{"id":1180,"date":"2012-10-20T11:06:00","date_gmt":"2012-10-20T11:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/?p=1180"},"modified":"2012-10-20T11:06:00","modified_gmt":"2012-10-20T11:06:00","slug":"la-banque-publique-dinvestissement-bpi-les-startups-et-les-pigeons-quelques-reflexions-que-jaurais-pu-faire-a-un-journaliste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2012\/10\/20\/la-banque-publique-dinvestissement-bpi-les-startups-et-les-pigeons-quelques-reflexions-que-jaurais-pu-faire-a-un-journaliste\/","title":{"rendered":"La Banque Publique d&rsquo;Investissement (BPI), les startups et les pigeons &#8211; quelques r\u00e9flexions que j&rsquo;aurais pu faire \u00e0 un journaliste"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" style=\"margin: 0px 1em 1em 0px; width: 30%; height: 30%;\" title=\"ArgentStartUp.jpg, oct. 2012\" src=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/wp-content\/images\/ArgentStartUp.jpg\" alt=\"ArgentStartUp.jpg\" align=\"left\" \/>D\u00e9cid\u00e9ment, je n&rsquo;ai pas de chance avec les journalistes depuis quelque temps. <a href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2011\/10\/09\/rachat-dactions-et-ratio-de-canard\/\">J&rsquo;avais eu une premi\u00e8re m\u00e9saventure qui m&rsquo;avait permis de forger le Ratio de Canard<\/a>, puis une deuxi\u00e8me m\u00e9saventure avec <a href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2012\/08\/09\/ma-lettre-a-un-journaliste\/\">une lettre de ma part<\/a> pour bien recouper le poil du Canard avant qu&rsquo;il ne se r\u00e9tracte. Au d\u00e9but de cet apr\u00e8s-midi (vendredi), un journaliste m&rsquo;appelle au sujet de la BPI. J&rsquo;\u00e9tais en plein dans la r\u00e9daction d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.comprendretoutelafinance.fr\/2012\/10\/19\/finance-comportementale-lheuristique-de-disponibilite-ou-comment-notre-cerveau-nous-couillonne\/\">un de mes propres articles<\/a>, aussi nous convenons de nous rappeler \u00e0 16h30.\u00a0 Mais &#8211; et c&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 je commence \u00e0 avoir la puce \u00e0 l&rsquo;oreille &#8211; il me pose tout de m\u00eame quelques questions \u00e0 la va-vite. Je lui fais des r\u00e9ponses tout aussi \u00e0 la va-vite, et lui dis qu&rsquo;on se parlera plus ais\u00e9ment \u00e0 16h30 &#8211; tout en me demandant s&rsquo;il rappellera effectivement, ou bien s&rsquo;il estimera avoir tout gl\u00e2n\u00e9 en 5mn.<\/p>\n<p>16h29, je me suis ras\u00e9, je suis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p>18h49, je me sers un verre, il n&rsquo;appellera plus.<\/p>\n<p>Aussi, fid\u00e8le \u00e0 mon habitude, et tant qu&rsquo;\u00e0 avoir planch\u00e9 un minimum sur le sujet, je livre mes deux centimes de r\u00e9flexion sur le sujet de la BPI (Banque Publique d&rsquo;Investissement).<\/p>\n<p>Je me sers &#8211; fort commod\u00e9ment &#8211; des questions de ce dit journaliste pour orienter cette synth\u00e8se.<\/p>\n<p><strong><em>Question : La BPI pour financer les entreprises fran\u00e7aises, est-ce une structure adapt\u00e9e ou inadapt\u00e9e ?