{"id":1017,"date":"2010-07-02T18:21:38","date_gmt":"2010-07-02T18:21:38","guid":{"rendered":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/?p=1017"},"modified":"2010-07-02T18:21:38","modified_gmt":"2010-07-02T18:21:38","slug":"novela-la-stele-de-latlantide-24","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2010\/07\/02\/novela-la-stele-de-latlantide-24\/","title":{"rendered":"Novela &#8211; la St\u00e8le de l&rsquo;Atlantide (2\/4)"},"content":{"rendered":"<p> <a href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2010\/07\/01\/1022-novela-la-stele-de-l-atlantide-1-4\">[D\u00e9but de la nouvelle]<\/a> <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" style=\"width: 300px; height: 338px;\" alt=\"\" src=\"\/blog\/wp-content\/images\/300px-Rub'_al_Khali_(Arabian_Empty_Quarter)_sand_dunes_imaged_by_Terra_(EOS_AM-1).jpg\" align=\"right\" hspace=\"20\" vspace=\"10\">Le texte aram\u00e9en racontait une dynastie sur une \u00eele perdue au milieu des mers. Les noms des souverains \u00e9taient inconnus pour le retrait\u00e9, de m\u00eame que plusieurs mots qui \u00e9taient visiblement des transcriptions phon\u00e9tiques du langage atlante. La st\u00e8le racontait des guerres, des p\u00e9riodes d&rsquo;abondance, et la litanie des souverains qui avaient gouvern\u00e9 cet \u00eelot. <br \/> Quand le vieil homme fut satisfait de sa traduction aram\u00e9enne, il s&rsquo;attaqua au verso de la st\u00e8le, \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture inconnue. Sa fra\u00eecheur intellectuelle (toute relative, car il avait 77 ans) lui permit d&rsquo;envisager tous les possibles : un signe pouvait repr\u00e9senter un mot, une syllabe, une lettre, ou encore un son ou une id\u00e9e. Il envisagea m\u00eame que cette \u00e9criture put se lire de droite \u00e0 gauche, de haut en bas ou m\u00eame, de bas en haut. Il est vrai que l&rsquo;absence de ponctuation autant en aram\u00e9en qu&rsquo;en atlante ne permettait pas facilement de d\u00e9limiter les phrases. L&rsquo;homme savait que l&rsquo;on commence g\u00e9n\u00e9ralement par retrouver les noms des souverains, rochers inamovibles dans le texte, puis que l&rsquo;on navigue de mani\u00e8re concentrique autour de ces points de rep\u00e8re, \u00e0 la recherche de courants favorables. Mais d\u00e8s le d\u00e9but, cette strat\u00e9gie de d\u00e9cryptage montra ses limites : les noms des rois n&rsquo;\u00e9taient jamais \u00e9crits deux fois identiquement dans le texte en aram\u00e9en. Certains souverains portaient alternativement plusieurs appellations (le fils de la lumi\u00e8re, l&rsquo;\u00e9lu des dieux, l&rsquo;astre humain&#8230;) qui pr\u00eataient \u00e0 confusion. Refusant \u00e0 recourir aux lumi\u00e8res d&rsquo;un expert, le retrait\u00e9 s&rsquo;\u00e9china pendant des mois sans r\u00e9el progr\u00e8s. Il \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 isoler des bouts de phrases, pour lesquelles il avait une correspondance correcte avec le texte \u00e9crit au verso de la st\u00e8le, mais la plus grande partie du texte restait crypt\u00e9e. Finalement, quand il constata que deux mois suppl\u00e9mentaires s&rsquo;\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s sans qu&rsquo;il aie d\u00e9couvert le sens d&rsquo;un seul nouveau mot, il d\u00e9cida de requ\u00e9rir de l&rsquo;aide. Mais l&rsquo;homme \u00e9tait fier de sa d\u00e9couverte. Il \u00e9crivit donc \u00e0 plusieurs journaux acad\u00e9miques dont il avait d\u00e9couvert l&rsquo;existence \u00e0 la biblioth\u00e8que de l&rsquo;Institut des sciences, en indiquant quelques r\u00e9sultats, tout en masquant l&rsquo;essentiel de son travail. Ses lettres rest\u00e8rent sans r\u00e9ponse. Il s&rsquo;adressa alors au conservateur du mus\u00e9e, qui le renvoya dans des d\u00e9dales administratifs, des labyrinthes d&rsquo;adresses de chaires de s\u00e9miologie, des hypoth\u00e9tiques chercheurs, des instituts fant\u00f4mes. <br \/> Entre temps, la st\u00e8le avait quitt\u00e9 sa vitrine au cours d&rsquo;une r\u00e9organisation des collections, et personne ne savait ou ne voulait dire o\u00f9 elle se trouvait d\u00e9sormais.