{"id":309,"date":"2007-01-18T09:50:11","date_gmt":"2007-01-18T09:50:11","guid":{"rendered":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/?p=309"},"modified":"2007-01-18T09:50:11","modified_gmt":"2007-01-18T09:50:11","slug":"livres-lus-dennis-lehane-shutter-island-et-prieres-pour-la-pluie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2007\/01\/18\/livres-lus-dennis-lehane-shutter-island-et-prieres-pour-la-pluie\/","title":{"rendered":"Livres lus &#8211; Dennis Lehane : Shutter Island et Pri\u00e8res pour la pluie"},"content":{"rendered":"<p>Je n&rsquo;ai jamais fait qu&rsquo;<a href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2006\/03\/17\/livre-lu-harlan-coben-une-chance-de-trop\">effleurer<\/a> mon plaisir \u00e0 lire Dennis Lehane. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 l&rsquo;individu \u00e0 deux reprises, avec deux media diff\u00e9rents. D&rsquo;abord, je suis all\u00e9 voir au cin\u00e9ma <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mystic_river\"><em>Mystic River<\/em><\/a>, r\u00e9alis\u00e9 par Clint Eastwood, avec Sean Penn et Tim Robbins. Le film \u00e9tait une trag\u00e9die antique, qui aurait pu d\u00e9river d&rsquo;une chanson de Bruce Springsteen (je pense \u00e0 <em>The Indian Runner<\/em>). Or, sans que je le sache \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, le film \u00e9tait tir\u00e9 d&rsquo;un roman de Dennis Lehane.<br \/>\n Ma seconde rencontre avec Dennis Lehane a eu lieu avec un roman. J&rsquo;\u00e9tais en vacances (?) \u00e0 un endroit o\u00f9 j&rsquo;essaie souvent de fuir certaines personnes, par exemple en me r\u00e9fugiant aux goguenots. Dans cet endroit, j&rsquo;avais non pas <a href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2006\/12\/13\/gouts-de-chiottes\">une de mes lectures habituelles<\/a> (celles-ci sont plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9es aux gogues de mon lieu de travail), mais <em><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2743609222\/sitecompdelouvrf\/\">T\u00e9n\u00e8bres prenez-moi la main<\/a><\/em> (Rivages, 2005, 512 p.).<br \/>\n J&rsquo;aime bien les romans noirs, c&rsquo;est une \u00e9vasion somme toute assez commune, partag\u00e9e par tous les voyageurs de trains de banlieue. Mais l\u00e0 j&rsquo;ai eu peur. Ce qu&rsquo;\u00e9crit Dennis Lehane est troublant, inqui\u00e9tant, \u00e7a laisse des images en t\u00eate. Et j&rsquo;avoue que cela m&rsquo;a bien plu, avec un cocktail que je serais infoutu de d\u00e9composer : ce sont des images frappantes, des situations de poursuite ou d&rsquo;attente angoiss\u00e9e, mais rien de racoleur, rien de <em>gratuit<\/em>. Je d\u00e9teste, par exemple, les outrances, que ce soit du sexe ou de la violence, cette complaisance \u00e0 d\u00e9crire de mani\u00e8re malsaine des compulsions n\u00e9gatives. Ici, rien de cel\u00e0, il s&rsquo;agit le plus souvent d&rsquo;un ennemi inconnu, dangereux (vraiment dangereux), insaisissable, face au d\u00e9tective priv\u00e9 et sa coll\u00e8gue.<br \/>\n De m\u00eame que j&rsquo;avais dit d&rsquo;Erri De Luca qu&rsquo;il me nettoyait la t\u00eate, je dirais la m\u00eame chose de Dennis Lehane, mais dans un sens diff\u00e9rent \u00e9videmment : Dennis Lehane, c&rsquo;est le bain d&rsquo;eau glac\u00e9e apr\u00e8s le sauna.<br \/>\n Depuis, j&rsquo;ai lu <em><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2743607386\/sitecompdelouvrf\/\">Un dernier verre avant la guerre<\/a><\/em> (Rivages, 2005, 343 p.), qui est en fait le premier de la s\u00e9rie, puis <em><a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2743611006\/sitecompdelouvrf\/\">Sacr\u00e9<\/a><\/em> (Rivages, 2005, 410 p.) &#8211; les esprits sagaces auront remarqu\u00e9 que l&rsquo;auteur a publi\u00e9 3 romans en 2005, meuh non, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9diteur fran\u00e7ais qui les sort en salves.