<\/em><\/strong><br style=\"font-weight: bold; font-style: italic;\" \/><\/p>\n<p>(Veuillez noter la demande journalistique, qui veut toujours qu&rsquo;on r\u00e9ponde par Blanc ou Noir. Mais nouzautres, les professeurs-chercheurs, nous suivons toujours l&rsquo;exemple de notre ma\u00eetre \u00e0 penser, Jean-Jacques Goldman, et son bel album <a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/B001NPUHM2\/sitecompdelouvrf\/\"><em>Entre gris clair et gris fonc\u00e9<\/em><\/a>).<\/p>\n<p>Ma r\u00e9ponse : en tant que telle, la BPI n&rsquo;est que la fusion de plusieurs entit\u00e9s qui faisaient d\u00e9j\u00e0 ce travail = Os\u00e9o et CDC Entreprises, avec une saupoudr\u00e9e de FSI par-dessus. Aussi, quant \u00e0 se prononcer sur l&rsquo;adaptation de cette fusion&#8230; Je me permets d&rsquo;\u00eatre un peu dubitatif. On se souvient d&rsquo;une autre fusion : ANPE et Assedic, qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 un \u00ab\u00a0guichet unique\u00a0\u00bb appel\u00e9 P\u00f4le Emploi. Plusieurs mois apr\u00e8s, on constatait que le guichet unique avait du mal \u00e0 masquer deux syst\u00e8mes qui, ma foi, n&rsquo;avaient pas l&rsquo;air d&rsquo;avoir fusionn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Ce n&rsquo;est pas en d\u00e9clarant une fusion, et en recrutant \/ formant \u00e0 la va-vite des petits jeunes (ou moins jeunes) qu&rsquo;on cr\u00e9e de l&rsquo;efficience<\/strong>. L&rsquo;efficience, \u00e7a ne passe pas obligatoirement par la case pognon, mais il faut reconna\u00eetre que \u00e7a aide. En bref, une entit\u00e9 unique sans financement <em>cons\u00e9quent<\/em>, c&rsquo;est aussi amusant que de dire qu&rsquo;en collant le corps d&rsquo;un l\u00e9zard \u00e0 la carcasse d&rsquo;un pigeon, on obtiendra un dragon qui vole.<\/p>\n<p><strong><em>Question : \u00c0 propos des pigeons, il y a une controverse : ce gouvernement taxe plus lourdement les entrepreneurs (et ceux-ci roucoulent de col\u00e8re sur Facebook) et la BPI arriverait pour aider ces m\u00eames entrepreneurs, n&rsquo;est-ce pas paradoxal ?<\/em><\/strong><br style=\"font-weight: bold; font-style: italic;\" \/><\/p>\n<p>La question est tr\u00e8s (trop) simpliste.<\/p>\n<p>Ce que l&rsquo;on peut retenir de la col\u00e8re des entrepreneurs (mouvement des pigeons) tient \u00e0 mon avis en trois choses : ils s&rsquo;indignent de l&rsquo;alourdissement de la taxation des plus-values lors de la cession de leur entreprise ; ils grognent contre la hausse des charges sociales qui leur est impos\u00e9e ; ils s&rsquo;\u00e9nervent contre des amalgames \u00e0 vrai dire assez malheureux (entrepreneurs = riches ; entrepreneurs = patrons profiteurs).<\/p>\n<p>Je ne vois l\u00e0-dedans pas grand chose que la BPI pourrait contrebalancer, il n&rsquo;y a pas vraiment de \u00ab\u00a0paradoxe\u00a0\u00bb (mais le journaliste aime bien cette notion de paradoxe : cr\u00e9er le paradoxe, c&rsquo;est augmenter la valeur de l&rsquo;analyse qui va suivre). Je vais donc essayer de lier deux ph\u00e9nom\u00e8nes qui \u00e0 mon avis ne sont pas clairement li\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>1. Rappelons le principal probl\u00e8me des entrepreneurs : trouver de l&rsquo;argent qui leur permette de survivre suffisamment longtemps pour arriver \u00e0 la profitabilit\u00e9.