Category Archives: Romano

Magnolia Express – 3ème partie – #13

Dîner des Grands de ce Monde (3)
 
Vieux Bill continua :

– dans le parc dehors, il y a deux ou trois cahutes pour les voyageurs égarés. ça n’est point le grand luxe, mais comme vous n’êtes pas arrivés en smoking (sourire) et robes du soir (inclinaison de la tête), ça devrait aller.

Conrad, homme pratique :

– … Et pour mon pare-brise ?
– J’ai une idée. On verra demain.
– Et … pour cette nuit, dans les cahutes ?
– On verra demain. Si vous me donnez un coup de main, on pourra s’arranger facile (et en disant cela, Vieux Bill chassait l’air avec sa main, comme John Wayne dans Rio Bravo).

Après hochements de tête réciproques, Vieux Bill se leva, attrapa une lanterne de cuivre au mur, l’alluma à une des lampes à pétrole :

– Si vous voulez bien suivre le bagagiste, il va vous montrer vos suites …

Je pris le bras d’Aline façon grand seigneur, Conrad celui d’Eileen, le cortège était constitué :

– Vous remercierez vivement le propriétaire, honorable bagagiste. Vous pouvez larguer les amarres, nous sommes prêts.

Tandis que Vieux Bill et son rond de lumière nous précédaient dans la nuit, Aline me chuchota :

– C’est quand même bien tombé, non ?
– J’ai le génie de l’organisation, répondis-je.

Et la nuit nous picorait le visage de baisers frais.

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Le roman, dans l’ordre, est
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Magnolia Express – 3ème partie – #12

Pensées de Conrad
 
Bon, en virant le vieux coffre à bois (bon sang, faudra le porter à deux), on devrait dégager suffisamment d’espace pour loger un raton-laveur. Evidemment, on peut clouer les sièges au plafond, ça mettra un deuxième raton-laveur à l’aise, pas de problème. Quant aux autres…
Dormir dans le frigo ?
Y a peut être une cave ?
Bon sang de bois …

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Magnolia Express – 3ème partie – #10

Dîner des Grands de ce Monde
 
On était assis autour d’une plâtrée où l’on reconnaissait des oeufs, des pommes de terre avec du lard et du bacon, des tomates, quelques poivrons, quelques épices. Conrad avait passé un tablier rose sur lequel on pouvait lire « Embrassez la cuisinière », et il avait oublié de l’enlever en passant à table. Je l’affirme, dîner dans un navire immobile face à un plantigrade revêtu d’un tablier rose à volants était une expérience qui méritait à elle seule tout ce voyage.

– Qu’est-ce que tu regardes, Aline ?
– Tu me fais penser à une danseuse de french cancan dans un saloon.
– … ? … Bon sang de bois, j’avais oublié ce fichu tablier !

Nous étions assis autour de la table à cartes, j’avais mon assiette posée sur le Pérou, Conrad était du côté du cercle arctique, Eileen était en Norvège et toi tu pataugeais non loin du Cap Vert. Vieux Bill régnait sur l’Australie, en bout de table.
ça n’était que justice.

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Magnolia Express – 3ème partie – #9

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Call me The Breeze, par JJ Cale, sur le CD Naturally, Mercury, 1972. Le disque est en vente ici.

George et Théa
 
Vieux Bill voyait nos regards glisser sur les instruments, s’arrêter sur les figures de proue situées chacune dans un angle de la pièce, repartir le long des murs, l’obscurité se diluait, la vieille lampe à pétrole qu’il avait allumée ressemblait à un vieux fanal de navire envoyant une vieille lumière dorée dans cette vieille pièce. Vieux Bill me scruta alors que je regardais le gabier barbu :

– Mademoiselle, permettez-moi de vous présenter George.
– Enchanté George. Aline.
– Salut, boucanier. Conrad, navigateur-gazoline.
– Bonjour, George (fut la réponse timide d’Eileen).

