Category Archives: Réflexions

Cinétique du pékin – 1

Les placements dans le métro me font penser au Jeu de Go. Dans le Jeu de Go, il y a une grille quadrillée (le Go-Ban), délimitée par les montagnes (les côtés) qui encadrent la plaine (le centre). Poser une pierre sur le Go-Ban, c’est prendre possession d’un territoire. Analysons le territoire d’un compartiment de métro. On a les banquettes dont les dossiers supportent les strapontins, et le poteau central figure le nombril du monde.

La première difficulté consiste à monter dans le métro. Il y a deux écoles : l’entonnoir civique, et la prise en tenaille.

Dans l’entonnoir civique (figure de gauche), les pékins laissent la voie dégagée pour descendre, mais on a intérêt à descendre vite, car l’entonnoir s’effondre rapidement par le centre, et il est difficile de combattre le flux montant.

Quant à la prise en tenaille, c’est une variante virile, illustrée par la figure de droite : au moment de descendre, on ne voit plus l’agora accueillante de la figure de gauche, où on peut descendre en patricien libre, tandis que la foule plébéienne s’écarte avec respect ; on est plutôt en présence du défilé des Thermopyles, qui se termine en goulet menaçant, ça sent l’assassinat de César.

Nous verrons plus tard le placement dans le wagon, tout un art.

Costume logarithmique

Dans les années 80 était paru un petit livre intitulé « les mouvements de mode expliqués aux parents », je me souviens de l’émission d’Apostrophes mettant en scène les auteurs (dont Hector Obalk), Jean d’Ormesson et évidemment Bernard Pivot. Il y avait dans ce livre très bien argumenté un plaidoyer pour l’attaché-case. Je résume : dans les années 50, la rigueur est dans le costume, et le cartable est en vieux cuir mou. Car la dureté est dans l’homme, dans son costume fuselé (grandes épaulettes, petite taille cintrée), et non dans son porte-documents. Dans les années 70, inversion : la reconstruction est faite, nous sommes des enfants-fleurs, dont les épaules deviennent cintrées, et tout devient flottant en descendant de là. Et la rigueur ? Paf, coincée dans l’attaché-case, valisette rectangulaire qui concentre l’exigence et décharge les (frêles) épaules du cadre de ce fardeau.
Transposons au monde moderne. Il y a le sage, le sérieux, le sans fantaisie : il porte un costume gris, ou anthracite ou (pour les enterrements ou les corporate conventions) noir. Puis il y a le sage qui annonce qu’il aurait pu être artiste maudit, mais comme il avait de la tension, il est devenu banquier. Voilà l’apparition du costume rayures tennis. Le bel anthracite est discrètement rehaussé de fines rayures qui annoncent la couleur : fines, donc l’homme est fin (épaisses, c’est pour les mafieux ou les entrepreneurs de travaux publics), mais discrètes, parce que l’homme est discret, il est banquier (et pour les banquiers suisses, c’est clic gauche, Format, Bordure,  0,05 point, OK, et là, c’est hyper discret). Mais attention, dans toute cette débauche, une règle absolue : les rayures, fines, impalpables, sont régulièrement espacées. Une rayure, un milliard, deux rayures, deux milliards, ça permet de juger son homme dans les boites de nuit sans sortir un mètre de couturière.
Et aujourd’hui, j’ai vu le top, probablement issu des marchés financiers à dominante stochastique. Le trader est chagrin : soit on l’envie à cause de ses bonus, soit on le conspue à cause de ses prises de risques. Le croupier voudrait changer de livrée. Alors arrive le costume logarithmique. Les rayures sont espacées suivant une progression logarithmique (ou semi-logarithmique, je n’ai pas eu le temps de dériver la fonction sur la cuisse de mon interlocuteur). Et là, ça en jette sauvage. Pour ceux qui visualisent pas, souvenez-vous du papier millimétré, ou des tableaux de Vasarely, et transposez-le sur une courbe de température : les rayures s’espacent progressivement, découplant la forme de la cuisse, une rayure, un milliard, deux rayures, dix milliards, trois rayures, cent milliards, etc.
Autrefois, les rockers portaient un aigle en clous dorés dans le dos de leur blouson de moto. Je rêve maintenant d’un costume semi-logarithmique avec l’indice Nikkeï brodé dans le dos, en fil d’or évidemment.