<\/strong> La plupart &#8211; si ce n&rsquo;est la totalit\u00e9 &#8211; des entrepreneurs que je rencontre ou que je conseille sont certes anim\u00e9s par la foi in\u00e9branlable de leur id\u00e9e, mais ils sont confront\u00e9s \u00e0 un probl\u00e8me dramatique : leur id\u00e9e prend du temps \u00e0 d\u00e9coller, et n\u00e9cessite des fonds de d\u00e9marrage souvent tr\u00e8s importants. Quelles sont les solutions ?<\/p>\n<ul>\n<li>Investir leurs propres deniers ou faire appel au <em>Love money<\/em>, l&rsquo;argent de leurs proches. \u00c7a dure un temps, d&rsquo;autant que la majorit\u00e9 des entrepreneurs ne viennent pas de la famille Kennedy-Onassis.<\/li>\n<li>Faire appel aux <em>Business Angels<\/em> : ceux-ci, entrepreneurs qui ont r\u00e9ussi, r\u00e9allouent leur argent dans d&rsquo;autres projets. Ils ont des qualit\u00e9s (ils savent ce qu&rsquo;est l&rsquo;entrepreneuriat, ils ont de l&rsquo;exp\u00e9rience \u00e0 transmettre) mais aussi des d\u00e9fauts inh\u00e9rents au contexte : ils sont peu nombreux, et comme tout \u00eatre humain, sensibles aux conditions l\u00e9gales et fiscales dans lesquelles ils s&rsquo;engagent. Or, sur 10 soci\u00e9t\u00e9s financ\u00e9es par un <em>business angel<\/em>, peut-\u00eatre une seule sera un vrai succ\u00e8s. Cela signifie que le succ\u00e8s de cette soci\u00e9t\u00e9 doit non seulement r\u00e9mun\u00e9rer le capital qui a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 dedans, <em>mais aussi compenser la perte du capital dans les 9 autres<\/em>. C&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 on voit que la variable fiscale (taxation de la plus-value \u00e0 la fin) peut modifier cet \u00e9quilibre subtil qu&rsquo;on appelle le couple risque-rentabilit\u00e9 : si la rentabilit\u00e9 finale baisse et ne compense plus les risques pris, les business angels ne financent plus (autant) les startups. <em>Mais l&rsquo;ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne est \u00e0 ma connaissance difficilement mesurable<\/em> : qu&rsquo;il y ait moins de <em>business angels<\/em>, peut-\u00eatre ; mais que ce soit d\u00fb essentiellement \u00e0 cette r\u00e9forme fiscale, on n&rsquo;en sait rien. \u00c0 mon avis, les business angels qui quittent la France le font pour des raisons autrement plus structurelles et profondes &#8211; voire morales &#8211; que la r\u00e9cente annonce sur la taxation des plus-values \u00e0 la sortie. Donc analyse simpliste.<\/li>\n<li>Faire appel aux banquiers. Hahahaha. Passons vite. Ce n&rsquo;est pas le m\u00e9tier du banquier, qui pr\u00eate de l&rsquo;argent temporairement en \u00e9change de garanties solides de paiement de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat et du remboursement du capital. Toutes chose qu&rsquo;un entrepreneur, malgr\u00e9 son feu sacr\u00e9, ne peut <em>garantir<\/em> tangiblement. Donc les banquiers ne financent pas les startups, point.<\/li>\n<li>Il reste donc l&rsquo;aide publique. Cela m\u00e9rite une analyse un peu d\u00e9taill\u00e9e, parce que cette aide publique recouvre diff\u00e9rentes choses.