{"id":982,"date":"2010-01-24T22:35:31","date_gmt":"2010-01-24T22:35:31","guid":{"rendered":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/?p=982"},"modified":"2010-01-24T22:35:31","modified_gmt":"2010-01-24T22:35:31","slug":"livre-lu-delphine-de-vigan-les-heures-souterraines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2010\/01\/24\/livre-lu-delphine-de-vigan-les-heures-souterraines\/","title":{"rendered":"Livre lu &#8211; Delphine de Vigan, Les heures souterraines"},"content":{"rendered":"<p>J&rsquo;avais arr\u00eat\u00e9 cette rubrique, ce n&rsquo;\u00e9tait pas parce que j&rsquo;avais arr\u00eat\u00e9 de lire. Je la reprends, nous verrons ce que \u00e7a donne.<br \/> Je viens de lire&nbsp;<a style=\"font-style: italic;\"  href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2709630400\/sitecompdelouvrf\/\">Les heures souterraines<\/a>, de Delphine de Vigan (JC Latt\u00e8s, 2009). C&rsquo;est effroyable.<br \/> C&rsquo;est un roman, OK, mais qui a de vrais accents de v\u00e9rit\u00e9 contemporaine. Ses deux personnages principaux nous c\u00f4toient probablement chaque jour, d\u00e9multipli\u00e9s, dans nos trajets. <\/p>\n<p> Il y a peu de livres sur le monde du travail en entreprise. Dans les romans, l&rsquo;environnement de travail sert souvent de pr\u00e9texte \u00e0 l&rsquo;histoire, on place deux r\u00e9unions, trois coll\u00e8gues, et cela permet de se focaliser sur l&rsquo;histoire. L\u00e0, il s&rsquo;agit d&rsquo;une histoire qui, pour un des deux protagonistes, est ancr\u00e9e dans ce monde, ses rites, ses exclusions. On vit ce que c&rsquo;est que la souffrance au travail, comme si on y \u00e9tait. C&rsquo;est terrible et d\u00e9primant, parce que c&rsquo;est bien \u00e9crit, en m\u00eame temps s\u00e8chement et humainement, on est litt\u00e9ralement dans le bureau de cette femme qui va vivre cette journ\u00e9e de bout en bout.<br \/> C&rsquo;est un type d&rsquo;\u00e9criture tr\u00e8s violent, parce que beaucoup de choses ne sont que sugg\u00e9r\u00e9es, et cela renforce leur puissance mal\u00e9fique. Cela me rappelle ce que Paul Morand avait fait avec \u00ab\u00a0H\u00e9cate et ses chiens\u00a0\u00bb, o\u00f9 l&rsquo;indicible du sexe \u00e9tait&#8230; non dit, mais sugg\u00e9r\u00e9, et cela pouvait \u00eatre sulfureux.<br \/> L\u00e0, on vit la violence des villes, la violence des entreprises, non pas avec des gros faits divers racoleurs et percutants, mais au contraire, avec des petites touches apparemment sans importance, mais qui contiennent une violence froide et d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e. <\/p>\n<p> Delphine de Vigan a aussi \u00e9crit sur <a  href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2009\/12\/14\/967-cinetique-du-pekin-maquereaux-et-morues\">la cin\u00e9tique du p\u00e9kin<\/a>, mais \u00e0 sa mani\u00e8re, et dans son sujet :<\/p>\n<blockquote><p>Sous terre, on trouve deux cat\u00e9gories de voyageurs. Les premiers suivent leur ligne comme si elle \u00e9tait tendue au-dessus du vide, leur trajectoire ob\u00e9it \u00e0 des r\u00e8gles pr\u00e9cises auxquelles ils ne d\u00e9rogent jamais. En vertu d&rsquo;une savante \u00e9conomie de temps et de moyens, leurs d\u00e9placements sont d\u00e9finis au m\u00e8tre pr\u00e8s. On les reconna\u00eet \u00e0 la vitesse de leur pas, leur fa\u00e7on d&rsquo;aborder les tournants, et leur regard que rien ne peut accrocher. Les autres tra\u00eenent, s&rsquo;arr\u00eatent net, se laissent porter, prennent la tangente sans pr\u00e9avis. L&rsquo;incoh\u00e9rence de leur trajectoire menace l&rsquo;ensemble. Ils interrompent le flot, d\u00e9s\u00e9quilibrent la masse. Ce sont des touristes, des handicap\u00e9s, des faibles. S&rsquo;ils ne se mettent pas d&rsquo;eux-m\u00eames sur le c\u00f4t\u00e9, le troupeau se charge de les exclure. <\/p>\n<p> Delphine de Vigan, <a style=\"font-style: italic;\"  href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2709630400\/sitecompdelouvrf\/\">Les heures souterraines<\/a>,&nbsp;JC Latt\u00e8s, 2009, p. 288-289.<\/p><\/blockquote>\n<p> J&rsquo;ai termin\u00e9 ce livre, et, fait rare pour \u00eatre cit\u00e9, j&rsquo;ai pass\u00e9 mon week-end \u00e0 essayer d&rsquo;imaginer ce que serait le samedi de Mathilde, ce que serait son lundi suivant. C&rsquo;est rare, qu&rsquo;un personnage de roman continue \u00e0 vivre apr\u00e8s qu&rsquo;on aie termin\u00e9 la derni\u00e8re page, que l&rsquo;on aie envie de conna\u00eetre la suite, de l&rsquo;\u00e9crire, voire de r\u00e9\u00e9crire certaines pages pour changer le cours du temps. Sans trop d&rsquo;espoir, c&rsquo;est juste pour \u00e9viter de se d\u00e9sesp\u00e9rer tout \u00e0 fait.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;avais arr\u00eat\u00e9 cette rubrique, ce n&rsquo;\u00e9tait pas parce que j&rsquo;avais arr\u00eat\u00e9 de lire. Je la reprends, nous verrons ce que \u00e7a donne. Je viens de lire&nbsp;Les heures souterraines, de Delphine de Vigan (JC Latt\u00e8s, 2009). C&rsquo;est effroyable. C&rsquo;est un roman, &hellip; <a href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2010\/01\/24\/livre-lu-delphine-de-vigan-les-heures-souterraines\/\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-982","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-livres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/982","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=982"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/982\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=982"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=982"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=982"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}