<br \/>\n J&rsquo;arrive aux deux derniers. <em>Shutter Island<\/em>, \u00e0 l&rsquo;instar de <em>Mystic River<\/em>, d\u00e9laisse le tandem Patrick Kenzie &#8211; Angela Gennaro, pour se focaliser sur une autre histoire, d&rsquo;autres personnages. <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2743614811\/sitecompdelouvrf\/\"><em>Shutter Island<\/em><\/a> (Rivages, 2006, 392 p.) est inqui\u00e9tant au possible. Tr\u00e8s peu de violence comme dans les autres romans, mais toute une analyse int\u00e9rieure. L&rsquo;enqu\u00eate d&rsquo;un agent du gouvernement dans un h\u00f4pital psychitrique coinc\u00e9 sur une \u00eele devient un parcours obs\u00e9dant vers la v\u00e9rit\u00e9. Tout est chausse-trappe, tout est mensonge, et l&rsquo;ambiance est franchement inqui\u00e9tante. Un de ces livres qui m&rsquo;a fait rater ma station plus d&rsquo;une fois (et pourtant, le coucou dans ma t\u00eate est habituellement r\u00e9gl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;heure atomique). Et le d\u00e9nouement en vaut vraiment la peine.<br \/>\n Que dire apr\u00e8s de <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2743615613\/sitecompdelouvrf\/\"><em>Pri\u00e8res pour la pluie<\/em><\/a> (Rivages, 2006, 477 p.) ? On retrouve avec plaisir le tandem Kenzie-Gennaro, avec en sus ce psychotique de Bubba, pour une histoire encore une fois tr\u00e8s inqui\u00e9tante, qui met mal \u00e0 l&rsquo;aise, et ne laisse personne indemne. Du vrai polar bien noir. Et puis, une fois n&rsquo;est pas coutume, j&rsquo;y ai d\u00e9nich\u00e9 une citation : <\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Les bestioles nous en voulaient. C&rsquo;\u00e9tait encore une journ\u00e9e humide, suffocante ; l&rsquo;eau s&rsquo;\u00e9vaporait sous la chaleur \u00e0 la surface du mar\u00e9cage et les canneberges sentaient plus que jamais les fruits pourris. le soleil cognait fort et les moustiques attir\u00e9s par notre odeur devenaient fous. [&#8230;] <br \/>\n Pendant un moment, j&rsquo;ai moi-m\u00eame opt\u00e9 pour une attitude zen consistant \u00e0 les ignorer, \u00e0 faire comme si mon corps ne pr\u00e9sentait aucun int\u00e9r\u00eat pour eux. Mais au bout d&rsquo;une centaine de piq\u00fbres environ, j&rsquo;ai renonc\u00e9. Confucius n&rsquo;avait jamais connu de journ\u00e9es \u00e0 trente-cinq degr\u00e9s pr\u00e9sentant un taux d&rsquo;humidit\u00e9 de quatre-vingt-dix-huit pour cent. Dans le cas contraire, il aurait probablement coup\u00e9 quelques t\u00eates et dit \u00e0 l&#8217;empereur qu&rsquo;il ne lui offrirait plus de petites phrases bien tourn\u00e9es tant qu&rsquo;on n&rsquo;aurait pas install\u00e9 la clim&rsquo; dans le palais.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p> Dennis Lehane, <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2743615613\/sitecompdelouvrf\/\"><em>Pri\u00e8res pour la pluie<\/em><\/a>, Rivages, 2006, p. 435-436.<\/p><\/blockquote>\n<p> <strong>Correspondance :<\/strong> sans grande originalit\u00e9, je dirais que cela m&rsquo;\u00e9voque Michael Connelly, dont je n&rsquo;ai lu pour l&rsquo;instant que <em>Le Po\u00e8te<\/em> (Seuil, Points policiers, 2004, 541 p.).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je n&rsquo;ai jamais fait qu&rsquo;effleurer mon plaisir \u00e0 lire Dennis Lehane. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 l&rsquo;individu \u00e0 deux reprises, avec deux media diff\u00e9rents. 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