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>2. L&rsquo;aide publique de la BPI (ou ce que j&rsquo;en comprends aujourd&rsquo;hui, et les questions qui en d\u00e9coulent)<\/strong><\/p>\n<p>La bonne chose est que la BPI n&rsquo;aura pas autant une exigence de rentabilit\u00e9, voire de s\u00e9curit\u00e9 : si elle suit un objectif de politique publique, elle peut avoir pour ligne directrice de \u00ab\u00a0financer en limitant les pertes\u00a0\u00bb, alors qu&rsquo;un acteur priv\u00e9 \u00ab\u00a0finance en cherchant une r\u00e9mun\u00e9ration correcte\u00a0\u00bb. Cela laisse \u00e9videmment plus de latitude, et permet de financer plus d&rsquo;entreprises (pas seulement les plus mirobolantes, aidons les jeunes). Maintenant, balayons rapidement les diff\u00e9rents types d&rsquo;aides, juste pour souligner leurs diff\u00e9rences :<\/p>\n<ul>\n<li>Des subventions. Remboursables \u00e0 la fin ou non, le plus souvent sans int\u00e9r\u00eat, ce sont des pr\u00eats gratuits, voire des dons (si non remboursables), m\u00eame si la fiscalit\u00e9 des subventions resterait \u00e0 assouplir (une subvention donn\u00e9e par l&rsquo;\u00c9tat est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme un revenu, qui est donc tax\u00e9 et qui renvoie l&rsquo;imp\u00f4t \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat &#8211; avec en plus les probl\u00e8mes de tr\u00e9sorerie inh\u00e9rents : le moment o\u00f9 l&rsquo;on touche la subvention n&rsquo;est pas le m\u00eame que le moment o\u00f9 l&rsquo;on doit r\u00e9gler l&rsquo;imp\u00f4t. On peut faire plus simple, non ?)<\/li>\n<li>Des pr\u00eats. La BPI se susbtitue alors aux banquiers, avec un objet social (pour une fois, ce terme porte bien son nom) diff\u00e9rent. C&rsquo;est int\u00e9ressant, dans la mesure o\u00f9 cela fait intervenir dans le financement des startups un \u00e9l\u00e9ment qui est souvent chroniquement absent (cf. ci-dessus) : les dettes financi\u00e8res. Et l&rsquo;int\u00e9r\u00eat d&rsquo;une dette, c&rsquo;est qu&rsquo;elle est temporaire dans le financement. Une fois rembours\u00e9e (c&rsquo;est-\u00e0-dire, une fois qu&rsquo;on commence \u00e0 gagner plus d&rsquo;argent qu&rsquo;on en d\u00e9pense), l&rsquo;entrepreneur reste seul au contr\u00f4le de sa soci\u00e9t\u00e9, la banque (ici la BPI) ayant aid\u00e9 \u00e0 \u00ab\u00a0faire la soudure\u00a0\u00bb, parfois pendant plusieurs ann\u00e9es. C&rsquo;est une vraie aide au d\u00e9veloppement des soci\u00e9t\u00e9s.<\/li>\n<li>Des apports en capitaux propres. Plus rares (et je ne sais pas quelle en sera l&rsquo;\u00e9tendue dans la future BPI), les apports en capitaux propres consistent \u00e0 se pr\u00e9senter comme un \u00ab\u00a0<em>Business angel<\/em> public\u00a0\u00bb, qui investit dans la soci\u00e9t\u00e9 en \u00e9change de parts. La BPI devient alors actionnaire des startups. Et ce qui pourrait \u00eatre poilant, c&rsquo;est qu&rsquo;en temps qu&rsquo;actionnaire, <em>elle sera soumise \u00e0 la m\u00eame taxation sur la plus-value en cas de revente de la soci\u00e9t\u00e9<\/em>. Entrepreneurs et BPI vont alors souffrir en m\u00eame temps de cette r\u00e9forme fiscale. Cela reste n\u00e9anmoins \u00e0 approfondir : rien ne dit qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas un m\u00e9canisme de derri\u00e8re les fagots pour dire \u00ab\u00a0ah ouais mais en fait les apports de la BPI ne sont pas assujettis \u00e0 la taxation sur la plus-value\u00a0\u00bb. Les d\u00e9cisions politiques sont presque aussi volatiles que la Bourse, c&rsquo;est dire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En conclusion sur ce point, et c&rsquo;est une id\u00e9e importante : <strong>la cr\u00e9ation d&rsquo;une BPI n&rsquo;apporte rien de nouveau<\/strong>. Toutes ces missions, tous ces financements sont d\u00e9j\u00e0 mis en place soit chez Os\u00e9o, soit chez CDC Entreprises, soit dans le FSI. La cr\u00e9ation d&rsquo;une BPI \u00ab\u00a0chapeautant\u00a0\u00bb (\u00e0 mon avis, c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle fera, je n&rsquo;\u00e9cris donc pas \u00ab\u00a0int\u00e9grant\u00a0\u00bb) ces organismes pr\u00e9-existants ne peut apporter une contribution qu&rsquo;\u00e0 certaines conditions que je liste ci-dessous.