Mais toi, tu étais tourné vers la princesse des îles :

– Bonjour Madame, as-tu dit.
– Théa, dit le vieux. C’est pour elle que George a échoué ici.
– Tu as eu raison, vieux George. ça n’est jamais bon d’être seul à terre.
– Bien dit, mon gars. Tu es marin aussi ?
– Par adoption, Vieux Bill : on pourrait me surnommer Jonah.

Il te regardait en hochant la tête, puis il se tourna vers moi :

– Comment s’appelle ton cavalier, demoiselle ?
– … On l’appelle La Brise.

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Magnolia Express – 3ème partie – #8

Cargo cabane
 
A l’intérieur, il faisait assez sombre, pas de cette obscurité qui mange tout et laisse les petits enfants frissonnants, non Monsieur, de la belle obscurité tiède, qui atténuait les reflets du cuivre (du cuivre patiné, dans cette bicoque ?), qui absorbe totalement les bois sombres (ébène, teck) et qui souligne juste les bois clairs, comme des bouées apparaissant dans la tempête. C’était un bateau, amarré à jamais, ancré au-dessus de dix mille pieds de terre, immobile, puissant, un bateau en cale sèche mais un bateau tout de même. Le vieux s’était installé dans un fauteuil à bascule en bois sombre, avec des ferrures dorées, et toute la pièce semblait rayonner autour de lui :

un compas à cardans,
un tonnelet de rhum des îles,
un compas à huile,
des marines accrochées aux murs, encadrant
deux lunettes d’approche, dont l’une avait dû servir de massue à un fier corsaire
(un peu tordue, quoi),
un sextant posé sur une table à cartes, et jouant le rôle d’un presse-papiers
une figure de proue dans un coin, taille humaine, représentant un gabier barbu
une autre figure de proue, en bois plus sombre, lui faisant vis-à-vis. Une superbe femme des îles, et (je me permets de le souligner) pas une de ces images tentatrices issue d’un cerveau masculin embrumé par l’alcool et les vices. Non Monsieur. Une reine.

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Magnolia Express – 3ème partie – #7

Vieux Bill Horseshoe (3)
 
Le vieux alla frapper à la porte : « Vieux Bill ! Y a du monde pour toi ! ». Puis il entra tout naturellement, on entendit un peu de remue-ménage, un grommellement, et un pas lourd qui s’approchait. Le même vieux ressortit sur le seuil en s’étirant et en baillant :

– Mouaaahhh … Vous m’avez réveillé, les gars.
– C’est vous, Vieux Bill Horseshoe ? a demandé Conrad.
– Eh oui, Vieux Taxi. Alors, quel est ton problème ?

Conrad passa la main dans ses cheveux et pointa dans son dos, sans se retourner. On voyait bien que ça lui faisait du mal de voir son taxi tout abîmé. Vieux Bill se haussa sur la pointe des pieds et ses yeux s’étrécirent comme s’il voyait le taxi pour la première fois. Il marmonna pour lui-même :

– Hmmm… Pare-brise … Dodge 1964
– … 63, dit Conrad, en fixant ses pieds.
– Hmmm… Faut voir. Pas facile.

On restait tous sur un pied, baignés par un rayon de lune, comme des fantômes mal rasés.

– Restez pas là, les gars, entrez manger un morceau.

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Magnolia Express – 3ème partie – #6

Vieux Bill Horseshoe (2)
 
Conrad avait garé son taxi sur le terre-plein devant, pendant que le vieux allait ranger le tracteur le long de la bicoque. A travers la clôture, on pouvait voir

des carcasses de voitures,
des réfrigérateurs,
une antenne radar,
une rangée de sièges fixés à une longue plaque de tôle,
deux baignoires en fonte,
des essieux,
des engrenages hauts comme un homme,
un petit avion sans ailes,
des miroirs avec des moulures dorées,
un fauteuil de dentiste.
Un vrai terrain de jeux, quoi.