Idée de startup # 25

Dans les années 70 existait le Reader’s Digest : comment lire en résumé les livres qu’on n’avait pas lus, pour parler comme si on avait lu les livres qu’on avait pas lus (sauf le résumé).
Depuis des années, j’ai envie de mettre en diapositives (n’hésitez pas à utiliser le sémillant Open Office Impress) les livres que je lis, tout simplement parce que c’est une manière alternative de prendre des notes, et qu’on ne va se fader 300 pages à nouveau pour se rafraîchir les pensées.
Normalement, ça devrait être réservé aux manuels, genre Comment réussir une négociation ou Mincir sur mesure ou encore Getting Things Done. Mais ce concept ne sert à rien s’il n’est pas applicable à tout. Par exemple, résumer La consolante (Anna Gavalda) en 10 diapos.
Je ne dis pas que c’est utile, je dis que c’est une contrainte amusante, façon Oulipo.

Céramique réfractaire

Quand on descend du métro, quelques personnes partent dans la mauvaise direction, il n’y a pas de sortie de ce côté-là, alors elles font demi-tour. C’est leur droit, j’aime bien cet arbitraire, les usagers habitués connaissent par coeur la disposition de la station et millimétrent leurs déplacements, et les autres, les explorateurs, tentent le coup à pile ou face, ah crotte, mauvaise direction. Mais je suis toujours un peu frustré quand je les vois faire demi-tour. J’aimerais que quelqu’un, un jour, continue vers le mur, d’un pas normal, et le traverse, comme ça. Il y a tellement de vide dans la matière, j’aimerais bien que quelqu’un fasse cet effort.

Ce qui m’énerve #17

Les micros des téléphones portables sont trop sensibles. On entend la voix de l’interlocutrice (je n’ai que des interlocutrices, c’est comme ça), mais aussi, en arrière plan : des enfants qui piaillent ; des oiseaux qui piaillent ; des boeings qui atterrissent (en piaillant) ; Jean Piat, à la télé.
M’énerve.
D’autant plus que je ne peux pas dire : « euh, pourrais-tu t’enfermer dans un caisson insonorisé pour me parler ? »

Epistémologie ontologique du sabre laser

Quand mon grand-père avait vu « la guerre des étoiles » (on ne disait pas encore Staroirz), dès le début (attaque du vaisseau diplomatique de la Princesse Leïa par les forces de l’Empire), il avait tiqué.
On voyait des braves soldats se faire dézinguer à coups de pistolasers, et ça faisait Piou Piou tandis que des éclairs lumineux et brefs jaillissaient de la bouche fumante des pistolasers.
Mon grand-père, qui n’était pas Polytechnicien pour rien : « Ce ne sont pas des pistolasers ! Un laser, c’est comme une lampe-torche, tu l’allumes et la lumière en sort, et si on n’éteint pas, le faisceau lumineux s’allonge sans rupture. Là, ce sont des balles traçantes. »
Mon grand-père avait laissé son me d’enfant quelque part, il raisonnait en froid polytechnicien. Personne n’est parfait.
D’où mon interrogation du jour, dont la profondeur égale la question sur le demi-tour d’Actarus dans Goldorak :

Comment fonctionne un sabre laser ?

Prolégomène :
un sabre laser produit un laser qui

  • est limité en hauteur
  • est analogue à une épée, qui peut couper de taille (avec son tranchant) ou d’estoc (avec sa pointe). Par exemple, quand Krung Grop Tep, le mentor d’Obi Wan, se fait trouer par Dark Maul, c’est un coup d’estoc.