<\/p>\n<p><strong>3. Les points de vigilance sur la cr\u00e9ation et le d\u00e9veloppement des actions de la BPI<\/strong><br style=\"font-weight: bold;\" \/><\/p>\n<p>Je vois 3,5 points majeurs de vigilance pour juger du bien fond\u00e9 de la cr\u00e9ation de cette entit\u00e9 : les missions, les moyens, la gouvernance (et un demi-point : les synergies).<\/p>\n<p>(a) Les synergies (valeur au bar\u00eame : 1\/2 point)<\/p>\n<p>On peut arguer qu&rsquo;en int\u00e9grant ou fusionnant Os\u00e9o \/ FSI \/ CDC entreprises, on va faire des \u00e9conomies et on va am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des interventions (ce qu&rsquo;on appelle les synergies d&rsquo;une fusion). Mais l&rsquo;histoire des entreprises nous montre que les fusions sont co\u00fbteuses en frais d&rsquo;int\u00e9gration, et que les projections futures sur-estiment r\u00e9guli\u00e8rement les \u00e9conomies, alors qu&rsquo;elles sous-estiment dramatiquement les co\u00fbts marginaux de fusion. \u00c0 ce jour, rien ne permet d&rsquo;affirmer qu&rsquo;une BPI unique sera plus efficace ou moins co\u00fbteuse que les 3 entit\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment mentionn\u00e9es. Il faut ajouter \u00e0 cela des frais de superstructure, des conseils d&rsquo;administrations suppl\u00e9mentaires, bref, toute une bureaucratie. Or l&rsquo;ajout de bureaucratie a rarement \u00e9t\u00e9 synonyme d&rsquo;efficience (c&rsquo;est un euph\u00e9misme).<\/p>\n<p>(b) les missions<\/p>\n<p>Dans une \u00e9conomie o\u00f9 l&rsquo;on nous rebat les oreilles de mots comme aust\u00e9rit\u00e9, r\u00e9duction du d\u00e9ficit public, \u00e9conomies sur les d\u00e9penses publiques, j&rsquo;aimerais bien que la mission de la BPI soit clairement affirm\u00e9e &#8211; et tenue au fil du temps &#8211; par exemple sous la forme \u00ab\u00a0la mission de la BPI n&rsquo;est pas de faire fructifier l&rsquo;argent de l&rsquo;\u00c9tat, mais bien d&rsquo;encourager et d\u00e9velopper la cr\u00e9ation d&rsquo;entreprises innovantes, de les soutenir tant qu&rsquo;elles ne sont pas arriv\u00e9es \u00e0 la profitabilit\u00e9, puis de se retirer gr\u00e2cieusement en se r\u00e9jouissant du d\u00e9veloppement du tissu \u00e9conomique et de la cr\u00e9ation d&#8217;emplois p\u00e9rennes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>(c) Les moyens<\/p>\n<p>Si la cr\u00e9ation de la BPI ne s&rsquo;accompagne pas d&rsquo;une lev\u00e9e de capitaux suppl\u00e9mentaires, alors il n&rsquo;y aura aucune ressource additionnelle g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par cette fusion, alors qu&rsquo;il y aura forc\u00e9ment des co\u00fbts additionnels. Et donc, sans dotation de fonds suppl\u00e9mentaires cons\u00e9quents, la cr\u00e9ation de cette BPI sera juste celle d&rsquo;une grosse verrue suppl\u00e9mentaire dans le syst\u00e8me fonctionnel fran\u00e7ais. Il reste donc \u00e0 voir si la BPI sera dot\u00e9e de fonds additionnels, et dans quelle proportion, et avec quelles missions (cf. point (b) ).