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Magnolia Express – 3ème partie – #5

Mouvements syndicaux chez les lettres
 
Nous arrivâmes à la nuit tombée, bien tombée, ça il n’y avait pas de doute, il n’y avait plus aucune lumière sauf la lune qui brillait comme une pastille de sucre. Sur le bord de la route, loin devant, on voyait une cabane en bois et des clôtures derrière, un grand parc rempli de formes sombres, c’était peut-être un cimetière de dinosaures ou bien un parc d’attractions qu’on a démonté en attendant l’été prochain, ou encore les décors d’un vieux film que tout le monde a oublié, sauf nous.

Sur la cabane, il y avait une grande enseigne qui nous faisait face, et au fur et à mesure que nous avancions, les lettres se détachaient de l’ombre, se liaient les unes aux autres, puis des mots apparaissaient. D’abord, on avait vu un grand W jaune, puis des petites lettres rouges, puis un grand H jaune et encore des lettres rouges.

Wrgggrgml Houbloummmshctr.
 
En dessous, il y avait encore quelques mots, mais on ne voyait pas bien, et pourtant c’était en blanc, on ne pouvait pas dire qu’ils ne faisaient pas d’efforts. Dans ce pays, c’étaient visiblement les jaunes qui donnaient le ton initial, et les rouges n’avaient pas leur mot à dire, ils s’alignaient en rang serré parce qu’ils craignaient d’en prendre pour leur grade. Quant aux blancs, même s’ils étaient en-dessous, on sentait bien qu’ils faisaient bande à part, ils étaient neutres dans cette lutte de classes.
Entre-temps, les rouges avaient accédé à l’existence. On pouvait désormais lire :

William Horseshoe

et en dessous, en blanc,

vrac vrac vrac

Voilà.

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Magnolia Express – 3ème Partie – #4

Le convoi de la Rivière Sanguine
 
Le soleil, qui en avait assez fait pour la journée, se couchait dans un lit de nuages mauves parfumés à la violette. Il éclairait d’une lueur rouge-orange notre progression de pionniers. Le vieux au chapeau de paille conduisait son tracteur en fumant une pipe en maïs, et Eileen était assise à côté de lui, sur un garde-boue, elle fumait la pipe en maïs de Conrad.
Conrad ? Il était au volant du taxi, un capitaine ne quitte jamais son navire, même quand celui-ci est remorqué sur une petite route au fin fond du pays. Aline et moi étions assis sur le coffre à l’arrière, les pieds reposant sur le pare-chocs gigantesque du taxi, un pare-chocs épais en acier brillant, comme un espadon que l’on aurait pêché le matin même et qui serait trop gros pour qu’on le mette dans le coffre.
Je suis descendu et j’ai avancé, les mains dans les poches, il suffisait de marcher un peu plus rapidement que d’habitude, je suis arrivé à la hauteur de Conrad. Le soleil couchant colorait son visage, on aurait dit un acteur qui joue le rôle du Peau-Rouge mais qui a oublié de se raser, alors ça n’est plus crédible du tout.
(Parce que les vrais Peaux-Rouges sont imberbes).
 
– Ugh, boîte de conserve jaune.
– … mmmff … mboîte de conserffmm … Gaminpfff …
– Pourquoi toi avoir la figure sans sourire, homme-taxi ?

Conrad se tourna vers moi, les yeux un peu écarquillés, il ouvrit la bouche et puis s’arrêta, aucun son n’en sortait, il tourna à nouveau la tête et se remit à fixer la route devant, en soupirant. Bon. Je fis demi-tour, passai devant Aline à l’arrière, lui fis un signe au passage, puis j’allai m’asseoir à côté de Conrad tout ronchon. On entendait le taxi qui chuintait doucement, c’était un autre style de conduite, Conrad tenait le volant du bout des doigts, avec un air désabusé.
J’attendais, en humant les odeurs du soir (c’est pratique, finalement, de ne plus avoir de pare-brise). Conrad mâchonnait ruminait marmonnait, comme un bourdon neurasthénique, il était temps de lui apporter du réconfort.

– Conrad, vieux …
– Mmm.
– Est-ce que tu regrettes d’être là ? Est-ce que tu voudrais être ailleurs ?
 