<br \/> &nbsp;<br \/> Le vieillard se proposa une derni\u00e8re d\u00e9marche qui, contre toute probabilit\u00e9, se r\u00e9v\u00e9la d\u00e9cisive. Il fit publier une annonce d&rsquo;\u00e9nigme, avec r\u00e9compense \u00a0\u00bb&nbsp;\u00e0 celui qui r\u00e9ussirait \u00e0 traduire cette \u00e9criture secr\u00e8te&nbsp;\u00ab\u00a0. Cette offre, faite dans un journal populaire \u00e0 fort tirage, n&rsquo;aurait d\u00fb attirer que les aventuriers, les ch\u00f4meurs et les excentriques. Mais au milieu des r\u00e9pondants statistiquement conformes \u00e0 ce genre de demande se trouvait un doctorant en cryptographie. Celui-ci voyait l\u00e0 une occasion de tester ses algorithmes de d\u00e9cryptage, et de gagner facilement un peu d&rsquo;argent. On peut imaginer la rencontre entre le vieil homme autodidacte, encore poussi\u00e9reux des rouleaux de papyrus vieux de plusieurs dizaines de si\u00e8cles, et le jeune doctorant qui n&rsquo;\u00e9teignait jamais son ordinateur ultraportable. <br \/> Ce bizarre assemblage permit \u00e0 nouveau une grande ouverture d&rsquo;esprit. Pour le jeune, ce n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un jeu, assorti d&rsquo;un gain financier qui lui permettrait de financer 6 mois de sa th\u00e8se. Pour le vieil homme, revenu de toute illusion, c&rsquo;\u00e9tait une occasion de poursuivre en solitaire, ou presque, sa qu\u00eate. Il plaisantait en disant qu&rsquo;il faisait ainsi une transfusion de cerveau neuf. &nbsp;<\/p>\n<p> L&rsquo;informatique apporta une mise \u00e0 distance, et en m\u00eame temps un souci des d\u00e9tails. Par exemple, les deux investigateurs d\u00e9cid\u00e8rent de scanner l&rsquo;ensemble des photographies. Cette mise \u00e0 distance num\u00e9rique, qui leur fit quitter le support physique de la st\u00e8le, posa le probl\u00e8me de la pr\u00e9cision du scanner : fallait-il r\u00e9cup\u00e9rer tous les signes grav\u00e9s sur la pierre, m\u00eame les plus infimes, ou se contenter de ceux qui \u00e9taient suffisamment larges et profonds pour indiquer une intervention humaine ? En d&rsquo;autres termes, \u00e0 quel niveau devait-on mettre le filtre, entre les \u00e9clats superficiels d\u00fbs aux chocs, et la gravure de v\u00e9ritables signes ? L&rsquo;entreprise s&rsquo;av\u00e9ra plus ardue que pr\u00e9vu : de nombreux signes semblaient superficiels, et auraient pu autant avoir \u00e9t\u00e9 caus\u00e9s par des chocs sous-marins ou terrestres, que sculpt\u00e9s par la main d&rsquo;un scribe un peu n\u00e9gligent. Le jeune doctorant raisonna donc sur plusieurs ensembles de caract\u00e8res, qu&rsquo;il appela les 7 cercles de l&rsquo;enfer : le premier cercle contenait les caract\u00e8res indubitablement sculpt\u00e9s, et uniquement ceux-l\u00e0 ; le deuxi\u00e8me cercle contenait un peu plus de signes, parmi les plus marqu\u00e9s ; et ainsi de suite jusqu&rsquo;au 7\u00e8me cercle, qui contenait toutes les marques visibles sur la pierre, sans exception. <\/p>\n<p> Tout cela semblait rigoureux, m\u00e9thodologique, et portait la garantie de r\u00e9sultats futurs. La complexit\u00e9 m\u00eame des 7 ensembles de caract\u00e8res ne posait pas de probl\u00e8me \u00e0 un ordinateur qui peut r\u00e9aliser plusieurs millions d&rsquo;op\u00e9rations \u00e0 