<\/p>\n<p>(d) La gouvernance<\/p>\n<p>Une des questions majeures dans une politique industrielle est celle de sa stabilit\u00e9 dans le temps. De m\u00eame qu&rsquo;il faut parfois plus d&rsquo;un si\u00e8cle pour qu&rsquo;une politique de natalit\u00e9 donne des r\u00e9sultats p\u00e9rennes, une politique industrielle \u00e0 10 ou 20 ans ne peut pas se d\u00e9tricoter au rythme des mandats \u00e9lectoraux. Cela n\u00e9cessite une ind\u00e9pendance par rapport au pouvoir politique. Cette ind\u00e9pendance doit reposer sur des m\u00e9canismes de gouvernance ( = de contr\u00f4le raisonnablement ind\u00e9pendant) et de transparence : le contribuable int\u00e9ress\u00e9 et motiv\u00e9 doit pouvoir retracer l&rsquo;utlisation des fonds et leur ad\u00e9quation avec la mission publique, de m\u00eame qu&rsquo;un donateur \u00e0 une oeuvre d&rsquo;utilit\u00e9 publique se voit communiquer r\u00e9guli\u00e8rement un d\u00e9tail de l&rsquo;utilisation des dons qui ont \u00e9t\u00e9 faits. Certes, cela fait un peu \u00ab\u00a0boy scout id\u00e9aliste\u00a0\u00bb de penser qu&rsquo;on peut emp\u00eacher totalement les conflits d&rsquo;int\u00e9r\u00eats. Mais il serait bon pour le moral des contribuables (qui votent) de leur <em>rendre r\u00e9guli\u00e8rement des comptes<span><em>.<\/em><\/span><\/em> C&rsquo;est probablement ce qui fait la diff\u00e9rence entre une d\u00e9mocratie et une r\u00e9publique banani\u00e8re : la transparence. Et je le r\u00e9p\u00e8terai toujours : la garantie d&rsquo;une d\u00e9mocratie, c&rsquo;est ausi le travail d&rsquo;un bon journalisme d&rsquo;investigation, avec des enqu\u00eates en profondeur qui d\u00e9passent les synth\u00e8ses de comptoir de bar.<br \/>\nCe qui nous ram\u00e8ne \u00e0 ce journaliste dont je n&rsquo;ai pas retenu le nom. Il m&rsquo;a appel\u00e9 en tout d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi, et nous nous sommes fix\u00e9 un RV \u00e0 16h30. Entre-temps, son site a publi\u00e9 un article&#8230; <a href=\"http:\/\/www.atlantico.fr\/decryptage\/naissance-bpi-france-avait-elle-besoin-banque-politique-pour-entreprises-michel-garibal-518223.html\">sur la BPI, tiens donc<\/a>. A-t-il jug\u00e9 que ce que j&rsquo;avais dit en 2 mn suffisait ? Est-ce une pure co\u00efncidence (un coll\u00e8gue publiant aussi sur la BPI \u00e0 13h07, soit apr\u00e8s son coup de t\u00e9l\u00e9phone, et lui ne rappelant pas \u00e0 16h30, les deux \u00e9v\u00e9nements \u00e9tant bien s\u00fbr totalement ind\u00e9pendants ?) Nous ne le saurons probablement jamais, et \u00e7a ne va pas nous emp\u00eacher de dormir &#8211; mais j&rsquo;aimerais tout de m\u00eame qu&rsquo;on s&rsquo;excuse quand on me pose un lapin.<\/p>\n<p>Le c\u00f4t\u00e9 positif, c&rsquo;est que j&rsquo;ai pris le temps d&rsquo;organiser mes pens\u00e9es, et que vous y avez gagn\u00e9 une synth\u00e8se de mes r\u00e9flexions sur la BPI. En esp\u00e9rant qu&rsquo;elle vous aie int\u00e9ress\u00e9(e)s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9cid\u00e9ment, je n&rsquo;ai pas de chance avec les journalistes depuis quelque temps. 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