Je le vis qui restait immobile, englué dans son petit cafard, et puis son regard a bougé, il a fixé le compteur du taxi, au début du voyage il l’avait allumé et nous avait dit « On va voir jusqu’où ce compteur peut aller, ça fait dix ans que je me le demande… ». Son regard a dérivé, il regardait maintenant Eileen et Vieux Bill qui lâchaient tous les deux des bouffées de fumée pensives dans l’air du soir. Silence. Puis lentement, plus lentement que la mer qui monte, j’ai vu un sourire qui se levait au coin de sa lèvre, qui s’étendait, montait, enflait comme une vague, qui se répandait sur tout son visage. Il se tourna vers moi, m’attrapa le bras et le serra dans sa poigne de grizzly :

– Pour rien au monde, petit, tu m’entends …

et il souriait comme s’il était empli de lumière, plein à craquer de certitudes,

pour rien au monde

Il continuait à me serrer le bras, à me regarder avec ses yeux plissés. Il tourna la tête et son regard alla chercher Eileen avec sa chemise à carreaux, il restait comme ça, à la regarder et à me broyer le bras. Il ajouta au bout d’un moment :

– Eh petit, ce voyage, avoue un peu … ça n’est pas que pour Aline, hein ? … Il n’y a pas qu’elle qui recherche quelque chose ?…
 
Je souris à mon tour, me dégageai doucement et lui tapai sur l’épaule avant de descendre du taxi. J’allais rejoindre Aline quand il me rappela :

– Petit…
– Ouaip ?
– Merci.
 
Je m’installai à nouveau à côté d’Aline.

– Tout va bien ?
– J’ai un bras complètement broyé, mais ça n’est pas grand chose, on ne va pas s’arrêter à ces petites misères.
– Certes.

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Magnolia Express – 3ème Partie – #3

Vieux Bill Horseshoe
 
Nous nous sommes garés sur un terre-plein, un peu plus loin, la poussière brûlante est entrée dans l’habitacle quand Conrad a freiné, et nous étions tous recouverts de poudre jaune comme des coyotes des sables. Conrad est descendu en pestant, il tapait sa casquette contre sa cuisse en regardant les dégâts puis il a dit « Ah, seigneur ! » et il a tourné le dos au taxi, il a regardé l’horizon sans rien dire. Eileen et moi avons ramassé tous les petits bouts de verre qui brillaient, on aurait dit des grains de sucre cristallisé à la recherche d’un gâteau. Pendant ce temps Aline est allée voir Conrad, elle était la personne qui fallait, il n’y avait personne qui disait autant de choses en se taisant. Tout en ramassant mes grains de sucre, je les regardais du coin de l’oeil, Conrad s’était accroupi, le dos toujours au taxi, et il secouait un peu la tête. Aline était debout à côté, le vent s’occupait de ses cheveux, elle ne disait rien non plus et regardait dans la même direction. J’ai retrouvé le caillou qui avait tout déclenché, il se tenait sur la banquette arrière avec un air du genre « Comment, c’est à moi que vous parlez ? J’aurais cassé quoi ? Non, c’est une erreur jeune homme ». Je l’ai balancé au loin, qu’il aille vivre sa vie ailleurs, il ne m’intéressait pas. On a fini de décoller les derniers morceaux de sucre du pare-brise et puis on a un peu brossé les sièges, les deux étaient toujours là-bas, Conrad regardait par terre et Aline fixait la route maintenant, elle regardait un vieux tracteur qui s’approchait, le conducteur avait un chapeau de paille comme on en met aux chevaux d’attelage, il avait même un trou de chaque côté pour laisser passer les oreilles.
Le tracteur s’est arrêté, et le conducteur a interpellé directement Conrad : « Hey, homme-taxi, tu as un problème ? ». Conrad a levé la tête, il a posé les mains sur ses genoux et s’est relevé en remettant sa casquette : « Ouais vieux cheval, tu peux le dire ». L’homme-cheval restait songeur face à l’homme-taxi, il avait l’air de réfléchir, tandis que les derniers grains de sucre s’écoulaient de ma main et tombaient dans le sable.
Le vieux conclut sa rêverie en disant: « Ça, c’est du travail pour Vieux Bill Horseshoe. On va aller voir Vieux Bill Horseshoe ».