Interrogation suite au prolégomène :

Un vrai laser, version 2008, et pas version « il y a très très longtemps, dans une galaxie très très lointaine », est un rayon lumineux qui troue et coupe, mais qui n’est pas limité en longueur. Donc ma question, c’est « qu’est-ce qui stoppe le laser du sabre laser à 1m20 du fourreau pour lui donner cette ergonomie d’épée archéo-futuriste ? »

La première idée est : un miroir. J’y ai beaucoup réfléchi dans le métro, et j’aboutis au dessin ci-joint. Alors tu vois, le manche bleu pâle, c’est le manche, celui qu’on tient à la main et que R2D2 envoie à Luke dans « Le retour du Jedi » pour abattre l’infâme Jabba. On pousse sur un bouton, et hop, le générateur de laser (carré rouge) envoie le laser (trait rouge). Ce laser passe à travers un miroir sans tain (noir pointillé) et va taper dans un miroir (noir plein), hop, le laser bondit vers le haut, et à 1m20 de hauteur, un autre miroir biface décomplexé (triangle noir en haut) renvoie le laser vers le bas, ad vitam aeternam. Ainsi, on a un laser limité en longueur, mais qui coupe bien, avec en plus un raffinement : plus le sabre laser est allumé longtemps, plus le rayon est concentré (multiplication des allers-retours), plus il est puissant. On pourrait appeler ça « La concentration de préchauffe de Thibierge », en toute modestie.

Mais argh, je ne serai jamais prix Nobel :

  1. Il n’y a pas de miroir en haut (ou alors, on ne voit pas comment il tiendrait tout seul dans l’air)
  2. Si on se débrouillait pour en installer un (« on dirait que quand on allume le sabre, un miroir se matérialise en haut »), il n’y aurait plus d’effet d’estoc, et Krup Gong Couic n’aurait pas pu être troué par Dark Maul.

Nous voilà – presque – revenus au point de départ. Et là, j’ai une idée, mais j’ai besoin de physiciens, éventuellement ‘Pataphysiciens, ce serait plus fun. On va dire qu’il y a un champ de force qui est créé quand on allume le sabre, et que c’est ce champ de force qui repousse le laser à partir de 1m20, jouant le rôle du miroir distant.


Cf. la figure suivante, où le champ de force – appelons-le « Field Castro » – est figuré sous forme d’un mignon nuage moutarde. Mais reste le problème de l’estoc : un champ de force capable de repousser un laser, il ne va pas permettre de toucher son ennemi, le dit ennemi sera lui-même expulsé de la zone de combat par le champ de force (effet blocus de Field Castro).

Je ne m’en sors plus. Des idées, quelqu’un(e) ?

Aphorisme

« Quand ça change vite, ça change toujours dans le mauvais sens ».
Il faut du temps pour établir la confiance, et pour faire de bonnes choses, il faut accepter de prendre (et non pas perdre, comme le croient certains) du temps.
Par opposition, les stratégies de « j’arrive, je change tout, je ne prends pas le temps de consulter », on sait où ça mène.
Tristan Nitot a publié hier un excellent billet sur le sujet. J’y reviendrai (ou pas), car enseigner, ou publier des manuels, c’est vraiment une stratégie de très long terme. Et on se souviendra de mes réflexions sur la tyrannie du court terme.

Nucléologie

La République Française s’est dotée d’un nouveau sous-marin nucléaire. Soit. Il a été nommé Le Terrible. Alors là je dis non. Y en a marre de cette litanie de noms censés faire peur à l’ennemi, ou nous rassurer nous-mêmes, comme des peintures de guerre.
Un tour sur Wikipedia, et voilà la liste des noms passés :
Le Redoutable
Le Terrible
Le Foudroyant
L’Indomptable
Le Tonnant
L’Inflexible
… et maintenant, le Terrible à nouveau.
Manque d’imagination, volonté passéiste de rétablir la menace des oriflammes, on peut mieux faire.
Alors je vais proposer quelques noms, en bon citoyen et en bon français ett je vais pousser l’effort civique jusqu’à les classer en catégories. En notant que c’est pas mal quand le nom finit en -ble, mais c’est pas obligatoire.

