je ne peux pas utiliser un des deux autres ordinateurs que j’ai achetés (Lulabelle et Bombinette), ou que j’ai un lumbago.

Bref, je n’utilise pas souvent Rolls-Mops, et j’utilise encore moins souvent la barre de recherche de Yahoo! France. Mais j’utilise quotidiennement Mozilla Firefox, ce petit chéri de renard-panda rouge (j’en ai vu un en vrai) qui se faufile dans les pages web avec l’éclair ultraluminique de sa queue incandescente.
Or Firefox, le goupil susdit, garde en mémoire mes recherches passées.
Donc je retrouve là, tout de suite, en attendant que mon riz basmati soit cuit, une liste de mes précédentes requêtes sous la barre de recherche de Yahoo! France (Rappel : outil que j’utilise très rarement, sur un ordinateur que j’utilise rarement). Le résultat est là :

  1. Bodie Merton
  2. Thibierge
  3. aubenas
  4. cinéma Asnières
  5. cinéma Colombes
  6. foie de lotte
  7. minneapolis
  8. minnéapolis
  9. neige
  10. obligations

C’est pas du psychédélique, ça ? Syd Barrett, dans son paradis artificiel, doit en faire des loopings…

Et une autre liste, celle de ma dernière commande de livres sur PriceMinister :

  • Le Hameau, Jean Giono
  • Ennemonde et autres caractères, Jean Giono
  • Fragments d’un Paradis, Jean Giono (dans la délectable collection de L’imaginaire, Gallimard)
  • Bouddhisme, Taoïsme et Zen, écrit par un gars
  • Ma cheminée et moi, Herman Melville (auteur admirable, pour Moby Dick et Bartleby une intrigue à la Paul Auster et redécouvert avec Philippe Delerm, et le tragique Pour saluer Melville de Giono)

Sans parler de la dizaine de livres qui m’attend sur l’étagère « Flâneries et autres appétits » d’une de mes bibliothèques. Allez, je les vois de loin (je suis couché sur le canapé, et je ne sais pas qui je dois remercier, le Diantalvic génériqué ou le Côte du Rhône propriétaire, pour l’oubli temporaire de mon lumbago), je peux citer :

  • deux Dennis Lehane, dont Mystic River
  • un Anna Gavalda (Ensemble c’est tout)
  • un livre intitulé Désintégration sur la volonté d’un jeune beur (3ème génération ?) de ne plus s’intégrer
  • Un Philippe Delerm (Garonne)
  • Une pièce de théâtre de Marcel Pagnol (Judas)
  • un livre sur La grenouille qui ne voulait pas cuire ou un titre approchant
  • Un Stanislas Lem (L’invincible), en attendant de trouver Solaris

Les vacances sont là, le cerveau est en roue livre…

Métamorphose

Bénédiction de la douche du matin. Certes, la douche du soir, prélude à une nuit fraiche, est agréable, il fait nuit dans la salle de bain, comme dit Philippe Djian « une de ces nuits où on n’a plus qu’à boire frais, en espérant une petite brise sur le coup de trois heures du matin ».
Mais le matin… Englué, ensuqué, au radar, la tête dans le pâté et les neurones en coquillettes trop cuites. Hop, salle de bains, geste automatique vers la radio (un petit jouet que je viens de m’acheter, une radio qui marche à l’énergie solaire ou musculaire. On tourne la manivelle ici, pendant 30 secondes, et ça donne 45 mn de radio… ou bien on laisse reposer sur l’étagère pendant toute la journée, face à la fenêtre, et Phébus fait tout le boulot de recharger la batterie), et la voix sirupeuse de l’animatrice de FIP me dégouline dans les pavillons auditifs.
Puis vient l’immersion, le baptême d’eau lustrale, la renaissance. Avant : un chromosome Y pas rasé, plantigradesque, monosyllabique. Après : une lame bien affûtée, reflétant le soleil par éclats, une envie de faire des choses importantes (écrire un livre, faire avancer le Projet Phenix, embrasser les vies). Personne ne l’a jamais mieux dit que Charlélie Couture :

Enfin bref
on se réinvente une pluie
mais à la bonne température
comme des sorciers civilisés

Charlélie Couture, Envie de l’eau, in Poèmes Rock, 1975.

Et après, mon autre douche du matin, celle-là à usage interne : un expresso. Puis un deuxième. C’est bon, il y a quelqu’un dans mon cerveau, on peut commencer.