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Magnolia Express – 3ème Partie – #2

Pluie d’argent dans la vallée
 
C’était Conrad qui conduisait quand c’est arrivé. J’étais assis à côté de lui tandis qu’Aline et Eileen discutaient à mi-voix, se demandant probablement comment elles pourraient extirper le pêché et la balourdise de nos corps d’hommes. Y’avait du boulot.
Conrad conduisait, détendu, il s’est tourné vers moi, a ouvert la bouche et SCHTRAINNNGGG, le pare-brise a volé en éclats, inondant l’intérieur du taxi d’une volée de bouts de verre tandis que le vent s’engouffrait en rugissant dans l’habitacle.

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Magnolia Express – 3ème Partie – #1

Lait et crème fouettée

– Dis-moi, déjà … Pourquoi allons-nous là-bas ? me demanda paisiblement Eileen.

Je respirai un coup, elle conduisait ce taxi comme un vaisseau sur coussin d’air et la route était rectiligne jusqu’à l’infini.

– Ben, nous ne sommes pas des religieux, ou des intellectuels, non Madame, ça pour sûr nous ne le sommes pas… Nous allons là-bas… parce que c’est à l’ouest, parce que c’est au sud… parce qu’un livre existe peut-être là-bas, et que ce livre est notre quête. Parce que nos vies peuvent se résumer à quelques livres… et beaucoup de contemplation.
 
Elle me jeta un coup d’œil, avec cet air si particulier que je vois quelquefois apparaître sur certains visages. Un air étonné-dubitatif, c’est-y-du-lard-ou-du-cochon, un air qui finit souvent par tourner, comme le mauvais lait, et quand l’étonnement a disparu, il ne reste plus que le doute. La question se résume alors à « Est-il réel ? ».
Je ne sais pas moi, est-ce que je vous en pose des questions ?

Donc Eileen m’observait et me regardait et m’auscultait, tandis que je faisais semblant de méditer sereinement, alors que je ne faisais qu’écouter la discussion d’Aline et Conrad, derrière.

(Aline) – … Et les ailes de l’avion, c’étaient des tranches de pain d’épice avec des haubans en sucre filé, elles étaient en forme de pelle à gâteau …
(Conrad) – ça n’est point bon pour l’aérodynamisme.
(Aline) – Non, mais comme ça, quand on passait à côté des nuages, elles recueillaient plein de crème fouettée.
(Conrad) – Bon sang de bois. J’aurais dû y penser.

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Magnolia Express – 3ème Partie

Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Tijuana, par JJ Cale, sur le CD Travel Log, Silvertone, 1990. Le disque est en vente ici.
Ceci est une citation à des fins d’illustration musicale (détails ici). Il s’agit d’un extrait, en mono, de Cars are Cars, par Paul Simon, sur le CD Hearts and Bones, Rhino Records, 2004 (réédition du 33T). Le disque est en vente ici.

Troisième partie :

Tijuana

 

 

 
If some of my homes
Had been more like my car
I probably wouldn’t have
Traveled this far


Paul Simon

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Magnolia – la B.O., à défaut d’autre chose

Le projet Magnolia est arrêté depuis de longs mois. Mais depuis deux ou trois soirs, j’en ai fait la Bande Originale, le contrepoint musical de la partition littéraire. Je ne sais pas encore quand je recommencerai à publier la suite de Magnolia Express, mais j’ai le CD.

P.S. le CD n’est pas à vendre, je ne cherche pas à faire de l’argent, je vous le passerai à l’occasion, quand j’aurai terminé la mise en ligne du roman.

Magnolia – TBC

Comme certain(e)s d’entre vous l’auront compris, j’ai été un peu désarçonné, et occupé, par d’autres choses durant ces dernières semaines. Magnolia a souffert de cette absence. En ce qui concerne ce roman, je ne prévois pas de publier à nouveau avant septembre. Mais si Chuly est intéressée, qu’elle m’écrive. A+.