Catégorie « Shériff fais-moi peur »

  • Le fier à bras
  • Le Tiranic
  • Le Bilieux
  • Le Teigneux
  • L’Hypersensible
  • L’Irascible
  • L’Implacable (mention rugby)

Catégorie « Nom qui en jette »

  • Le Coruscant
  • L’Immarcescible
  • L’érémitique
  • L’éburnéen
  • L’Héméralope
  • L’Imputrescible

Catégorie « Typically French »

  • Le Gras-Double
  • Le Jovial
  • Le Fringant
  • Le Tripou
  • Le Râleur

Catégorie « Typically french qui en jette comme Artaban »

  • L’Imbitable
  • Le Rétractable
  • Le Décalquable
  • Le Torchable
  • Le Comestible
  • Le Regrettable

Catégorie « Mes préférés »

  • L’Imperméable
  • Le Soluble
  • Le Gonflable

Le chemin de vie

Hier, je buvais des coups avec Joséphine, on remplissait les pointillés de la vie de l’autre, les non-dits ou non perçus sur le blog, notre petit ménage de printemps, quoi.
Et voilà-t-y pas qu’elle me met en scène, genre appel de pied cyber, alala, mon existence devient jetée en pature aux masses, tel un SMS au Salon de l’agriculture. Il faut que je me défende, ce que c’est que d’être un homme public 😉

Je lui parlais notamment du Chemin de vie. Les concepts ont été exposés par Stephen Covey, dans Les sept habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent (quel titre, mon dieu, la vraie traduction serait plutôt Les 7 habitudes des gens vraiment efficaces). Ces concepts, je me suis juste contenté de les reformuler, et les intégrer à mon schéma mental. Allons-y.

Je vois la vie comme une progression. On essaie d’atteindre le meilleur, de s’améliorer, de comprendre mieux ce que l’on veut, et d’éviter les fausses attentes. Cela passe par trois étapes. Certains restent toute leur vie à l’étape 1, d’autres vont jusqu’à l’étape 2, et bien peu vivent totalement et parfaitement en accord avec l’étape 3 (et je ne me compte pas parmi ces bienheureux, mais j’y travaille !)

L’étape 1, c’est :

  • De qui je dépends : des autres.
  • Quel est mon mode : réactif.
  • Quel est mon état : dépendant.

J’y vois la marque de nos éducations : un enfant est éduqué selon des règles, on lui impose un monde, et une conformité aux canons imposés. Certains ne sortent jamais de ce schéma : ils sont dépendants des désirs des autres, n’agissent que par réaction à une urgence, ou une demande, et passent leur vie à stresser. Cela peut créer énormément de rancoeurs, dans le domaine professionnel, sentimental, familial, vous imaginez bien.

Souvent, à l’occasion d’un choc (accident, deuil, moment fort) ou bien d’une psychothérapie, on passe à l’étape 2, qui est une progression :

  • De qui je dépends : de moi.
  • Quel est mon mode : actif.
  • Quel est mon état : indépendant.

Cela donne de très bons résultats : on apprend à augmenter sa propre sphère d’influence, à dissocier des choses comme « je le fais parce que ça lui fait plaisir » / « je le fais parce que ça me fait plaisir », c’est une vraie respiration. Je salue sincèrement ceux qui arrivent à ce stade-là, et qui, peu à peu, savent enfin dire Non.
Mais j’y vois aussi des effets pervers : plus la personne a souffert de l’étape 1, longtemps et profondément, plus elle garde des rancoeurs qu’elle exprime dans l’étape 2. En résumé, l’étape 2 aboutit souvent à des discours du type « j’en ai trop chié pendant 20 ans, maintenant, je fais ce qui me plaît et je vous emmerde ». De l’égoïsme, avec ses côtés positifs (l’ego, le moi, ressort enfin) mais aussi négatifs (un -ïsme, un isthme, une île, un isolement). Et je pense sincèrement qu’on ne peut pas vivre seul(e), on ne peut pas vivre isolé(e).

Vient alors l’étape 3 :

  • De qui je dépends : de nous.
  • Quel est mon mode : proactif.
  • Quel est mon état : interdépendant.

L’idée est de ne pas renier l’étape 2, et d’intégrer aussi l’étape 1. Pour bien vivre, il faut que je compte sur les autres, et qu’ils comptent sur moi. Cela ne veut pas dire que je suis asservi, ou dictateur, mais plutôt symbiotique. Je l’avais exprimé dans une nouvelle, avec d’autres termes. Cela donne un sentiment de contrôle, et de responsabilité (puisque l’on sait, depuis Spiderman, que l’un ne va pas sans l’autre).

