Dans la mousse du champagne,
Diamants.
Category Archives: Caillou
Caillou – Thé léger
La lampe d’étude
Dans ma tasse fumante
Attend que la lune se lève.
Caillou – Camille II
Doré en bulles
Et le salto d’une pièce de cuivre,
Égalité.
Caillou – Camille
Ta peau élastique
Pour un piqué sur la nuque
Juste à la naissance des cheveux.
Tiédeur.
Caillou – Saint Sébastien
Mes neurones qui s’agitent
Sans répit
Cercle supraconducteur,
Anneau électrique
Souvent une couronne d’épines
Parfois une auréole
Mais toujours une Passion.
Caillou – Matin
Les hirondelles
Laveurs de carreaux du ciel
Tsui tsui !
Caillou – Messiaen
Un vol d’étourneaux
Les ailes en hyperfréquence
Au-dessus du banc de sable.
Caillou – Phénix
Un rayon de soleil effleure ma coquille
Cela fait si longtemps.
Timide rayon, timide réponse
Juste une petite fêlure
Pour une lumière ténue
Comme dans une chapelle romane.Trop tôt pour décider d’éclore,
Pour choisir qui je veux être.
Je sais que le temps apporte des nuages
J’ai appris à me méfier des premiers rayons.Mais je sens la force dans mes ailes
Et je fixe cette petite source de lumière
Prêt à faire craquer ma vie.En attente.
Caillou – Overdose
Mes dossiers urgents
Les souris vont pouvoir les grignoter
En paix pendant une semaine.
Caillou – Turin
Dans mon lit de spartiate
Seul en moi-même
Je laisse la nuit me recouvrir.
Demain il y aura combat.
Caillou – Eclosion
Le cerisier
Jeune canard qui ébroue son duvet
Dans la brise de printemps.
Caillou – Giboulées
Les marronniers
Et leurs branches en moignons
Chandeliers mortuaires du printemps.
Caillou – Fast foule
Quai de la gare
Des trains illuminés comme des gargotes
Odeurs de sueur et de chaleur
Pendant la livraison.
Caillou – Trilogie préhistorique
7h12 ce matin, à courir sur la plage.
Des traces de sabots, parallèles aux empreintes griffues d’un chien-loup.
Je cours au milieu, le cheval à ma gauche, le loup à ma droite.
L’herbivore puissant, le carnivore infatigable, et au centre,
L’omnivore, si pitoyable en comparaison.
Caillou – Bacall
C’est lui qu’on voit, je ne suis qu’une doublure.
Il te protège, mais je suis là.
Comme toutes les doublures, collé contre ton corps, en secret.
Une rue
Il n’a rien d’aimable, ce matin.
Ciel gris et opaque, expresso comme une pierre dans l’estomac, la tête mal lavée des pensées de la nuit.
Et puis il y a cette rue, ce matin. Une ombre marche, loin devant. L’air est humide, presque doux. Et un grand calme. On s’entend marcher, on s’entend respirer. Même l’arbre où habite la famille de moineaux, petit immeuble de verdure, voisins pépiant, a des tons harmonieux, rassurants (allez lisse-moi ces plumes, maman je peux pas, elles rebiquent, mange-moi ces graines, dépêchez-vous, j’aime pas, on dit pas j’aime pas). La vie foutraque et sympathique, au milieu de cette rue timide et calme.
Et puis je débouche dans d’autres rues, des voitures à touche-touche au feu rouge, des lycéens qui parlent trop fort, un gars qui écoute un rap sur son téléphone portable. Un oiseau chante au loin, mais sans grande conviction, il sait qu’il est juste un des bruits, dans une des rues.