chaque seconde. Mais le ver \u00e9tait dans le fruit, et ce ver \u00e9tait l&rsquo;\u00eatre humain. La traduction depuis l&rsquo;aram\u00e9en avait \u00e9t\u00e9 prise depuis le d\u00e9but comme r\u00e9f\u00e9rence absolue. C&rsquo;\u00e9tait ignorer les possibles erreurs du retrait\u00e9 qui n&rsquo;\u00e9tait apr\u00e8s tout qu&rsquo;un autodidacte en cette mati\u00e8re mais pire encore, c&rsquo;\u00e9tait faire une impasse sur toutes les subtilit\u00e9s de traduction d&rsquo;un discours. L&rsquo;aube peut signifier en m\u00eame temps l&rsquo;arriv\u00e9e du soleil, ou un v\u00eatement blanc&nbsp;; certains mots peuvent \u00eatre pris au propre ou au figur\u00e9. Le jeune informaticien devait donc d\u00e9velopper des algorithmes s\u00e9mantiques qui tiennent compte du flou possible autour d&rsquo;un mot ou d&rsquo;une phrase. En r\u00e9sum\u00e9, ce n&rsquo;\u00e9tait plus seulement une histoire de comptage de caract\u00e8res et de probabilit\u00e9s, il fallait que l&rsquo;ordinateur puisse s&rsquo;accommoder de variations de sens. <br \/> C&rsquo;est l\u00e0 o\u00f9 le retrait\u00e9, qui n&rsquo;avait aucune connaissance de l&rsquo;informatique, introduisit une avanc\u00e9e majeure: il proposa d&rsquo;introduire une part al\u00e9atoire dans les programmes informatiques. Il s&rsquo;agissait de changer quelques caract\u00e8res, au hasard dans le texte, avant de lancer la traduction automatique. Par exemple, si la s\u00e9quence de caract\u00e8res \u00e0 traduire \u00e9tait A B C D E, le programme pouvait proposer en fait A B C X E, ou bien G B CD E. C&rsquo;\u00e9tait, selon le vieillard, une mani\u00e8re de compenser al\u00e9atoirement les hasards de sa propre traduction, ou les double-sens. Cela peut para\u00eetre paradoxal de rajouter du flou \u00e0 un syst\u00e8me d\u00e9j\u00e0 peu fiable, mais les r\u00e9sultats furent tr\u00e8s encourageants. Alors que le retrait\u00e9 avait traduit, p\u00e9niblement, un tiers du texte total, le programme arriva \u00e0 une bonne moiti\u00e9 de caract\u00e8res traduits. <\/p>\n<p> <a href=\"https:\/\/christophethibierge.com\/blogthib\/2010\/07\/06\/1024-novela-la-stele-de-l-atlantide-3-4\">[\u00e0 suivre&#8230;]<\/a><\/p>\n<p> <!--Creative Commons License--><a rel=\"license\"  href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/2.0\/fr\/\"><img decoding=\"async\"  alt=\"Creative Commons License\" style=\"border-width: 0pt;\"  src=\"http:\/\/i.creativecommons.org\/l\/by-nc-nd\/2.0\/fr\/88x31.png\"><\/a><br \/> Cette nouvelle, comme tout sur ce blog, est publi\u00e9e sous un <a rel=\"license\"  href=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/2.0\/fr\/\">contrat Creative Commons<\/a><!--\/Creative Commons License--><!-- <rdf:RDF xmlns=\"http:\/\/web.resource.org\/cc\/\" xmlns:dc=\"http:\/\/purl.org\/dc\/elements\/1.1\/\" xmlns:rdf=\"http:\/\/www.w3.org\/1999\/02\/22-rdf-syntax-ns#\" xmlns:rdfs=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/01\/rdf-\nschema#\"> <work rdf:about=\"\"> <license rdf:resource=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/2.0\/fr\/\" \/> <dc:type rdf:resource=\"http:\/\/purl.org\/dc\/dcmitype\/Text\" \/> <\/work> <license rdf:about=\"http:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-nd\/2.0\/fr\/\"><permits rdf:resource=\"http:\/\/web.resource.org\/cc\/Reproduction\"\/><permits rdf:resource=\"http:\/\/web.resource.org\/cc\/Distribution\"\/><requires rdf:resource=\"http:\/\/web.resource.org\/cc\/Notice\"\/><requires rdf:resource=\"http:\/\/web.resource.org\/cc\/Attribution\"\/><prohibits rdf:resource=\"http:\/\/web.resource.org\/cc\/CommercialUse\"\/><\/license><\/rdf:RDF> -->. 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