Le chemin de vie, c’est quoi : c’est essayer de passer chaque journée avec moins d’étape 1, un minimum d’étape 2, et un maximum d’étape 3.

Jean-Pierre Coffe(e)

Mon classement des cafés.
Il ne s’agit pas d’un classement des origines des café, mais plutôt des manières de faire du café. Du meilleur au pire.

1. Expresso ristretto fait au percolateur dans un café en Italie.
2. Expresso fait avec une cafetière Nespresso.
3. Expresso fait au percolateur dans un café en France, uniquement si le percolateur est nettoyé régulièrement, et si le tenancier achète de l’arabica (sachant que le robusta coûte moins cher).
4. Expresso fait avec une cafetière italienne en alu.
5. Café fait avec une cafetière Bodum (à piston).
6. Expresso fait au percolateur dans un café en France, si le percolateur n’est pas nettoyé régulièrement et/ou si le tenancier achète du robusta.
7. Café fait avec une cafetière électrique à filtre.
8. Café soluble.

Poinçonnage

Il y a des personnes qui ont des voix assourdies, et d’autres qui ont des voix qui portent. Ces dernières n’ont pas besoin de crier : tout ce qu’elles disent s’entend parfaitement et clairement. Dans les restaurants, dans le métro, ces voix s’imposent à tous, alors qu’on aimerait bien, un peu, avoir sa bulle, pour lire le dernier Harry Potter (en anglais de surcroît), au hasard. Envie d’un brouilleur de fréquences de la voix, un peu analogue à ce désir.

Garantie à vie

J’étais en train de dézinguer le sapin de Noël pour en faire du petit bois, et d’un coup, ça m’a frappé : un produit « garanti à vie », c’est un produit qui est garanti jusqu’à ce qu’il se casse, et pas après. C’est évident, mais je ne l’avais pas vu précédemment, du coup, j’étais prêt à payer plus cher des produits qui étaient « garantis tant qu’ils étaient pas cassés ». Je sais que les juristes argumenteront, mais quand même, quelle belle tautologie au service du marketing.

Alpha et Omega

Dans certains groupes animaux (y compris certains groupes humains), il y a un mâle Alpha. C’est celui qui est le chef, et qui a le droit de se reproduire, soit de se reproduire tout court (pour les autres, c’est ceinture), soit de se reproduire en premier, c’est-à-dire de choisir la femelle la plus appropriée (caractères génétiques, jeunesse, mensurations). Dans certains groupes (par exemple chez les loups) il y a un mâle alpha et une femelle alpha. Ce lien, entre « je suis le chef » et « j’ai le droit de me reproduire », est intéressant, parce que la causalité peut-être dans les deux sens : autorité naturelle (je dirige, donc je brille, donc j’attire), ou droit de cuissage (mon pouvoir vient de la soumission des autres aux règles que j’ai / la société / la tradition a édictées).
Sachant qu’un poète a dit « je suis l’alpha et l’omega » pour dire « je suis le premier et le dernier, tout commencement et toute fin », je me dis qu’il faudrait étudier le mâle omega. Pas de responsabilité, pas de fatigue, pas de personnes à gérer : et si les mâles omega vivaient plus longtemps, plus sereinement ?

Start me up – idée de projet

A Vérone, j’ai vu une boutique qui avait l’air de bien marcher : elle vendait des tabliers de cuisine et autres vêtements personnalisés. En effet, plusieurs sbires derrière une machine à coudre transcrivaient des phrases sur les tabliers, des trucs du genre « je suis un roi à la cuisine et un Dieu au lit ».
L’idée n’est pas neuve, les phrases non plus. Donc il n’y a pas vraiment de barrière à l’entrée : n’importe qui peut s’installer en face et commencer une guerre des prix.
Solution : proposer des phrases vraiment personnalisées, sous forme d’alexandrins (le plus chic) ou d’octosyllabes (plus populaire).
Jouer sur la personnalisation personnalisée : « personne n’aura le même poëme que vous, pas même votre jumeau ».